[FB] After revenge it's time to forgive. [Hiyori&Shinji]
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Jeu 27 Oct - 7:07


Sarugaki Hiyori

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❝ Good news, bad news ❞

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Cela faisait déjà quelques minutes que je me tenais devant le hangar qui nous servait de quartier général. J'avais récupéré ma place au sein du Gotei 13, replacé en tant que capitaine de mon ancienne division et même si ça sonnait comme un pas en arrière c'était une véritable évolution qui se profilait dans les esprits de la Soul Society. Une avancée qu'il ne fallait pas négligée. J'avais vu ça comme une opportunité de participer à ce changement gigantesque probablement apporté par Ichigo et sa victoire sur Aizen. Tout était terminé, il avait été vaincu et châtié, il n'y avait plus aucune raison de se cacher, plus aucune raison de s'enfermer dans cette colère monstrueuse et assoiffée de vengeance. Je voulais laisser cette époque derrière moi, l'effacer en espérant que nous pourrions tous aller de l'avant.

J'expirais un râle de frustration, fermant les yeux un instant pour tenter vainement de récupérer un certain calme paisible. Tout était allé si vite et maintenant Hiyori était réveillée, probablement attendant que je lui rende visite. Je devais être le seul du groupe qui n'était pas encore venu la voir depuis son éveil. J'avais pourtant passé tellement de temps à son chevet, guettant son état dans l'espérance pure de la voir ouvrir les yeux et d'entendre un grognement colérique contre moi ou la Soul Society. Je m'étais excusé en me forçant à croire que j'avais beaucoup de choses à régler avec ma position récupérée, j'avais fuis cette responsabilité d'ami pour ne pas avoir à affronter la véracité de sa colère. Hiyori avait toujours été celle qui portait dans son cœur le plus de rancoeur. Elle avait eu plus d'un siècle pour nourrir ces obscurs sentiments, ressassant dans sa tête tout ce qu'elle avait perdu en l'espace d'un instant. Ça avait été douloureux pour tout le monde, mais Hiyori, elle n'était pas du genre à leur pardonner. On était plusieurs à penser la même chose, certains avaient suivis ma décision et les autres s'étaient contentés de l'accepter, ça ne voulait pas dire que nous allions perdre notre lien unique, c'était juste comme ça que ça devait être. Au final on avait jamais vraiment parlé de ce que l'on ferait une fois Aizen défait, à vrai dire aucun d'entre nous n'avait envisagé que le Seireitei accepterait de lever la condamnation à mort, encore moins l'exil. Personne ne le voulait vraiment à cette époque de toute manière mais les choses avaient changé et nous étions devenus un pilier de cette évolution. C'était ma responsabilité, non ?

Je desserrais ma cravate en pensant naïvement que ça dénouerais la boule coincée dans le fond de ma gorge. J'appréhendais, effrayé non pas par sa colère mais par la blessure que ça allait lui laisser. J'espérais qu'elle me pardonnerait, qu'elle comprendrait mon choix mais je savais bien que ça n'allait pas être si facile. Personne n'avait rien dit encore, je voulais m'assurer d'être le premier à lui annoncer, ils avaient tous jouer le jeu en trouvant des excuses bidons sur mon absence. Lisa avait sûrement distribué une pile de ses livres malsains, Mashiro avait dû se contenter de râler sur le comportement de Kensei et chacun à sa manière avait détourné l'attention tout en lui tenant compagnie du mieux qu'ils le pouvaient. Je faisais quelques pas, rassemblant mon courage en me répétant que j'étais prêt à affronter. Après tout, je ne pourrais pas lui cacher plus longtemps et il fallait que je lui confesse ma décision. C'était ce que faisait les amis, et son amitié était importante pour moi. Je traversais la barrière timidement, trépassant sans un mot les autres présents, ne faisant qu'un sourire qui en disait suffisamment. Enfin devant la chambre de Hiyori, mon corps se figea face à la porte, j'eus un moment d'hésitation, puis après une respiration profonde, je frappais.


« C'est Shinji, je rentre. »

Sans attendre de réponse, j'appuyais sur la poignée pour rentrer. La voix calme et sereine, je forçais un large sourire.

« On m'a dit que je devais venir m'occuper d'une patiente particulièrement désagréable avec le personnel médical. »

Je posais mes yeux sur elle, encore alitée dans son lit, détournant un instant les yeux, torturé par le souvenir de son corps tranché en deux. J'avançais doucement, habillé d'une simple chemise, d'une cravate et d'un pantalon. J'avais pris le soin de ne pas porter mon haori ni même les traditionnels vêtements des shinigamis, ça aurait sûrement été un choc traumatisant pour elle. J'allais m'asseoir sur le petit tabouret posé à son chevet, attendant qu'elle réagisse, qu'elle m'engueule, presque impatient de retrouver son putain de sale caractère.

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Jeu 27 Oct - 7:12



After revenge it's time to forgive [Flashback]
Avec Hirako Shinji


La chambre lui semblait froide. Pourtant, elle la connaissait maintenant depuis bien longtemps. Seulement les quelques derniers jours n'avaient pas été faciles et quelque part au fond d'elle, Hiyori sentait les mauvaises nouvelles venir. Ce n'était pas bien surprenant de la voir une fois de plus méfiante, elle qui avait fuit avec les autres Vizards les shinigamis durant plus d'un siècle. Aujourd'hui, ils savaient non seulement qu'ils étaient toujours en vie, mais la petite blonde était prête à mettre sa main à couper qu'ils connaissaient maintenant leur localisation. Et l'absence de Shinji depuis son réveil n'aidait pas à la rassurer, de même que les regards fuyants de ses amis. On lui cachait quelque chose et cela n'était définitivement pas de bon augure.

Elle regrettait maintenant le temps où elle passait ses journées à crier et lancer ses sandales à tout va. Cette époque était révolue et les changements qui s'annonçaient ne lui laisseraient sans doute plus ce loisir. Elle ne savait pas encore en quoi la situation changerait exactement, mais il lui était difficile de ne pas imaginer le pire, bien que leur mort ne semblait pas être à l'agenda du Gotei 13. Autrement, elle doutait que tous resteraient tranquillement à l'entrepôt et ils auraient fuit une fois de plus.

Fermant les yeux, elle regrettait sa présente solitude. Si elle n'appréciait pas toujours la compagnie des autres Vizards -du moins, en surface, elle ne s'imaginait pas rester sans eux très longtemps-, elle détestait encore plus ce silence qui la laissait seule face à ses pensées. Elle avait toujours préféré s'évader d'une quelconque façon, ignorant du mieux qu'elle pouvait les émotions qui l'habitaient, mais alité ainsi, elle n'avait pas grand échappatoire. Elle désirait plus que tout retourner à l'entraînement et s'épuiser au point de ne plus pouvoir réfléchir, mais la douleur qui la prenait à chaque mouvement trop prononcé ne lui laissait pas cette chance.

Bien qu'elle fût plongée dans ses pensées, elle ne manqua pas de sentir une présence qu'elle connaissait que trop bien. La colère ne tarda pas à venir, alors qu'elle s'obligeait à regarder en direction opposée de celle qu'il prendrait pour venir la voir. Lorsqu'il frappa à la porte, elle ne fit même pas l'effort de se tourner pour l'accueillir. S'il l'avait ainsi évité, c'était qu'il y avait un problème. Elle n'avait pas besoin qu'on le lui dise pour qu'elle sache qu'il était celui qui avait le plus souffert depuis l'affrontement contre Aizen et son armée. Qu'il ne soit pas à ses côtés n'était pas normal et elle n'appréciait pas se faire cacher quoi que ce soit.

« C'est Shinji, je rentre. »

Elle se mordilla la lèvre, fermant les yeux pour se retenir de lui crier à tue-tête. Pour une fois, la colère était telle qu'elle préférait le silence, ce qui n'augurait rien de bon. Hiyori n'était pas du genre à se taire, loin de là. Le calme, chez elle, était souvent synonyme d'une tempête à venir.

« On m'a dit que je devais venir m'occuper d'une patiente particulièrement désagréable avec le personnel médical. »

Elle serra de ses poings la couverture qui couvrait, énervée par le simple fait d'entendre sa voix. Elle se retourna pour plonger son regard dans le sien, les yeux brillants d'une fureur qu'il ne devrait pas avoir de mal à deviner. Il ne pouvait pas sérieusement rentrer ici et faire comme s'il n'y avait rien. Depuis des jours, personne n'avait daigné lui expliquer ce qui se passait, la laissant dans le noir complet. Pourtant, ce ne fut pas ce qui la dérangea le plus, alors qu'elle remarquait un instant la douleur sur le visage de son plus vieil ami. La culpabilité revint au galop, mais comme à son habitude, elle ne pouvait s'empêcher de faire payer aux autres sa mauvaise humeur.

« Tu rigoles j'espère ! Tu débarques ici comme s'il n'y avait rien, après avoir demandé à tout le monde de me servir des excuses plus idiotes les unes que les autres concernant ton absence... »

Elle se retint de justesse d'attraper l'une de ses sandales, celles-ci n'étant de toutes façons pas à ses pieds. En temps normal, elle n'aurait pas hésité à le frapper, mais cela ne ferait que lui causer une douleur qui inquiéterait sans doute Shinji, ce qu'elle n'avait pas du tout envie. Elle voulait des explications et cela ne ferait que les distraire et elle se doutait bien qu'il en profiterait pour détourner le sujet.

