La sonate au clair de lune (feat Ichigo Kurosaki)
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Sam 26 Déc - 5:25




Il y avait une date, à laquelle la jeune idole de la musique classique, ne faisait jamais allusion. Pourtant, cette date avait été fêtée durant chaque année de sa jeunesse, de manière tranquille et civilisée, comme tous les honnêtes gens de sa riche - mais réduite - famille. Cette date, avait pourtant une signification bien particulière pour elle, elle était si importante, que la jeune femme faisait en sorte de l'honorer dans les règles les plus strictes du rite funéraire chinois. Mais depuis deux ans maintenant, deux ans qu'elle avait emménagé dans cette petite ville japonaise, cette date était encore plus particulière. Elle était devenue sacrée! Ainsi, chaque nuit du 15 au 16 Octobre, Karakura devenait le théâtre d'une cérémonie religieuse vieille de plusieurs siècles, aux étendards de la Chine impériale. La jeune idole se parait des tuniques automnales passées de son pays, et, emportant avec elle un encensoir de bronze prêt à l'emploi, et se rendait au cimetière pour fêter l'anniversaire de Sue-Yong Li, sa défunte mère.

Il y avait une chose de très importante à savoir sur la famille Li. Outre étant désormais une famille presque uniquement composée de grands avocats ou politiciens, et possédant la majeure partie des bâtiments de la ville de Hong-Kong, c'était surtout la dernière famille chinoise ayant vécu sous le règne du grand empereur Shi. C'est pourquoi, les membres défunts étaient normalement enfermés dans le caveau familial, en compagnie des anciens. Mais pas Sue-Yong. Non, cette dernière avait été déchue - malgré l'insistance de sa jumelle Mei-Ling pour la conserver dans le clan - après son mariage avec Minato Kouyama, un vulgaire musicien japonais. C'est pourquoi, lors de l'accident de voiture qui tua son époux, ses amis, et l'emmena sur son lit de mort après son accouchement précoce, elle ne fut pas enterrée avec les autres membres de sa famille, mais au cimetière commun de Karakura. Ainsi, en emménageant dans la ville, Mitsuki se permettait de souhaiter, dignement, un joyeux anniversaire à sa mère.

Et ce soir, en cette nuit du 16 Octobre, Mitsuki allait officier cet anniversaire comme il se doit. Les préparatifs avaient été longs, très longs, mais une fois prête, la jeune idole avait quitté son appartement des quartiers riches de Kasazaki, et s'était dirigée, à pied, vers le Nord-Ouest de la ville. Si de rares curieux s'étaient aventurés dans les ruelles cette nuit, malgré la froidure qui approchait, et les feuilles colorées qui se laissaient glisser du ciel jusqu'à la terre, ils auraient pu apercevoir une véritable princesse chinoise hanter de son pas gracieux, la ville. Sa coiffe majestueuse faite d'argent et composée de saphir et d’aigues-marines semblait rythmer ses pas, les pierres et décorations s'entrechoquant dans un son légers. Ce costume, elle se l’était fait faire par Baby, un couturier avec qui elle avait longtemps travaillé pour les Operas. Elle l’avait commandé le lendemain de son altercation avec la fille blonde aux pouvoirs mystérieux. Et Mitsuki, devenue la représentation même d'un fantôme du passé, laissait brûler l'encens parfumé au jasmin et au camélia sur son chemin, son sillage doucement marqué par ce funeste parfum. Sa marche fut longue, et assez épuisante en soit, pour le cœur fragile de la jeune femme, mais celle-ci savait mesurer ses respirations pour faire en sorte de ne pas trop souffrir. Le vent était frais, mais rien n’aurait pût l‘empêcher de se rendre à l’anniversaire de sa défunte mère et elle parvint enfin sur la colline de Karakura.