« Qu'est-ce qui se passe ? Et ne mens pas, j'en ai plus qu'assez de toutes ces conneries... »

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Jeu 27 Oct - 21:10


Sarugaki Hiyori

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Son regard détourné, je pénétrais dans la chambre d'un pas délicat, presque hésitant, bien conscient de cette atmosphère pesante. Il y avait cette impression dramatique donnée aux grands tourments, cet air raréfié qui pouvait me laisser dans le silence, suffoquant avec ma gorge nouée. Je pouvais sentir cette aura qui l'entourait, malgré le mutisme dans lequel elle semblait s'enfermer un instant, elle devait bouillonner intérieurement. Sans me décontenancer, j'avançais un peu plus, elle allait réagir et je le savais. J'avais tenté dans un effort vain d'alléger la situation, peut-être avec l'espoir de pouvoir survoler les banalités, de pouvoir m'échapper de mon choix sans avoir à blesser quiconque. Malheureusement, ça n'était pas si facile. Ça ne l'était jamais. J'assumais ma décision, persuadé que c'était la bonne chose à faire, qu'il n'existait alors pas d'autres solutions pour changer cette mentalité absurde. Je ne voulais pas recommencer à fuir, je ne voulais pas être absent de ces bouleversements. J'avais toujours eu ce désir en moi d'être utile, de rattraper tout ce temps qui s'était envolé entre mes doigts. Ce n'était pas un simple caprice, un simple geste qui prouverait leurs torts. Je ne riais pas malicieusement dans une satisfaction puérile. Non, c'était une véritable décision réfléchie et c'était peut-être ce qui était le plus douloureux car je savais, que parmi les autres, Hiyori serait la plus dur à convaincre. Après tout, ça représentait beaucoup, tout changement impliquait toujours beaucoup de choses.

Elle se retourna sur mon regard un instant perdu dans le souvenir de sa blessure. La colère rongeant ses yeux brillants. Hiyori n'était pas dupe, il se passait quelque chose et elle le savait. Mon absence de ces derniers jours n'avaient rien de normal, c'était suspect et elle ne devait pas aimer ça. Peut-être avait-elle déjà soupçonné ce qui m'avait prit tant de temps, assez maline pour voir l'évidence des excuses maladroites des autres. Ils avaient joué le jeu parce que je leur avais demandé, parce que personne d'autre que moi devait lui annoncer ce qui allait se passer à partir de maintenant. C'était le simple ordre des choses, ça devait être comme ça et ça ne pouvait pas être autrement. Je baissais un peu le regard, pestant contre cette virulence qui me perçait à jour si aisément. Passant une main dans mes cheveux, assis à côté de son lit, je taisais mes mots, la laissant basculer dans le vif du sujet.


« Arrête de t'agiter si tu veux sortir un jour de ce foutu lit. »


Je ne cherchais pas à la calmer c'était juste que je ne pouvais taire mon inquiétude. Il y avait eu tellement de peur, tellement d'angoisse qu'il m'était impossible de la laisser choir sur une agitation dont je serais responsable. J'avalais ma salive, essayant de dénouer ma gorge qui se serrait de plus en plus. C'était comme avancer vers un moment important de son existence, tout ce stress qui montait, ce cœur qui battait avec violence à l'intérieur de ma poitrine, mes pensées qui s'entrechoquaient dans une absurde danse inébranlable. Tout ça était si douloureux et pourtant ça ne semblait rien. Je posais mes yeux sur elle, mon sourire effacé depuis un moment déjà. D'une voix un peu faible, je reprenais la parole.

« C'est terminé, Hiyori. »

Je rassemblais mes songes pour trouver les mots justes, amenant doucement le sujet vers le principal. Je ne voulais pas juste annoncer la chose, lâcher ça comme une bombe dont je n'aurais plus aucun contrôle. J'allais prendre un peu de temps car ça n'avait rien de facile.

« Aizen n'est plus une menace, le monde se relève et on a encore un rôle à jouer dans les changements qui arrivent. »

Je ne savais pas comment lui avouer. Je ne pouvais simplement pas lui dire que je reprenais ma place au sein du Gotei 13. Je ne pouvais pas lui dire droit dans les yeux que ce que nous avons vécu pendant plus d'un siècle était terminé, que plus rien ne sera comme avant, que nous ne serions plus ensemble tous les jours, que fuir n'avait plus aucun sens et que notre place se trouvait vers l'avenir et que ce futur se trouvait à la Soul Society. C'était l'unique solution, il était trop tard pour nous, on ne pouvait plus reculer face à nos responsabilités.

« J'ai détesté les shinigamis. Leur décision à cette époque, elle n'était pas juste. Mais c'est Aizen qui nous a tout pris. »

Mon regard tombait vers sa blessure cachée par la couverture. Je serrais les dents un instant, me sentant coupable de n'avoir pas été assez fort pour terminer cette souffrance moi-même. Coupable de n'avoir pu l'arrêter avant même qu'elle ne commence. Je ne pouvais plus détourner les yeux de cette responsabilité, je ne pouvais plus m'en défaire et accuser la Soul Society alors que j'étais conscient que ce qui avait causé tout ça n'était rien d'autre que mon échec.

« N'en veux pas aux autres. C'est moi qui ait demandé qu'ils ne disent rien. »

Je m'étais levé en disant ces mots, trimbalant mon corps jusqu'au mur pas loin. L'atmosphère s'était encore alourdit et je ne pouvais pas fuir cette décision. Je l'assumais, je crois que je ne voulais pas l'accabler, je ne voulais pas lui causer de la peine. J'hésitais car je la connaissais mieux que n'importe qui, elle avait cette fureur en elle, il était impossible qu'elle leur pardonne. Peut-être finira-t-elle par comprendre pourquoi, et tout ce que je pouvais espérer vraiment, c'est qu'elle puisse me pardonner, moi.

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Ven 28 Oct - 3:02



After revenge it's time to forgive [Flashback]
Avec Hirako Shinji


Pour une rare fois, Hiyori écoutait ce qu'on essayait de lui dire sans interrompre. Ce n'était pas tant par volonté d'être attentive, mais bien plus parce qu'elle ne comprenait pas ce qu'il tentait de lui expliquer. Les sourcils froncés, elle encra son regard sur le visage de Shinji, alors qu'un faible étourdissement la prenait. Les mots qu'il s'efforçait à prononcer résonnaient douloureusement dans son crâne, alors qu'elle se refusait à l'entendre réellement. Elle se faisait la sourde oreille, ignorant les hypothèses évidentes qui surgissaient dans ses pensées pour les remplacer par les doux mensonges qu'elle se contait à elle-même. Il ne pouvait pas sérieusement impliquer que tout était maintenant derrière eux...

Pourtant, c'était bien l'impression qu'il donnait et lorsqu'il évoqua les shinigamis, les traits de la jeune femme se crispèrent sous l'effet de la rage. Elle ne pouvait dire si celle-ci était tournée vers ceux qui avaient, cent ans plus tôt, tenté de les envoyer à l'abattoir ou si elle en voulait à Shinji. Un peu des deux, sans doute. Elle n'était pas prête pas à les excuser et si Aizen était responsable de leur hollowfication, il n'avait forcé le bras à personne quant à la décision de les exterminer. Ils avaient voulu les voir comme des monstres et avaient laissé de côté camaraderie et soutient et elle ne voyait pas en quoi aujourd'hui cela serait différent. Si le Gotei 13 venait à douter des Vizards, il n'y aurait pas d'hésitation quant à tenter de les tuer à nouveau, du moins elle en était persuadée.

Elle continuait de se taire malgré tout, la voix coupée par tous ces sentiments qui la bousculaient. Elle ne baissait pas les yeux et osait à peine cligner des paupières, de peur que le moindre geste ne fassent basculer la conversation sur un terrain qu'elle ne voulait pas approcher. Elle était peut-être celle qui avait poussé le grand blond à s'expliquer, mais elle regrettait maintenant son impatiente et le silence emplissant la chambre quelques minutes plus tôt. Lorsqu'il se leva pour s'éloigner, elle ne prit pas la peine de suivre du regard ses mouvements, un instant figée dans sa posture. Elle ne s'aperçut pas tout de suite de sa propre absence de respiration, ses craintes entravant la moindre pensée cohérente le temps d'un instant.

Elle recouvra finalement un peu de lucidité, tournant en vitesse la tête en direction de Shinji. Son naturel revenait au galop et elle ignora la douleur provoquée par ce geste posé trop rapidement, concentrée à nouveau sur la discussion qui avançait soudainement trop lentement pour elle. Repousser le tout ne servait à rien et s'il avait quelque chose à lui dire, qu'il le fasse maintenant. Il avait bien de la chance qu'elle ne puisse pas bouger de son lit, autrement il aurait été cloué au sol par la violente tornade de mécontentement qu'elle devenait dans ces moments-là. Elle s'agitait malgré tout, tentant de se relever un tant soit peu, mais la brûlure qu'elle ressentait au niveau de sa blessure ne lui permettait pas une très grande mobilité.

« Mais merde, tu vas arrêter de tourner autour du pot ? Qu'est-ce que tu essaies de dire à la fin ! »

Elle laissa quelques secondes ses paroles en suspend, regrettant de ne pas pouvoir amplifier ses propos avec sa sandale. Elle détestait être ainsi restreinte dans ses mouvements et les derniers jours passés sans ne serait-ce que l'engueuler n'aidaient certainement pas sa patience. Elle avait besoin de quelqu'un sur qui se défouler et, bien qu'on jugeât qu'elle avait surtout besoin de repos, elle ne voulait plus qu'une chose, retourner à l'entrainement. Si elle restait encore une journée de plus sans se lever, ses nerfs ne le supporteraient pas et Shinji n'aidait pas du tout à la tenir au calme avec les mystères qu'il faisait planer sur elle depuis son réveil, même s'il n'y avait aucune bonne façon de bien lui annoncer la nouvelle.

« Sérieusement, qu'est-ce que tu as encore foutu ? »

Son ton de voix ne laissait rien présager de bon. Elle s'emportait déjà, parlant bien plus fort que nécessaire. Elle avait passé les quelques derniers jours à s'interroger, sachant parfaitement qu'il était responsable de la comédie jouée par les autres. Il n'avait pas eu besoin de le confirmer, l'évidence était là et cela ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose. Peu importe la décision qu'il avait prise, peu importe ce qu'ils avaient tous gardé pour eux jusqu'à ce que Shinji soit prêt à l'annoncer à Hiyori, elle n'allait pas apprécier, loin de là. Cette simple idée la hantait depuis bien trop longtemps maintenant et alors qu'il tardait à lui avouer ce qu'il se passait, elle s'énervait de plus en plus contre lui. Il ne facilitait assurément pas la situation en mentionnant les deux pires sujets que l'on pouvait aborder devant elle, c'était-à-dire Aizen et le Gotei 13.

« Et cette fois-ci, soit direct. Si je t'entends encore défendre ces imbéciles, je me fous bien de ma convalescence, tu vas prendre cher ! »

Elle s'appuya sur ses coudes, un air sérieux sur le visage, exigeant les explications qu'elle jugeait mériter. Ils étaient amis depuis bien plus longtemps qu'elle n'avait été proche de qui que cela soit d'autre et toute cette histoire commençait sérieusement à peser. Avec le temps, ils avaient vécu assez de misères ensemble et pour qu'il ait aussi peur d'être sincère avec elle, cela voulait dire qu'elle aurait sans aucun doute une excellente raison de le démolir sous peu, chose qu'elle était déterminée à faire, blessée ou non !

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Ven 28 Oct - 7:06


Sarugaki Hiyori

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Je me sentais comme au bord d'une falaise, où il ne me resterait qu'un pas à faire avant de chuter quelques centaines de mètres plus bas. J'avais l'impression que mes mots se tortillaient et s'enrobaient d'une illusion protectrice. Quelque chose pour anticiper ma chute, quelque chose pour me retenir avant l'impact. Peut-être est-ce pour ça que mes mots sonnaient si faux, même pour moi. Et pourtant, je ne les détestais plus. Ma colère ne s'était pas envolée avec la défaite de Aizen, ce goût vengeur qui restait accroché tout au fond de mon cœur non plus. Je crois juste que je ne voulais pas être comme eux à cette époque-là. Je ne voulais pas être celui qui prend la décision de condamner, d'oublier toute miséricorde pour me terrer de nouveau dans cette obscurité qui m'apparaissait tellement absurde maintenant. Je n'avais que trop succombé à ce sentiment. J'avais fais une erreur et je l'avais payé le prix fort. Et d'autres l'avaient payé avec moi. Je ne sais pas si c'est la culpabilité, le sens du devoir ou bien autre chose, mais tout mon être me pousse vers ce choix. Je crois que jusqu'à maintenant j'avais été comme aveuglé par de sombres songes, perdu dans mon désir de rattraper mon échec, et encore une fois, je les avais blessé. Elle avait été blessé. Je ne voulais plus ressentir cette douleur coupable qui réveillait des instincts de rage, alors je crois que j'ai tenté de faire un pas. Tendre une main vers des êtres qui n'ont eu aucune compassion, aucune pitié envers nous. C'était ma responsabilité après tout, rétablir un ordre qu'il avait troublé devant mon impuissance, faire évoluer ce monde pour que ça ne recommence jamais.

Ses paroles avaient tranché l'air, l'instant se retrouvant presque figé dans les quelques secondes de silence qui suivirent ses mots. Il y résonnait de la colère, de l'angoisse et ça avait l'impact d'une plaie qui s'ouvrait à nouveau. Je m'étais adossé contre le mur, enfonçant mes mains dans mes poches pour pouvoir me courber un peu. Je ne savais jamais quoi foutre avec mes mains dans ces moments-là. Quand j'étais perturbé, je ne faisais que de les bouger, comme si ça m'aidait à me concentrer un instant, comme si je pouvais m'évader dans l'absurde et faire le chemin inverse. Tout était si brutal quand on devait vivre la réalité. Les fantaisies s'envolaient et il ne restait devant nous que des moments froids remplis d'une couche mélancolique. Je relevais la tête pour lui répondre, encore hésitant. Les mots ne venaient pas naturellement, ils passaient par ma gorge et se coinçaient lamentablement avant de se faire emporter par l'appréhension du choc qu'ils feraient une fois énoncés à voix haute.


« Ce n'est pas si facile. Je... »

Qu'est-ce que j'avais encore foutu ? Je me le demandais aussi. J'avais la poitrine serrée, le corps lourd, avec ce fardeau abstrait sur mon dos. Je l'avais toujours eu je crois. Cette culpabilité à toute épreuve qui revenait sans cesse me hanter, cet égocentrisme aussi, comme si tout était de ma faute. Et ce, quoique je fasse. Inconsciemment, sa réplique coupa la mienne. Hiyori criait toujours mais j'avais toujours pu reconnaître la teinte de ses mots. Je pestais et détournais le regard un instant, je m'en voulais de lui infliger ça et la voir énervée n'arrangeait rien. Elle devait souffrir. Plus que sa blessure physique, quelque chose clochait et ça n'avait rien de rassurant. J'avais le sentiment de m'être embourbé dans un mensonge par omission, quelque chose de néfaste qui me gardait dans une bulle impénétrable. Et pourtant son regard perçait toutes mes défenses. Je me confrontais à ses yeux plissés dans la frustration furieuse de son état, la laissant terminer cette fois. Je laissais mon corps glisser le long du mur pour finir par être assis au sol, soupirant un râle bruyant et frustré.

« Je ne les défends pas. »

J'avais pris un ton calme et un peu plus grave. L'air sérieux gravé sur mon visage, la bouche entrouverte laissant mes dents du dessus exposés.


« Je ne les défends pas, j'ai encore de la rancoeur envers eux. Je crois que j'en aurais toujours, quoique je fasse, je leur en voudrais. »

J'avais retrouvé un certain calme dans mes pensées. J'avais compris quelque chose avec ce sentiment d'illusion autour de moi, ça n'était pas vraiment une révélation, c'était simplement la victoire de la raison.

« Mais je ne peux pas rester assis sans rien faire alors qu'on m'offre une opportunité pour changer les choses. »

Après tout, je me disais que si je pouvais leur pardonner un jour, je pourrais peut-être m'échapper de cette culpabilité qui me rongeait. Je pourrais peut-être me pardonner.

« J'ai accepté de reprendre ma place dans le Gotei 13 en tant que capitaine de la cinquième division. »

C'était lâché. Impossible de faire demi-tour maintenant, j'avais sorti la phrase soudainement. D'un seul coup, sans sourciller, comme si elle se libérait enfin d'une prison qui semblait inébranlable. L'adrénaline avait sûrement un peu joué, peut-être aussi ce trop plein d'émotion qui avait occulté tout ce qui m'entourait pour ne se concentrer que sur cette rédemption. J'avais compris que ce mensonge par omission restait un mensonge et ça ne pouvait pas continuer ainsi. Je ne pouvais pas lui mentir. Je laissais mon regard luisant se poser sur elle, attendant sa réaction, mon cœur tambourinant dans ma poitrine serrée. Mes lèvres tremblaient un peu, je n'étais plus au bord de cette falaise. Non, désormais, j'entamais la chute.

 

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Ven 28 Oct - 10:17



After revenge it's time to forgive [Flashback]
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Elle mordillait rageusement sa lèvre à l'aide de sa longue canine, anxieuse et énervée à la fois. Elle se retint de ne pas l'interrompre pour lui faire comprendre qu'il donnait bel et bien l'impression de les défendre. Si elle voulait des explications, ce n'était certainement pas la meilleure des idées. Ils en auraient facilement pour des heures si elle s'amusait à lui couper la parole à tout-va et avec eux deux, une conversation avait vite fait de tourner au vinaigre. Ils arrivaient à parler calmement lorsqu'ils n'étaient que l'un avec l'autre, mais cela n'empêchait pas que bien souvent, ils se sautaient à la gorge, même si cela n'était jamais sérieux.

Les battements du cœur de la petite Vizard s'accéléraient au fur et à mesure du discours. Il tentait de s'expliquer, de réfuter ce dont elle l'accusait, mais cela n'allait certainement pas suffire pour la calmer. Elle voulait la vérité. Celle qu'ils s'acharnaient tous avec tant de mal à lui cacher. Celle qui la déchirerait, non, qui déchirerait cette famille qu'ils s'étaient construits après leur exil. Elle devinait ne pas être la seule pour qui la situation n'était pas facile, mais elle serait sans doute celle pour qui la pilule serait le plus dur à avaler. Et lorsqu'il libéra enfin ce poids qui l'habitait depuis elle ne savait combien de temps, elle comprit à quel point elle ne s'était pas trompée.