Sillonnant entre les diverses tombes, la jeune femme finit par s'arrêter devant un duo de pierres très pâles - Mei-Lin Li avait fait en sorte que ce soit du marbre, par respect pour sa défunte jumelle - et elle déposa entre ces deux-là, l'encensoir de bronze avec douceur. Avec timidité d'abord, puis plus d'aisance, la fumée blanchâtre de l'outil centenaire vint se mêler à la froidure de l'air, rivalisant avec la blancheur éclatante de la lune. Alors, avec une grâce jusqu'à lors inégalée par les autres membres de la famille Li, Mitsuki s'agenouilla dans la fine épaisseur de verdure qui recouvrait le sol, pour faire face à ses deux parents, les pierres de sa coiffe tintant de nouveau dans un carillon enchanteur. Joignant ses mains pâles ornées des bijoux hérités des deux défunts, la jeune femme ferma ses paupières, et entama d'une voix cristalline le chant funéraire en chinois traditionnel. Les pans bleutés de sa tunique semblaient alors se fondre dans l'étendue sombre des lieux, donnant à chaque brise un bruit sec mais étouffé, lui-même entrecoupé des faibles carillons provenant des pierres précieuses de sa coiffe.

<< Shīqùle línghún. Mǔqīn rúcǐ zhēnguì, wǒ jīntiān gěi nǐ zhège xiǎo xiǎo de lǐwù. Nǐ shuí kàn wǒ cóng tiānshàng, tīng wǒ dehuà cái gāo gāoxìng xìng de zhuīqiú zìjǐ de dàolù fùjìn de fú. >>

Une fois les éloges cérémonieuses terminées, elle entreprit d'expliquer les derniers changements survenus dans sa vie à sa défunte mère, toujours en mandarin. Si Mitsuki était désormais plus que fière d'être spéciale, et ce, depuis l'annonce faite par Nemero Vego, elle restait cependant perdue dans le possible usage de ce don qu'elle possédait. Naturellement, elle avait compris pourquoi tant de gens finissaient par aimer sa musique et sa voix de soprano, le don amplifiait son chant, et le micro amplifiait le don, ce qui permettait à ceux qui l'écoutaient, de repartir sereins et libérés de toutes peines. Bien qu'elle l'ait d'abord considérer comme un moyen de tricher, elle s'était finalement rendue à l'évidence, le don était apparu à force de travail considérable sur sa voix, et sa maitrise de l'organe vocal permettait l'usage de ce don avec plus de précision. Ainsi, elle était une artiste capable de rendre heureux les gens de manière naturelle et spirituelle, ce qui la rendait spéciale. Un peu comme l’héroïne qu’elle s’efforçait de devenir sous le titre de Banshee. Oui, c'était cela, là où les autres humains dotés de pouvoirs avaient tendance à se battre contre les hollows, elle, elle pouvait apporter un semblant de bonheur à tous. Un doux sourire vint fleurir sur les lèvres peintes de la jeune femme, qui remercia sa mère pour ce si bon conseil, avant de joindre une dernière prière. L'office enfin terminée, et l'encensoir béni toujours flamboyant, Mitsuki se releva avec délicatesse, prête à rentrer chez elle.

Ses membres, pourtant engourdit par le froid, ne semblaient pas la faire d'avantage souffrir, et son pas, toujours aussi gracieux, résonna dans l'allée funèbre avec une douceur candide, étouffée par le manteau de feuilles étalées sur le sol. Cependant, cette nuit là, contrairement aux autres, serait bien différente en son issue. Glissant sur l’herbe humide, les pans de sa tunique impériale s'humidifiaient peu à peu, et par l'entreprise naturelle du froid, finissaient par geler, c'est d'ailleurs ce qui causa la chute incongrue de la jeune idole de la musique classique, qui dévala la lourde pente qui menait au cimetière. Le souffle brutalement coupé par son choc dorsal, Mitsuki cessa tout mouvement, le temps de calmer la terreur qui l'avait soudain animée, mais aussi les battements effrénés de son cœur. Mais comme les terribles situations n'arrivent jamais seule, alors que la soprano vêtue telle une princesse de l'ère impériale chinoise essayait de reprendre son souffle, l'encensoir roula à son tour jusqu'à elle. L'objet de bronze était resté sur le haut de la pente, mais les tapis de feuilles mortes et humides suffirent pour le faire glisser, et il vint frapper contre le bras droit dénudé- les manches s'étaient relevées dans sa chute - de la jeune femme. Un craquement sonore résonna, suivit par un cri étouffé haut perché. L'épaule  s'était probablement déboîtée et avait été brûlée par l'objet de cuivre, à la douleur première vint s'ajouter la morsure du froid.