Les mots la frappèrent de plein fouet. Elle ne répondit rien, se taisant face à cette révélation troublante. Elle s'était figée sur place, comme giflée par ce qu'il venait d'annoncer. Et à vrai dire, elle aurait sans doute préféré n'importe quelle attaque à ce coup de couteau dans le dos. Parce que c'était bien cela pour elle. Une trahison. Il choisissait de retourner avec ceux qui avaient voulu leur enlever la vie. Il choisissait d'y retourner tout en sachant très bien qu'elle ne le suivrait pas. Soudainement, elle n'avait plus l'impression que ce qu'ils avaient vécu lui importait réellement. C'était égoïste et injuste envers lui, mais elle ne pouvait s'en empêcher.

Ses yeux stupéfaits accentuaient l'horreur que l'on pouvait lire sur ses traits fatigués. Elle était plus qu'exténuée et il ne fallait pas la regarder bien longtemps pour le comprendre, la situation n'aidant pas du tout. Elle ne dormait presque plus depuis des décennies, depuis cette nuit fatidique où on l'avait chassé de chez elle et l'arrestation d'Aizen n'avait changé en rien cela. Elle n'avait presque pas fermé les yeux depuis son réveil, ne succombant au sommeil que lorsqu'elle tombait d'épuisement. Ce n'était pas bon pour sa guérison, mais cette mauvaise habitude de se réveiller au moindre mouvement ne la quitterait pas de si tôt et de toutes façons, le stress qui la grugeait depuis quelques jours suffisait à la tenir éveillée.

« Tu n'es quand même pas sérieux... »

L'air lui manquait, alors qu'elle était incapable de reprendre son souffle après l'avoir relâché. Elle affichait une expression paniquée et la détresse se lisait sur son visage. Bien qu'on pouvait l'entendre crier dans tout l'entrepôt, ce n'était pas la colère qui se faisait ressentir en cet instant, alors que sa voix se coupait sous les sons trop aigus qu'étaient devenues ses paroles. La rage l'avait quitté, remplacée par une inquiétude qui la paralysait d'effroi. Elle n'aimait pas montrer de telles émotions, mais il lui était impossible d'étouffer ce qu'elle ressentait présentement. Ils avaient vécu terré pendant plus d'un siècle pour ne pas se faire froidement assassiner par les shinigamis et le voilà qui décidait de les rejoindre de son plein gré.

« Ils ont essayé de nous tuer ! »

Elle réfléchissait à toute vitesse et tentait de trouver ce qui pourrait bien le ramener à la raison. Les mots défilaient sans qu'elle ne s'entende vraiment, alors qu'elle cherchait, en vain, un argument qui le convaincrait. Il avait pris sa décision et elle savait bien qu'il ne changerait pas d'avis. S'il avait douté de son choix, ce n'était plus le cas puisqu'il avait déjà accepté d'y retourner. Hiyori était peut-être impulsive, mais ce n'était pas le cas de Shinji. Il était quelqu'un de réfléchi et elle savait très bien qu'il n'avait pas décidé cela à légère. Il avait sans doute pesé les pours et les contres et visiblement, sans qu'elle ne puisse le comprendre, il avait choisi le Gotei 13.

« Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ? Qu'ils vont tout simplement oublier que tu as un hollow qui vie en toi ? Tu te souviens ce que c'est que d'être un shinigami, au moins ? Ils sont payés pour tuer les âmes impures. Ils ne vont pas s'en empêcher seulement parce que l'une d'entre elle s'avère vivre en ton fort intérieur ! S'ils doivent te découper en morceaux pour s'assurer que leur précieux petit monde n'est pas dérangé, ils le feront sans hésiter. Tu ne peux pas sérieusement vouloir y retourner... »

Dans sa panique, elle s'était finalement relevée et la douleur l'arrêta sèchement. Elle porta une main à son estomac, serrant le vêtement qui la couvrait tout en se mordant la lèvre, alors qu'un son rauque lui échappait. Elle tentait tant bien que mal d'ignorer l'intense brûlure qui parcourait le bas de son abdomen, ne voulant pas détourner son attention de leur conversation, mais il était bien difficile de chasser la douleur et elle ne pouvait donc s'empêcher de se plier en deux.

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Sam 29 Oct - 5:53


Sarugaki Hiyori

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La phrase était tombée et l'impact avait capturé l'instant dans une sorte de choc qui avait figé nos regards et balayé nos souffles. Immobile, les yeux flottants dans le vide, ma gorge s'était coincée dans un mutisme coupable. Aucun son n'en sortirait avant qu'elle ne réagisse. Je ne pouvais plus cacher ce que ce je retenais depuis déjà trop longtemps, et c'était sorti comme ça, d'un seul coup. La phrase complètement arraché de mon être m'éjectant dans une chute qui faisait frissonner mon corps entier. C'était une décision importante que j'avais dû faire, elle allait chambouler tout ce que l'on avait connu jusqu'à présent. Elle allait nous séparer, elle allait fissurer un lien que l'on avait bâti dans une peine et une douleur commune. Ce n'était pas ce que je voulais, et elle le savait. Malgré tout, ça n'allait pas chasser ce qu'elle ressentait à cet instant précis, que ce soit sa colère, sa tristesse, sa souffrance ni même ce sentiment de trahison. Je crois que ce qui rendait l'annonce, et le choix en lui-même, difficile. Il y avait d'un côté la raison, ce qu'il fallait faire, ce qui paraissait juste et qui ne pouvait être que la solution à la fin de ces tourments qui n'avaient plus lieu d'être. Et de l'autre côté, il y avait le déraisonnable, l'émotion, le désir de garder vivant cette idylle que nous avions construit ensemble. Ça n'était pas grand chose de l'extérieur, mais nous étions devenus une famille pour qui chaque membre qui la composait était la seule chose qui comptait vraiment. Cette nuit-là, quand on est tous tombé dans le piège d'Aizen, tout s'était éclipsé si rapidement. Au réveil, on avait déjà tout perdu et il ne restait sur nos âmes que le goût amer de l'échec, sur nos épaules le poids de la culpabilité et une blessure en nous qui ne guérira jamais. Il fallait mettre un terme à tout ça, avancer dans cette rancoeur indicible pour en faire quelque chose d'utile, quelque chose qui ne nourrissait pas une vengeance furieuse ou une haine colérique.

Il n'y avait rien de plus effrayant chez Hiyori que son silence. L'atmosphère pesait sur moi, je me sentais oppressé par la simple présence de l'air autour de moi. Je ne voulais pas affronter son regard maintenant, je ne voulais pas voir ce qui s'y cacherait. J'avais peur. Incapable d'assumer ce qui était pour moi le véritable bon choix même si ça voulait dire que j'allais partir, même si ça voulait dire qu'on en souffrira tous. Il n'y avait pas de retour en arrière possible, mes yeux se portaient sur l'avenir, sur ce monde qui allait changer. La Soul Society avait été obligé de reconnaître les Vizards comme alliés, elle avait bousculé ses valeurs et ses règles en notre faveur. Tout était en train de se reconstruire, l'opportunité d'apporter une nouvelle mentalité, de marquer l'histoire s'offrait à nous. Il y avait des enjeux qui nous dépassaient et qui étaient bien trop importants pour les mettre de côté ou les laissaient fuir. Je ne voulais plus fuir, je me devais d'affronter ces bouleversements, je me devais d'être actif pour participer à cette petite révolution. Croire qu'il existe encore un monde où nous avons notre place, où nous pouvons réellement faire une différence et même si ça sonnait utopique, même si ça sonnait comme un fantasme que je croyais moi-même avoir oublié lors de ce siècle d'exil, j'ai réussi à espérer que peut-être ça serait désormais possible. C'était tout bête, naïf qui sait, mais si Aizen avait bien marqué quelque chose en moi, c'était le fait que nous n'étions jamais trop prudent. Toute cette colère qui tourbillonnait en moi n'avait plus aucun sens, elle semblait vide et pourtant elle ne disparaissait pas. Elle restait là, accroché à mon être sans être capable de me lâcher, de s'apaiser. Rien ne changera à ces sentiments néfastes qui rongent mon corps alors je ne voulais pas les laisser contrôler mon existence. Non, je voulais pouvoir en faire quelque chose d'utile.

Elle brisa le silence, ses mots s'étaient calmés, se réfugiant dans une tonalité douloureuse pour elle, comme pour moi. Il n'y avait pas de colère comme il y avait d'habitude avec Hiyori, cette fois, c'était un désespoir blessant qui frappait ses paroles. Une angoisse inquiète qui se ressentait sur chaque mot qu'elle employait. Nous savions tous les deux qu'il n'existait aucun argument capable de me faire changer d'avis. C'était décidé, et c'était immuable. J'étais resté assis tout ce temps, enfermé dans un mutisme sombre et la tête baissée, attentif à ses mots qui me donnaient une impression de déjà-vu. Tous ses arguments, je les avais repassé inlassablement dans ma tête tel un vieux vinyle qui tournerait sans fin. Je les avais pesé, je les avais pris en compte, j'avais creusé tout ce qui pouvait être creusé sur cette question. Torturant mon esprit pour finalement conclure sur mon choix de retourner au sein du Gotei 13. Je ne les avais choisis par affection, j'avais laissé la raison me battre pour une fois, probablement corrompu par ma culpabilité tenace. Je ne réagissais pas jusqu'à ce qu'elle bouge un peu trop, extirpant d'entre ses lèvres un râle rauque de douleur. Un pied ferme en appui et je me relevais d'un coup. L'instinct protecteur m'éveillait de la torpeur et dans un autre contexte elle s'en serait sûrement moqué. Je me hâtais calmement vers son chevet, servant un verre d'eau qui finirait probablement dans ma tronche et malgré tout, je lui tendais.


« Tu ne m'écoutes jamais, je t'ai dis de ne pas trop d'agiter. »

Je laissais ma maladresse prendre le dessus, c'était tout ce que j'avais en réserve pour cacher l'inquiétude que j'avais. Je n'aimais pas la voir comme ça, je n'aimais pas être responsable d'une quelconque douleur pour elle.


« Je suis désolé, Hiyori... »

Je détournais les yeux, lâchant difficilement ces quelques mots d'excuses. C'était sincère même si je ne savais pas trop pourquoi je m'excusais. Peut-être un peu pour tout, pour mon échec il y a un siècle, pour avoir faillit à la protéger contre Gin, pour cette peine que ma décision lui infligeait.

« Leur monde est déjà dérangé. Il change et nous composons une partie de ce changement. C'est l'occasion d'avancer, de faire quelque chose de toute cette rancoeur et toute cette colère. »

Je m'asseyais sur le tabouret quitte à recevoir un coup. Je crois que je préférerais ça au regard qu'elle avait à cet instant dans les yeux. Qu'elle s'énerve comme elle le faisait d'habitude et puis que ça passe, que ça soit pas si important au final, car ce qui comptait c'était tout ce qu'on représentait l'un pour l'autre.

« Ça me manque parfois, tu sais. Cette époque où nous étions tous là-bas, où rien ne semblait pouvoir déranger nos existences. On retrouvera jamais ce temps-là. Tout est différent maintenant, mais on peut toujours essayer de changer les choses pour créer une nouvelle époque où on aurait notre place. »

Je n'étais pas sûr qu'elle partageait ce que je ressentais. Elle avait toujours été la plus virulente, on traînait tous notre culpabilité et personne n'avait vraiment fait la paix avec soi-même. On voyait les choses différemment, alors j'espérais pas vraiment qu'elle comprenne. Je voulais simplement expliquer pourquoi je le faisais.

 

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Ven 4 Nov - 15:13



After revenge it's time to forgive [Flashback]
Avec Hirako Shinji


La peur n'était pas un sentiment qu'Hiyori appréciait. Cette sensation d'étouffement, les nombreux battements accélérés qui martelaient sa poitrine, ses muscles qui se tendaient presque douloureusement... Des réactions qu'elle rejetait depuis toujours et qu'elle se refusait à vivre. Pourtant, face à une telle annonce, elle ne pouvait se résoudre autrement. L'inquiétude se lisait aisément sur son visage, mais comme à l'usuel, cela ne restait jamais bien longtemps. Elle était douée pour cacher ce qu'elle ressentait derrière la colère et avec cette annonce, elle avait de quoi se faire une colossale armure.

Il approcha le verre d'eau, qu'elle refusa d'abord d'un geste de la main, lui envoyant par la même occasion un regard noir qui signifiait qu'elle n'en avait pas besoin. Elle détestait que l'on prenne soin d'elle. Elle détestait se retrouver en situation où l'on jugeait qu'elle était inapte à s'occuper de sa personne. Elle était adulte, contrairement à ce que son apparence laissait croire. Si elle avait besoin de quelque chose, elle pouvait très bien se débrouiller par ses propres moyens. Même ainsi blessée, cette ferme décision de ne plus avoir à reposer sur les autres ne la quittait pas et les Vizards n'échappaient pas à cette règle. Bien au contraire, de tous, ils étaient ceux qui la connaissaient le mieux et devaient donc savoir parfaitement qu'elle détestait cela. Bien sûr, ils s'inquiétaient pour elle et ce n'était certainement pas ses plaintes qui les empêcheraient de faire à leur tête, de la même façon qu'elle ne se gênait pas pour faire comme bon lui plaisait. Et s'il y avait bien quelqu'un d'aussi têtu qu'elle, c'était Shinji, surtout lorsqu'il s'agissait du bien-être de la petite Vizard.

Lorsque Shinji commença à ressasser le passé, cela ne prit qu'une seconde à Hiyori pour réagir au quart de tour. Il n'avait pas besoin de lui rappeler ce qu'ils avaient vécu autrefois. Chaque jour, les souvenirs revenaient d'eux-mêmes à la surface. Elle n'avait pas oublié cette époque où elle avait pu vivre pleinement. Tout était gravé en elle au fer rouge, brûlant à la moindre pensée pour cette vie qu'on leur avait arrachée de force. Pourtant, elle ne voulait pas la récupérer. Il n'était pas question de retourner auprès de ceux qui avaient osé la qualifier de traîtresse et de monstre, alors qu'ils étaient ceux prêts à abandonner leurs collègues lorsqu'ils n'avaient jamais autant eu besoin d'eux qu'à ce moment-là. S'il y avait bien une chose qu'elle ne supportait pas, c'était bien la trahison et qu'on vienne à douter d'elle d'une quelconque façon n'était pas acceptable. Mais oser l'abandonner à un tel sort sans même essayer de faire quoi que ce soit pour l'aider ? Il n'était pas question de pardonner cela.

Le coup qu'elle porta au verre l'envoya directement contre le mur le plus prêt, éclaboussant un peu tout au passage. Ce geste suffit à provoquer une nouvelle douleur, mais elle l'ignora fermement cette fois-ci, n'affichant absolument aucun signe de faiblesse. Même si cela ne paraissait pas vraiment, elle était une personne résistante et ignorer la douleur était quelque chose que l'on venait à apprendre quand on faisait des combats son revenu. Lorsqu'elle avait rejoint le Gotei 13, il n'avait pas été question de pleurer à la moindre petite blessure et aujourd'hui, même si elle n'en faisait plus partie, elle restait cependant une combattante aguerrie. Elle taisait donc le grognement qui menaçait de poindre, distraite par la violente envie de frapper Shinji. Heureusement, les Vizards avaient semblé prévoyant pour une fois, ne laissant aucune arme à proximité, pas même le verre qui s'avérait être en plastique. Cela n'empêcherait pas le de-nouveau capitaine de se prendre une raclée, ne serait-ce que mentalement, mais au moins, cela réduirait sans doute un peu les dégâts...

« Tu penses vraiment que j'ai oublié cette époque ? Merde, Shinji, j'y pense tous les jours. On y pense tous tous les jours ! Seulement tu l'as dit toi-même, tu ne peux pas effacer le passé. Tu ne peux pas retourner là-bas et prétendre qu'ils n'ont pas passé un siècle à nous chasser, à nous pousser à nous terrer en silence ! Tu ne peux pas sérieusement décider d'aider ceux qui ont pris la défense de ce salaud et nous ont étiqueté de traître ! »

Avant qu'il ne tente de l'interrompre et de répondre, elle lui envoya un regard qui signifiait de la laisser terminer. Elle n'avait pas fini de se vider le coeur et qu'il le veuille ou non, il allait l'entendre. Ce n'était pas une décision qu'elle allait accepter tranquillement sans ne rien dire. Elle ne gardait jamais son opinion pour elle-même et ne se gênait pas pour la partager avec les autres, mais en temps normal, elle respectait les choix de ses pairs. Cette foisi-ci échappait à la règle. Elle refusait tout simplement l'idée même de voir Shinji -et qui d'autre parmi les Vizards ? Elle doutait qu'il ne soit le seul à avoir pris cette décision, seulement le premier à lui avoir annoncé, mais elle vérifierait cette hypothèse qu'elle se refusait plus tard- retourner à la Soul Society.  

« Ils ont ce qu'ils méritent. Tu n'as pas à toujours régler les foutus problèmes des autres. Tu penses avoir échoué en tant que capitaine ? Tu es le seul à avoir su lire en Aizen. C'est plus que ce qu'ils ont tous ensemble été capables de faire en plus d'un siècle ! »

Elle serrait les poings de rage. Pourquoi devait-il y retourner ? Elle ne comprenait pas ce qui le poussait à le faire. Il n'avait rien à prouver. Il n'avait pas à se racheter. Pas auprès d'eux. Les shinigamis les avaient abandonnés et étaient bien loin de s'être faits pardonner cette erreur. Pourtant, Shinji était prêt à tout mettre derrière lui et à avancer. Ne pouvait-il pas le faire ici, avec eux ? Ne pouvaient-ils pas rester tous ensemble ? Ils avaient bien réussi à vivre un siècle à Karakura, à s'y faire une place, une maison, un lieu où ils se sentaient tous chez soi. N'est-ce pas ? Ils avaient tous perdu une fois, alors pourquoi de tous, Shinji tentait de lui arracher la seule chose précieuse qui lui restait.

« Tu peux y retourner si tu le souhaites Shinji, mais arrêtes de te bercer d'illusion. Tu ne seras jamais plus l'un des leurs. Tu peux porter leur uniforme, tu peux être à leur tête et les diriger, tu peux prétendre que tu as ta place au sein du Gotei 13, mais tes jours en tant que shinigamis sont finis. Tu es l'un d'entre nous. Tu es un foutu Vizard. Cette époque s'est arrêté le jour où tu as laissé ce foutu imbécile nous hollowfier. »

Elle regretta un instant ses mots, mais sa fierté mal placée l'empêchait de s'excuser auprès de lui. Elle se tue, affichant toujours la même expression froide sur le visage, avant de se laisser retomber sur le lit et de se couvrir les yeux de son bras gauche, serrant la mâchoire pour ne pas pester contre elle-même et contre le monde entier. S'il voulait y retourner, soit. Qu'il le fasse. Mais qu'il ne vienne pas se plaindre lorsqu'une fois de plus, on le poignarderait dans le dos quand il serait jugé inutile par la Chambre des 46.