Et soudain, des ricanements fortement désagréables survinrent alors.

En proie à une terreur grandissante en apercevant les créatures qui lui faisaient face - Mitsuki sentit son cœur s’emballer- elle n'avait pas chanté, et les hollows avaient probablement faim. Ils n'étaient donc pas inoffensifs, ils étaient même plus que dangereux, et elle, plus qu'incapable de se défendre.  Ils étaient trois, l’un d’eux avait d’ailleurs parfaitement reconnaissable puisque c’était l’immense Crabbe qui avait attaqué le parc le soir de sa rencontre avec la fille blonde à pouvoirs. Vu d’en bas, le hollow était véritablement monstrueux, et elle devait bien admettre que la terreur s’était emparée d’elle. Le second était une sorte de Batracien géant avec une série de pattes supplémentaires, quant au dernier, l’expression de son maque était si cruelle que Mitsuki déglutis avec force. Prise dans sa contemplation macabre - l'être ressemblait à un immense singe noir masqué- ce n'est que la douleur sourde qui la saisit violemment qui ramena la jeune femme à la réalité. Le hollow singe avait posé l'une de ses horribles et lourdes pattes sur son bras déjà meurtrit. Et un nouveau cri déchirant transperça la nuit. Mais le plus affreux, n'était pas l'haleine putride de la créature spirituelle devant son propre visage, clamant qu'elle sentait bon et serait surement délicieuse, ni la douleur infernale qui pulsait dans son bras gauche, bleuit par zone, et couvert de cloques à d'autres. Non. C'était les battements frénétiques et irréguliers de son propre cœur, fragilisé avec la force passée de sa cardiomyopathie. Le pire à venir, était l'infarctus qui menaçait de la frapper elle, petite princesse chinoise, perdue dans l'herbe, esseulée, après une dernière prière.

Elle vivait un véritable cauchemar...

Mais Mitsuki refusait de mourir. Elle n’avait pas survécu à une dizaine d’infarctus pour s’arrêter ici. Elle n’avait pas survécu à l’attaque de ses agresseurs nocturnes pour se laisser faire par des esprits maudits. Non. Elle avait décidé de vivre pour poursuivre la mission que s’était donnée sa mère lorsqu’elle était encore en vie, rendre le monde meilleur. Et il était hors de question qu’un hollow et son cœur se mettent d’accord pour l’éteindre ici et maintenant. Dans une dernière prière à Sue-Yong, Mitsuki serra son poing valide, celui sur lequel reposait l’alliance de sa mère et concentra toute sa douleur et son refus de mourir dans sa voix. Elle hurla avec force, une série de mots sans queue ni tête, mais qui ravivèrent la flamme de contrôle dans les yeux masqués du crabe. Un éclat lumineux s’échappa de la pierre et vint illuminer le hollow, qui repoussa violement le singe, arrachant un nouveau cri à la jeune femme qui sentit son bras être molesté. Le hollow crustacé se plaça alors au dessus d’elle, prêt à la défendre contre ses camarades. Mais si le crabe semblait bien plus fragile que les deux autres, quelque chose de vivant animait sa carapace. Une larme, et cette larme était issue d’un désir ardent, désir qui emplissait désormais l’air de cette nuit d’automne.

La volonté de vivre !

traduction du chinois:
 