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Ven 4 Nov - 18:17


Sarugaki Hiyori

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J'avais beau tenter de me convaincre de l'inverse, j'avais des tonnes de regrets. Des casseroles dont le bruit paralysait mon corps entier et qui traîneraient derrière moi comme si rien ne pouvait les décrocher. C'était comme ça, et on ne pouvait plus rien changer maintenant. Notre passé était ce qu'il était, et peu importait nos efforts, cette époque ne disparaîtra pas comme par magie. Elle ne s'évadera pas de nos esprits tourmentés et ce, malgré toute l'espérance que l'on gâche dans l'unique but de s'étourdir assez pour avoir ne serait-ce qu'un instant de répit. Une pause loin de mes pensées, loin de mes songes, loin de mes démons de ce temps révolu. La culpabilité pouvait bien ronger la moindre parcelle de mon âme, j'avais échoué et c'était immuable. J'étais condamné, maudis, à porter ce fardeau sur mes épaules pour le restant de mes jours. Il n'y avait pas de façon d'oublier, de se faire pardonner, aucun acte, aucune parole, rien n'existait pour effacer ce qui constituait l'ensemble de mes erreurs. Rien. Ce passé était ancré dans ma mémoire, aussi bien dans ces foutues blessures sur mon cœur que dans les leurs. Plus que nos masques, plus que nos souvenirs, nous, les Vizards, on partageait cette effroyable et oppressante culpabilité. Cette rancoeur infernale qui broyait nos émotions dans des éclats que personne ne pouvaient vraiment maîtriser. C'était ce qui nous rapprochait, ce lien inébranlable face à nos responsabilités, à ce que nous devions faire. Et puisque notre passé ne comptait aller nulle part, il ne restait que l'avenir pour faire quelque chose.

Son regard mystifia mon élan, j'avais gardé le verre dans ma main même si elle l'avait refusé. Je me doutais bien qu'elle ne l'accepterait pas, ça n'était pas son genre. Hiyori avait toujours été une personne complexe. Il fallait la connaître pour la comprendre, elle faisait partie des gens qui retenaient énormément de ses émotions. Elle ne partageait pas ses peurs, ses angoisses, ses peines, elle s'exprimait par une affection différente, quelque chose de violent qui cachait tout le bordel qu'elle pouvait garder pour elle. Il y avait de la colère sur son visage, mais pas que. C'était plus profond que ça, beaucoup ne comprenait pas, mais c'était comme ça qu'elle était. Je lui avais tendu le verre une deuxième fois alors que je restais pensif sur tout ce que je disais. Je choisissais mes mots, pas foutu d'exprimer correctement toutes les raisons que j'avais. À quoi bon ? Ce n'était pas les raisons qui l'intéressaient vraiment, de toute manière, il n'existait pas de réponse magique qui effacerait sa peine. Pour elle, rien ne serait assez légitime pour me justifier. Quelque part, j'espérais peut-être qu'elle comprenne. Ne serait-ce qu'un peu, un tout petit peu, juste ce qu'il fallait pour qu'elle pardonne ce choix. Pour qu'elle ne me regarde plus avec ces yeux profondément blessés, pour ne plus être une source de colère. D'un revers de la main, elle envoyait balader le verre contre le mur et l'eau se renversa partout. En plus des éclaboussures sur mes vêtements, une traînée d'eau avait trempé le haut de mon visage.

Je baissais les yeux, laissant l'eau couler le long de mes cheveux. Elle avait reprit la parole, et elle comptait bien aller jusqu'au bout. Sur le ton de sa voix on pouvait entendre que plus ses mots sortaient de sa bouche plus elle s'emportait. Elle déballait ce qui pesait sur elle, cette rage envers les shinigamis. Ça avait été difficile à surmonter, personne n'avait oublié, personne n'avait le cœur plus léger. Tout avait été mis sur le dos de Kisuke, il avait été accusé des crimes d'Aizen et on avait été condamné à mourir. La question de notre utilité au sein du Gotei 13, nos services rendus, tout ce qu'on avait apporté à la Soul Society, rien de tout ça n'avait compté. On avait un Hollow en nous et ça suffisait pour justifier notre exécution. Il n'y avait pas de pardon possible pour ça. Pas de maturité à avoir sur la miséricorde. Il ne pouvait avoir que de la rancoeur, ce sentiment désagréable d'avoir été poignardé et balayé par des personnes qui avaient été des compagnons, des amis, des collègues. On ne revenait pas indemne d'un tel acte, mais que pouvais-je faire ? Les haïr toute mon existence et accepter cette position de fuite comme si c'était ma place ? Comme si c'était ce qui m'était destiné ? Non, je refusais de m'asseoir dans mon coin et de regarder ce monde exister, le regarder s'étioler sans pouvoir réagir, le regarder changer sans pouvoir participer. Je n'avais pas besoin de pardonner pour retourner à la Soul Society, je devais prendre cette rancoeur au fond de mon âme et la rendre utile. La faire briller pour que ce putain de monde évolue enfin en quelque chose où on aurait une place et un mot à dire.

Hiyori s'énervait de plus en plus tandis que je restais immobile et silencieux, attendant qu'elle termine, qu'elle se calme et qu'elle sorte de tout ce qu'elle avait sur le cœur. Sur le fracas des gouttes d'eau chutant sur le sol, sa dernière phrase frappa ma poitrine et trancha l'atmosphère pour laisser le silence reprendre sa place. Ça faisait mal, c'était douloureux de recevoir sa culpabilité aussi sèchement. Surtout venant d'une personne que l'on estimait tant.


« Tu as raison... »

Je me levais avec nonchalance, avançant doucement pour ramasser le verre en plastique qui s'était arrêté de rouler un peu plus loin. Je revenais à son chevet, sans un mot, versant à nouveau de l'eau dans le verre pour lui tendre une nouvelle fois.

« Tu as raison, mes jours en tant que shinigamis sont terminés. Tu as raison, c'est une époque que je me suis retiré, que je vous ai retiré. Et cette époque, je la récupérerais jamais, je ne pourrais pas nous plus vous la rendre. »

Je relevais la tête pour la regarder, de nouveau assis sur le tabouret. L'air sérieux, le ton grave, si loin de mes habitudes, je continuais.

« Je ne suis pas capable de vous rendre ces souvenirs qui hantent nos jours comme nos nuits. Alors je ne pense pas avoir échoué, je sais que j'ai échoué et je dois vivre avec cette erreur. Ça, ça ne changera jamais. Je ne peux rien faire d'autre que y retourner. Je ne veux rien faire d'autre que y retourner. C'est trop important, le monde change et je veux que les Vizards en fassent partie. Je veux avoir mon mot à dire. »

Je baissais à nouveau le regard attendant de pouvoir croiser le sien. Chassant son reproche, refusant d'y penser en me convaincant avec assurance que c'était la colère, la tristesse ou bien la panique qui l'avait fait réagir comme ça. J'avais l'impression que les murs autour de moi s'envolaient en de petites particules, avec ce battement persistant sur le côté gauche de mon torse, cette effroyable et massacrante sensation de brûlure qui se répandait dans la totalité de mon sang. Je m'étais toujours senti coupable, j'avais toujours eu cette lame enfoncée dans mon estomac et j'avais l'impression qu'elle s'était plantée à nouveau.

« Je ne cherche pas à prouver quelque chose, ou à me faire pardonner. Je ne veux plus être coupable de n'avoir rien pu faire. Et pour ça, je dois y retourner. »

Je me taisais un instant, j'attendais sa réaction. Ça avait été mon tour de parler, et j'espérais qu'elle ne s'en veuille pas trop alors je réprimais cette douleur pour la faire taire. La rendre invisible comme je l'avais fais tout le long de ce siècle. Mais bordel ce que ça faisait mal.
 

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Ven 4 Nov - 21:24



After revenge it's time to forgive [Flashback]
Avec Hirako Shinji


Tout son corps tremblait. Elle tentait désespérément d'étouffer le tout en mordillant sa lèvre, un goût de fer envahissant déjà ses papilles gustatives dû aux gouttes de sang qui ne tardèrent pas à perler. Elle serrait rageusement les poings, excédée dans sa colère comme elle ne l'avait jamais été. Elle ne se souvenait pas d'avoir été aussi touchée par quelque chose depuis des décennies. La dernière fois ne remontait même pas à cette nuit monstrueuse où tout s'était arrêté. Elle ne concernait pas les jours qui avaient suivi, où l'angoisse de l'inconnu qui vivait en eux les avait hantés. Pire que les mois, les années mêmes, où ils avaient craint chaque ouverture d'un Senkaimon dans les environs de Karakura, où chaque source d'énergie spirituelle devenait une menace pour leur vie, un tourment qui menaçait de leur arracher le peu qui leur restait. Non. Tout cela lui rappelait bien pire, alors que les souvenirs d'une mère revenaient à la surface, alors qu'elle revoyait le départ de Kirio et son abandon. Shinji avait toujours été là pour elle. Il était sa seule source de fiabilité, son unique constance dans ce monde vide de sens et d'intérêt. Et encore une fois, elle se retrouvait laissée derrière par l'une des seules personnes qui lui importaient réellement.