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Dim 19 Mar - 3:19




Impondérable et sauvetage

express



Karakura retrouvait peu à peu un semblant de calme suite au dernier événement grave et tragique survenu durant la nuit précédente. Aux différents endroits où avaient eu lieu les meurtres, les sirènes des autorités et des secours avaient fini par se taire avec le départ des véhicules concernés, les corps avaient été respectueusement emmenés et les foules s’étaient dispersées... Seuls vestiges témoins restants de ce qu’il s’était passé : des grosses tâches de sang séché sur le macadam. Des preuves macabres qui allaient aussi disparaître des rues avec le temps et les intempéries, mais pas des esprits. Colère, culpabilité, tristesse, peur... Un flot de sentiments négatifs était toujours fortement présent dans les cœurs, aussi bien dans ceux des individus spéciaux étant plus ou moins au courant des choses spirituelles que dans ceux des habitants lambda qui n’avaient aucune idée de ce qu’il se passait réellement. Désormais, plus personne ne pouvait dormir tranquille à cause de la menace qui pouvait encore frapper à n’importe quel moment et dont on avait déjà conscience de l’étendue des dégâts qu’elle pouvait provoquer... Et encore, ça pouvait devenir pire. C’est en ayant pris tout ça en considération qu’Ichigo avait décidé de prendre les devants, sans même attendre une quelconque décision du Gotei 13, pour pouvoir faire face au plus vite à l’avenir qui s’annonçait grave et funeste : Trouver les Fullbringers en danger et les rassembler, non seulement pour apporter une aide à ceux qui en avaient besoin, mais aussi pour appliquer l’expression « l’union fait la force ».

Seulement, il s’agissait là d’une idée plus facile à imaginer qu’à réaliser. Même si ce n’était pas impossible, ça demandait beaucoup de temps et de moyens, choses que le jeune homme n’avait évidemment pas. Ainsi, il avait décidé d’avant tout chercher après Yukio, ce petit blondinet qui avait fait partie d’Xcution. Pourquoi spécialement lui ? Tout simplement parce que ce gamin pouvait tenter d’user de son influence et de son pouvoir pour dénicher les Fullbringers dispatchés aux quatre coins de la ville, voire plus loin, et les contacter tous en même temps afin de les informer. De plus, il avait les moyens financiers pour dégoter un local en vue d’accueillir le futur rassemblement... Une sorte de QG. Bref, il s’agissait d’une personne qui pouvait s’avérer être un allié très précieux. Bon, la relation entre lui et le rouquin était certes un peu compliquée à cause des histoires en lien avec Xcution, mais le grand dadais était pour sa part passé au-dessus de tout ça et il comptait sur la bonne conscience et l’implication directe du garçon pour que ce dernier accepte de l’aider.

Cependant, il n’était pas si simple à trouver, lui aussi... Et le Shinigami Daikô avait passé la journée à retourner toute la ville en émoi en espérant tomber sur le jeune richard, sans succès. Ce Geek était dans le genre discret et intelligent, il était évident qu’après un tel événement morbide, il se soit assuré une certaine protection en se cachant. C’était normal, mais ça n’arrangeait pas les affaires du protagoniste qui n’était pourtant pas prêt d’abandonner. Il en était hors de question, c’était après tout le seul moyen qu’il avait trouvé pour que son plan puisse fonctionner au mieux. Bref, la nuit était tombée depuis peu et notre bretteur se tenait désormais assis sur le bord du toit d’un immeuble, les pieds dans le vide. Les lumières de la ville se reflétaient dans son regard chocolat encore alourdi par la situation et le deuil qu’il portait, alors que le doux mais frais vent automnal venait de temps à autres taquiner ses mèches rousses et les pans de son ample shihakushô noir. Il s’accordait enfin une petite pause après plusieurs heures de cavale effrénée infructueuse car ses jambes avaient décidé de montrer leur ras le bol en s’engourdissant. Enfin, « infructueuse » était un bien grand mot, car il avait pu en même temps repérer les autres victimes du massacre et sentir dans leur plaie fatale le même type de trace énergétique que celle retrouvée sur le corps de sa défunte camarade de classe. Ça confirmait ainsi la plupart de ses réflexions et renforçait par le même coup ses craintes... Mais, ça ne changeait en rien ses ambitions, bien au contraire.