Elle ne voulait pas craquer. Pourtant, à chaque insistance de la part du blond, elle sentait les barrières qui l'entouraient se briser une à une. Il allait y retourner. C'était définitif. Derrière ses paroles qui se voulaient convaincantes, elle entendait la culpabilité qu'il ressentait à son égard. Elle n'avait pas besoin de le regarder pour savoir qu'il tentait de le cacher. Ce n'était pas non plus nécessaire de poser son regard sur lui pour entendre le cri de désespoir que renfermait son discours. Elle était tout aussi importante pour lui qu'il ne l'était pour elle et au fond, Hiyori savait que sans son accord, bien qu'il y retournerait, il le ferait d'un pas ampli d'accusations envers lui-même. Il se blâmerait en silence, enfermé dans un calme apparent qui laissait toujours Hiyori dans un état entre le désespoir et l'indignation. Ironiquement, elle haïssait cette habitude qu'il avait de toujours vouloir lui cacher ce qui le préoccupait. S'il avait été sincère avec elle plus tôt, elle n'aurait pas eu à se ronger les sangs ces derniers jours.

Soudain, une pensée la terrifia sur place. Et s'il ne lui avait pas dit avant parce qu'il savait que dès l'instant où l'annonce serait faite, il devrait retourner à la Soul Society ? Allait-il partir dès la fin de leur conversation ? Était-il là parce qu'il devait les quitter aujourd'hui ? Elle n'était déjà pas prête à accepter son départ, mais si elle devait se faire à l'idée qu'il ne serait plus là dès la journée même, elle ne savait pas si elle allait y parvenir. Quelque part durant son discours, elle avait cessé de réellement l'écouter et lorsqu'elle se releva brusquement et qu'elle plongea son regard dans le sien, elle remarqua enfin qu'il ne parlait plus depuis elle ne savait combien de temps. Elle serra les draps un instant, les yeux grands ouverts et la respiration accélérée, puis se laissa aller à ce qu'elle savait le mieux faire : se battre. Elle ignora une fois de plus sa récente condition et se jeta avec peine sur le Vizard, titubant d'abord avec mal et trébuchant dans les couvertures qui l'abriaient, mais elle ne s'en préoccupait pas. En quelques secondes, ils se retrouvèrent tous deux au sol, Shinji plaqué entre elle et le plancher froid de la chambre de la furie qui le frappait maintenant furieusement au visage. Entre les cris et les coups, elle haletait difficilement, son corps lui rappelant durement la mort à laquelle elle avait échappée de justesse.

« Putain, mais tu vas arrêter de te répéter oui ? J'ai compris ! Tu veux y retourner. Fais-le et ne revient pas. Si tu tiens tant à partir, je ne vois même pas ce que tu fais ici ! Je ne leur pardonnerai jamais. Ils ne sont pas nos alliés. Si tu veux les rejoindre, tu seras avec eux ! Tu comprends ce que ça veut dire ? »

Plus elle continuait son furieux manège, plus elle s'épuisait et les émotions qu'elle enfermait depuis si longtemps menaçaient maintenant de se déchaîner. Elle sentait les larmes qui brouillaient peu à peu sa vue, un mélange entre la douleur qui habitait son esprit et celle qui brûlait brutalement son bas-ventre. Heureusement, les sortilèges de soin du capitaine de la quatrième division étaient sans égal et sa blessure n'était pas prête de se rouvrir, mais on ne pouvait pas dire qu'elle ne donnait pas le meilleur d'elle-même pour se faire. Cela n'enlevait en rien la sensibilité qui ne partirait qu'après une guérison complète, bien que ce n'était pas ce qui empêcherait Hiyori de se défouler avec tout ce qui lui restait d'énergie sur le pauvre capitaine. Il avait toujours servi d'une échappatoire momentanée, présent à chaque instant où la jeune femme avait eu besoin d'évacuer son trop plein d'émotions sur quelqu'un. Ce n'était pas ses coups qui le déstabiliseraient, elle qui se donnait pourtant toujours à fond lorsqu'elle se déchaînait sur lui.

Elle tentait de ne pas s'écouter elle-même, d'ignorer les menaces qu'elle proférait sans vraiment ne les dire. Bien qu'il lui était impossible de voir Shinji comme un ennemi, elle n'accepterait pas de pardonner les shinigamis et ne cesserait pas d'être prête à lever les armes contre eux. Il n'y aurait pas d'hésitation. Si elle devait se battre contre le Gotei 13, elle le ferait sans se retenir, un malin plaisir à les voir tomber un à un face aux pouvoirs qui les avaient poussés à vouloir en finir avec les Vizards en premier lieu. S'ils voulaient la voir comme un monstre, elle leur donnerait cela sur un plateau d'argent, déguisé en un masque d'ossature cachant les traits de leur propre échec à constater le vrai du faux chez leurs compagnons d'armes. Et maintenant, elle n'était même plus certaine de savoir de quel côté se tiendrait Shinji, effrayée à l'idée de le voir s'opposer à elle.

« Ils n'ont pas besoin de toi. Tu ne vas leur servir qu'un temps et dès l'instant où ils trouveront quelqu'un pour vous remplacer, ils n'hésiteront pas et se débarrasseront de vous, comme ils l'ont fait par le passé. Ils n'ont pas besoin de toi, mais nous, oui ! »

Sa tête lui tournait, alors qu'elle se perdait peu à peu dans ce qu'elle disait. Elle n'était pas stupide. Il n'y avait pas que l'ancien capitaine de la cinquième division qui avait déserté le Gotei 13 et de ce fait, ce n'était pas le seul poste vacant. Elle n'avait pas mis longtemps à comprendre qu'il n'était sans doute pas le seul à avoir accepté de reprendre son ancienne position, connaissant les autres Vizards presque aussi bien qu'elle ne se connaissait elle-même, si ce n'était pas plus. Elle s'arrêta finalement, s'agrippant sur la chemise de Shinji pour ne pas s'effondrer sous la fatigue, tremblant plus qu'elle ne l'avait fait auparavant. Elle baissa le visage, tentant de ne pas laisser voir les larmes traitresses qui coulaient sur ses joues sans qu'elle ne puisse les arrêter. Elle se taisait complètement, déterminée à ne pas s'enfoncer davantage, décidée à ne pas se laisser aller à une telle faiblesse. Seulement, après un siècle à tenter désespérément de s'accrocher aux seules proches qui lui restaient, elle ne pouvait se résoudre à ce qu'on lui retire une fois de plus ses amis, sa famille.

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Dim 6 Nov - 14:02


Sarugaki Hiyori

&
Hirako Shinji




❝ Good news, bad news ❞

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Il n'y avait pas de doute dans mes mots, aucun regret entourant ma décision. C'était ma croyance, cette foi inespérée qui s'accrochait à moi et qui balayait tout le reste. Le monde changeait et il y avait une place pour nous. Je n'espérais pas que l'on reprenne tous nos postes à la Soul Society, je savais que ça n'aurait pas été possible. Quelque part je crois que je voulais juste appartenir à ce nouveau monde en marche. Il y avait un avenir pour nous et il ne résidait pas dans l'exil. Cette époque était terminée, elle sera pour toujours dernière nous et ce, peu importe la douleur constante et l'amertume de la rancoeur qui nous reste dans le fond de la gorge. Aizen avait été vaincu, la vérité avait été rétablie et les mentalités s'étaient restaurées. J'avais ce sentiment d'avoir la possibilité d'accomplir quelque chose, d'embraser les responsabilités qui m'étaient dues. Ce n'était pas un retour en arrière, trop de choses avaient changé, c'était un lendemain que j'avais attendu. Après plus d'un siècle tenu par l'angoisse, par la haine, j'avais l'impression d'enfin y voir plus clair. Je chérirais mes souvenirs plus que n'importe quelle autre chose, mais il était temps d'avancer, de construire quelque chose avec toute cette souffrance qui semblait flotter de moi. Je fermais les yeux un instant, soufflant silencieusement cette lourde respiration pleine d'émotion. C'était dur de faire ce choix, je ne voulais pas quitter mes proches. Après tout, c'était ma famille. Ils étaient importants pour moi et voir Hiyori dans cet état accablait mon être d'une profonde peine. La blesser était la dernière chose que je pourrais désirer, on avait ce lien qui nous unissait depuis tellement longtemps que le voir trembler était presque irréel. J'avais rassemblé tout mon courage pour lui annoncer, c'était mon engagement, ma décision irrévocable. Ça n'était pas anodin si j'avais voulu le faire moi-même. Ça devait être comme ça malgré la douleur.

Son silence pesait dans la chambre, totalement bloqué dans mon mutisme j'avais l'impression d'appartenir au décor. De ne faire qu'un avec le tabouret et le sol, n'étant qu'une forme abstraite plantée là et incapable de faire le moindre mouvement. Comme paralysé par mon corps entier qui refuserait d'agir, noyé dans des émotions lourdes qui tourmentaient mes songes. Tétanisé par l'effroi, sans défense face au chaos qui semblait m'entourer. C'était comme si j'avais été dépassé par tout ça, que le décor m'avalait et qu'il n'y avait aucune issue pour moi. Qu'il n'existait aucun moyen pour que cette atmosphère étouffante ne s'échappe, que mon choix s'accorde à l'espoir d'un simple sourire. Son regard planté dans le mien, la rage désespérée atteignant l'apogée, elle se rua sur moi. Un bond violent qui la poussait vers moi, m'éjectait de ma torpeur, cassant l'immobilité dans laquelle je me sentais prisonnier. Me donnant ce que j'attendais, une réaction, quelque chose de réel. Je mettais mes mains en avant, tentant de la rattraper malgré tout. Ses coups vinrent frapper mon visage alors que nous chutions au sol, basculant du tabouret pour échouer en arrière. Elle tombait sur moi, s'épuisant dans une violence qui devait sortir. Ses mots faisaient écho à mon désarroi, ils frappaient l'intérieur de mon crâne, rebondissant partout comme s'ils cherchaient une sortie pour disparaître.