Encore quelques minutes et il allait reprendre les recherches avec la même motivation, la même vigueur, même si son corps lui hurlait dessus de se reposer. Pour toutes ces victimes et leurs proches, pour toutes ces personnes menacées, il devait faire tout son possible pour qu’un tel désastre n’ait plus jamais lieu. Cette pensée paraissait être comme une utopie, mais il voulait y croire et s’y accrocher... Tout comme pour sa promesse faite sur la tombe de sa mère, celle de protéger le plus de monde possible pour que plus personne n’ait à souffrir comme lui. Un profond et lent soupir franchit ses lèvres à peine entrouvertes tandis qu’il tentait d’étirer et de détendre ses muscles endoloris. S’il avait usé que de ses jambes pour courir, ça aurait été, mais le fait d’avoir voulu user à tout bout de champs du Shunpo l’avait bien plus épuisé et ça se répercutait sur l’ensemble de son métabolisme. Heureusement, il était du genre à récupérer assez vite. Aussi, il put se décider à se remettre en route au bout de quelques minutes comme prévu, se relevant alors de son perchoir de qualité. Il fallait dire que ce dernier était l’un des plus hauts du quartier, si ce n’était de la ville, et que ça offrait au jeunot une vue imprenable sur une bonne partie du coin. Il faisait complètement nuit et la lune se montrait sous son aspect le plus complet dans un ciel clair et étoilé qui gouvernait Karakura pleinement recouverte de lumières multicolores provenant des rues et des habitations. Sans doute un décor enchanteur, mais dont il ne pouvait se permettre d’admirer plus longtemps. Il s’avança d’un pas, ce qui était suffisant pour se laisser aller dans le vide dans une chute vertigineuse. Il toléra bien une descente d’une hauteur équivalente à une vingtaine d’étages avant de se créer une plateforme spirituelle dans les airs sur laquelle il se réceptionna parfaitement. Il se propulsa aussitôt en avant avec un autre Shunpo et créa de nouveau un support avant de trop perdre en altitude. Il répéta l’opération plusieurs fois pour continuer sa progression dans les airs alors qu’il comptait chercher encore un bon moment car la nuit était encore jeune.

Subitement, il ressentit l’apparition impromptue de plusieurs reiatsu de nature Hollow. Il sourcilla gravement et marqua un bref arrêt sur un lampadaire afin de discerner la provenance de ces énergies, pas trop menaçantes à en juger de leur intensité, mais il fallait tout de même en purifier les possesseurs avant de penser à quoique ce soit d’autre car ils pouvaient faire un carnage. Ah, les impondérables... Heureusement, ce n’était pas loin de sa position, ce qui était un plus pour pouvoir intervenir rapidement. Vers le Nord, donc... Il se détourna alors de son itinéraire improvisé pour se diriger dans la direction des visiteurs non désirés. Dès lors, il s’aperçut que ça provenait de la rue en pente raide menant au cimetière, ce qui le fit tiquer. À cette heure-ci et en pleine nuit, qui pouvait aller traîner par là ? Parce que oui, là où il y avait apparition de Hollow, il y avait repas à proximité. Sérieusement, avec ce qu’il venait d’arriver, ce n’était vraiment pas prudent de se promener dans les rues le soir...

Quoiqu’il en soit, le fil de ses pensées s’interrompit quand il entendit un hurlement féminin déchirant semblant vouloir dire quelque chose mais il n’y comprit rien si ce n’était de la détresse, et le second qui survint témoignait de la souffrance. Elle était donc en danger et blessée de surcroît. Raison de plus pour se magner le train en vitesse. Il arriva ainsi en trombe sur les lieux où il constata la présence de trois Hollow basiques, l’un ressemblant à un énorme crabe, l’autre à une grenouille avec plus de pattes qu’il n’en fallait, et le dernier à une sorte de singe géant. Une vraie ménagerie. Il chercha de son regard vif la personne en danger et il repéra rapidement une silhouette couverte d’un ample tissu bleuté au sol sous le gros crabe. Pas le temps d’observer davantage la scène ou de prendre en considération quoique ce soit, il fallait agir et vite. Dans un dernier déplacement éclair, il empoigna sa fidèle arme et la ôta de son dos en laissant le ruban se défaire et en dirigeant la pointe de la lame vers le sol, la poignée maintenant tenue à deux mains. Il atterrit ainsi sans prévenir sur le crâne du crustacé en question qui luisait étrangement en lui transperçant le masque de plein fouet dans un craquement osseux violent à faire grincer des dents. L’attaque fut fatale et elle provoqua aussitôt le début de disparition du monstre. Le rouquin sauta alors de son perchoir avant que ce dernier ne disparaisse complètement en particules noires qui se perdirent dans les feuilles volantes d’automne.

Ses pieds retrouvèrent ainsi la dureté du béton pour faire face aux deux autres affreux, la femme sauvée maintenant en sécurité derrière lui. Il n’attendit pas pour enchaîner en bondissant vers le batracien qui essaya aussitôt de l’attraper. Le Hollow ne put y parvenir car ses membres, bien que nombreux, se firent trancher en deux comme du beurre, avant que le corps tout entier ne subisse le même sort en un geste de la part de son adversaire. Retrouvant à nouveau le sol avec un genou posé dessus, l’adolescent sentit l’approche dangereuse du singe furax et bien plus puissant que les deux autres et il lui envoya un croc lunaire rapide en un revers ascendant avant que sa gueule horrible ne l’atteigne. Le flot d’énergie bleu alla se perdre dans le ciel nocturne tandis que l’épéiste se redressait en rebaissant son imposante arme dont le tranchant embrassa le bitume dans un lourd claquement métallique. Il soupira finalement discrètement par le nez, ses épaules s’affaissant un peu, avant de se tourner à demie vers la jeune femme pour voir si elle allait bien, même s’il savait qu’elle n’était pas indemne à en juger du deuxième hurlement qu’elle avait poussé...


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Lun 20 Mar - 3:11




La jeune femme était toujours allongée sur le sol, sur le dos, mais si son bras avait été libéré, il était toujours démit, et la douleur se propageait dans ce dernier avec des pulsions fortement désagréable jusque dans son buste. Le bout de ses doigts était crispé, tremblant, son souffle rapide et saccadé, un rythme qu’elle ne connaissait que trop bien, un rythme qui la terrifiait depuis la première fois qu’il l’avait saisit. Toute son énergie partait dans l’initiative de se protéger, mais son cœur refusait d’entendre raison, son corps se raidissait peu à peu, et des larmes d’horreur coulaient sur ses joues, traçant des sillons rosés sur sa peau de porcelaine. Elle se sentait partir, sa vue, floutée par les larmes, était désormais constellée de taches de couleurs, et ça l’effrayait tout autant. Même si son cœur était fragile, elle ne pouvait pas se permettre de mourir, pas maintenant, pas aujourd’hui, ni demain. Elle avait encore tout un tas de chose à faire ! À commencer par suivre les pas de sa mère et apporter le plus de joie possible à ceux qu’elle croisait…Elle ne voulait pas mourir…

Le hollow au dessus de sa tête ne parvenait pas à la défendre plus que cela, il se faisait écrasé lui aussi, et ce, malgré toute la volonté qui l’animait. Elle avait beau compter les gammes, son chant était trop faible, sa puissance quasi nulle, sa maitrise du don ne servait à rien en plein infarctus. Elle n’arrivait pas à faire les deux, elle ne pourrait rien faire… Juste… attendre… Sa fin. Elle avait lutté pendant prés de cinq ans, en vain… Elle n’aurait même pas atteint ses dix-huit ans… Elle en aurait rit si sa voix ne s’était pas tarit depuis quelques temps déjà, et si le souffle ne lui manquait pas. Peu importe les moyens, peu importe les cachets… C’était son dernier infarctus, les médecins l’avaient dit, alors au diable son bras blessé, au diable la brulure, au diable les Li’s… Ils avaient eut ce qu’ils voulaient finalement. La tache sur leur arbre généalogique allait s’éteindre, et se serait définitif, personne ne serait là pour lui procurer un massage cardiaque… Personne pour la pleurer non plus, à par peut-être Oshige, ou sa tante, et encore… Ces dernières ne pleureraient que le souvenir qu’elle représentait. Sa main gauche, crispée sur l’herbe et déchirant les feuilles mortes commença à se relâcher lentement. Elle n’avait plus de force…