Hiyori finit par s'agripper à ma chemise, cachant un sanglot dans ses tremblements et sa tête posée contre moi. Il n'y avait rien de plus douloureux que de la sentir en larmes contre moi, abattue d'une blessure par ma faute. Je posais une main contre mon front, la peau étirée par les traces des coups. Je soupirais un coup, finissant par poser une main sur la tête de Hiyori. Je me redressais un peu, me tenant sur un coude, les yeux tombant sur elle toujours accrochée à moi.


« Je ne serais jamais votre ennemi, Hiyori. »

Je caressais un peu ses cheveux avant de me redresser un peu plus. Je passais une main dans le creux de ses genoux, une autre serrant son flanc pour pouvoir la porter doucement. D'un appui maîtrisé je nous relevais tous les deux, je fis quelques pas pour éviter le tabouret et atteindre le lit. Je finissais par la déposer lentement avant de la recouvrir par les draps qu'elle avait repoussé en sautant. Je ramassais le tabouret pour m'asseoir à nouveau dessus, soupirant quelques mots.

« Je t'avais pourtant dis de ne pas trop t'agiter. »


C'était douloureux de la voir comme ça, plus que je ne le pensais. J'essayais tant bien que mal de cacher cette déchirure, éteindre l'effroi de l'inconnu qui était devant moi. Je ne savais pas vraiment comment ça allait se passer, comment notre retour au sein du Gotei 13 serait. Il devait avoir encore des gens qui nous voyaient comme une menace. Ces quelques jours ne m'avaient pas suffit pour avoir des réelles conclusions, mais je savais que ça ne sera pas facile. Il y aurait beaucoup d'efforts à faire pour construire ces changements de mentalité. Mais il fallait que ça soit fait, et personne d'autre pouvait le faire pour nous. Même si je connaissais toutes les raisons, je n'arrivais pas à m'empêcher de me demander pourquoi c'était si dur.


« Vous serez toujours ma famille, ça ne changera jamais. Mais c'est une opportunité pour changer leurs mentalités. Je ne veux pas vivre dans mes erreurs. »

Il y avait tout ce poids dans mes mots, cette culpabilité qui me rongeait inlassablement. On en était tous là parce que j'avais échoué, c'était mon erreur qui avait causé cette angoisse permanente et cet exil forcé. On serait tous mort si Kisuke nous avait pas sauvé. Je ne pouvais que m'en vouloir, j'avais beau être remettre la faute sur Aizen ou n'importe qui d'autre, je savais que j'étais responsable. Je savais que j'aurais pu faire plus encore. Je me réduisais au silence, pensant que chacun de mes mots tomberaient à l'eau. Qu'il n'existait aucune explication assez juste pour soulager cette douleur. Je regardais Hiyori un instant, je ne voulais pas perdre ce qu'on avait. Son avis importait pour moi et malgré le fait qu'elle y soit si opposée, j'avais confiance en elle. Je savais qu'elle ne leur pardonnera jamais, qu'elle garderait cette virulence envers eux, mais je ne voulais pas qu'elle transpose tout ça sur moi. Je ne voulais pas qu'elle pense que je les abandonnais. Ils étaient tout pour moi, et je serais toujours de leur côté, quoiqu'il arrive. C'était ça, être une famille.
 

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Ven 11 Nov - 16:17



After revenge it's time to forgive [Flashback]
Avec Hirako Shinji


Elle était plus qu'épuiser par sa crise de nerfs et de larmes incontrôlables. Elle avait encore cette envie de le frapper, de lui crier à tue-tête qu'il faisait une erreur, mais l'énergie n'y était plus. La petite Vizard avait épuisé le peu de force qui lui restait en cette attaque, brisant ainsi les barrières qu'elle s'était forgée mentalement pour ne pas craquer. Ce n'était pas chose facile d'apprendre que son ami de toujours retournait en un lieu où il serait entouré de leurs ennemis, même si pour lui, ce n'était plus ce qu'étaient les shinigamis. Hiyori ne pouvait cependant pas voir la chose du même oeil, rancunière comme elle pouvait l'être. On les avait trahis et menacés d'exécution, comment pouvait-il même envisager de les côtoyer à nouveau ? Cela ne faisait aucun sens pour elle...

Il se redressa légèrement, tentant de la rassurer par des paroles qui semblaient si vides en cet instant. Elle ne pouvait croire ce qu'il lui disait, aussi sincère était-il, alors qu'il se décidait à les laisser derrière. Elle se sentait une fois de plus abandonnée, effrayée par cette émotion qu'elle n'avait pas connue en plus d'un siècle. Ce n'était pas l'intention du Vizard, loin de là et quelque part au fond d'elle, Hiyori savait qu'ils resteraient prêts l'un de l'autre malgré la distance, malgré les dimensions qui les séparaient. Elle ne lui répondait pas, appuyée sur son torse, mouillant encore plus sa chemise qu'elle ne l'était déjà. À l'eau du verre qu'il lui avait tendu une minute plus tôt se rajoutait celle salée qui fuyait encore un peu de ses yeux, mais peu à peu, elle taisait cette part de ses sentiments.

Rapidement, Hiyori étouffa ses sanglots silencieux, Shinji lui caressant finalement les cheveux. Elle se laissait d'abord aller au calme que provoquait ce geste, mais les pensées qui se bousculaient violemment dans sa tête ne lui laissaient pas cette chance bien longtemps. Elle se remémorait le passé douloureusement, les bons comme les mauvais souvenirs, tous ces instants cruciaux qui avaient marqué sa vie, alors que Shinji était toujours là pour la supporter. Seulement leur discussion ne cessait de revenir à la charge, l'accablant d'une fureur prête à briser une amitié si précieuse. Ce n'était pas ce qu'elle voulait, loin de là, mais son impulsivité la poussait toujours à parler pour dire des méchancetés qu'elle ne pensait que sur le moment, la faisant regretter plus tard ses mots acérés. Hiyori savait qu'elle pouvait être parfois très cruelle et pouvait sentir que cette discussion mènerait à sortir le pire chez elle.

L'ancienne vice-capitaine se terra dans un silence de quelques instants lorsqu'il la souleva du sol pour la ramener au lit. Elle s'accrochait à lui avec le peu de force qu'elle avait pour ne pas tomber, tremblante de rage et de cette tristesse qu'elle ne voulait pas. Si elle n'avait pas été aussi faible à cet instant, elle aurait aisément repoussé le Vizard et refusé son aide avec violence, mais ce n'était pas une option envisageable dans ces conditions. Elle était pourtant plus qu'énervée contre lui, alors qu'il osait brisé ce qui les unissait depuis si longtemps. Les souvenirs d'un exile difficile et si unifiant à la fois la hantaient, alors qu'elle comprenait que cette époque était terminée et que cette fin mettait à rude épreuve le lien plus que puissant entre les Vizards. Seul le temps pourrait dire s'ils réussiraient à s'adapter à cette nouvelle situation, mais Hiyori doutait fortement qu'elle puisse un jour entièrement pardonner Shinji d'oser ainsi la trahir.

Lorsqu'elle fut reposée sur le matelas, elle détourna la tête, fermant les yeux et se replongeant dans cette colère qui la caractérisait tant. Seulement elle était loin de tout ce qu'elle avait pu ressentir avant. Sa confiance envers Shinji avait toujours été si solide et le voilà qui détruisait tout ce qu'elle lui avait donné au fil des années passées ensemble. Il tentait de s'expliquer, de raisonner son choix, mais elle ne voulait rien entendre, enfermée dans sa rancune sans limite à l'égard des shinigamis. Elle se retourna finalement vers lui pour lui répondre, menée par l'intensité de ses sentiments.

« C'est marrant, tu fonces en plein dedans. J'espère juste que cette fois-ci, tu ne nous entraîneras pas tous avec toi ! »

Elle aurait pu lui cracher au visage, cela n'aurait pas été plus violent que le ton de voix qu'elle utilisait et l'expression qu'elle affichait. Elle le regardait droit dans les yeux, le défiant d'oser défendre ses actions insensées, le défiant d'oser lui dire à elle, de tous, qu'il y avait un raisonnement logique à retourner auprès de ceux qu'elle détestait tant. Il voulait changer le destin des Vizards, alors que sans s'en apercevoir, elle avait accepté la réalité de cette nouvelle vie bien plus qu'elle ne le laissait voir. Elle détestait Aizen de lui avoir tout enlevé, elle détestait le Gotei 13 de les avoir abandonnés, mais elle ne regrettait pas ce qu'ils étaient devenus maintenant et ne voulait pas le changer. Elle était ici chez elle, là où elle devait être. Comment pouvait-elle pardonner à Shinji ce choix qui lui arrachait tout, une fois de plus ? Son opinion ne semblait pas avoir eu d'importance dans sa décision, puisqu'il n'avait pas pris le temps de s'asseoir avec elle et d'en discuter un tant soit peu avant d'accepter d'y retourner. Quelque part, elle était blessée qu'il n'ait pas pris la peine de se confier à elle sur son désir d'y retourner, brisée qu'il ait pu se décider aussi rapidement à les quitter. Et la douleur la poussait à vouloir faire mal, physiquement et émotionnellement, une vengeance immature qui n'apporterait au final aucun réconfort.

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