Mitsuki observa une dernière fois la lune, si belle et éclatante, Chang’E… Sa déesse gardienne d’après sa mère sur les vidéos filmées d’avant sa naissance. Déesse de la lune et du foyer, protectrice des cœurs… Sa mère lui avait donné un nom japonais, mais la signification était la même que si elle s’était appelée Yuelang, pleine lune, comme la divinité de sa culture. La jeune héritière voila son regard, laissant couler de nouvelles larmes, alors que la douleur s’intensifiait dans sa poitrine… Sous ses paupières closes, une vision s’imposa, floue, incertaine, maussade. Un regard. Ce regard, qui la hantait depuis des mois. Lui non plus, elle n’aura pas eus le temps de l’aider, peu importe ses tentatives pour le retrouver. Un souhait pourtant futile se forma dans son esprit, elle voulait emporter sa peine dans la mort, même si elle ne le connaissait pas. La culpabilité s’imprima douloureusement sur son visage, si seulement elle avait pu l’aider, même… juste lui apporter l’esquisse d’un sourire avec une maladresse de sa part. Elle aurait tout donné pour faire quelque chose à son égard. Mais désormais… C’était trop tard… Les yeux toujours clos, ses dernières pensées allèrent pour le porteur de ce regard si douloureux, des excuses à son adresse.

Du moins elle cru que ce seraient les dernières.

Quelque chose sembla soudain la déchirer dans le dos, il y eut un bruit terrible, et l’air disparu, tout comme la douleur en un instant. Il n’y eut plus rien. Le crabe au dessus d’elle commença à disparaitre en particules sombres. Il s’écoula alors une seconde, avant que son cœur ne se remette à battre, presque normalement, quoiqu’un peu vite. L’air revint, la douleur dans son bras et son épaule aussi. Les sensations affluèrent, elle avait froid et l’herbe était encore bien humide sous son dos. Comment ? Que s’était-il passé ? Son cœur s’était remit à battre normalement, comme si quelque chose l’avait soudainement calmé de force… Comment ? Pourquoi ? Le hollow qui la protégeait n’était plus là, et elle se sentait étrangement vide. Avec son bras gauche, elle parvint à se redresser légèrement, se tournant plus ou moins pour essayer de comprendre. Une silhouette vêtue de noir et armée d’une immense lame exécutaient les deux autres hollows qui l’avaient attaqué. Le batracien se fit découper en petits bouts sans ménagement, et cela fit frissonner avec force la demoiselle. Mais lorsqu’un flot d’énergie bleue vint quitter la lame du combattant pour venir déchirer le monstre puis le ciel, l’horreur prit place sur son faciès pourtant si doux au naturel.

Mitsuki se redressa comme elle put, aidée de son bras gauche encore en état, et sans cesser de fixer cette silhouette de dos, elle tenta de se reculer puis de se relever. Le bras droit pendant légèrement en arrière, tremblant et inutile, elle parvint malgré tout à s’écarter de la zone de combat, le souffle encore court et le regard vif et brillant. Elle avait faillit mourir ce soir, ce sentiment de perdre pied était toujours ancré en elle, et soudainement, tout s’était arrêté. Si elle ne savait pas pourquoi, la présence de ce shinigami ne la rassurait en rien. L’arrancar qu’elle avait rencontré quelques semaines plus tôt avait eut beau lui dire qu’il faisait partie de la mauvaise espèce et que les shinigami étaient là pour protéger les âmes, sa culture disait le contraire. Un shinigami, un faucheur d’âme. Un de ces monstres terribles qui hantaient ses cauchemars depuis qu’elle savait pour leur existence. L’héritière n’aimait pas ce qu’elle voyait, elle le craignait même, et elle rampa légèrement en arrière, comme pour s’enfuir loin de cet individu terrible en noir. Cependant, elle se sentait faible, et elle n’était toujours pas capable de se relever. Elle était sauvée, pas besoin d’attendre une seconde mort, il fallait qu’elle s’en aille au plus vite !

S’écartant d’un mètre supplémentaire en rampant, elle essaya de faire fonctionner correctement tous ses membres, mais ces derniers étaient encore aux abonnés absents, tremblants, faibles. Elle aurait dû prendre du repos, se coucher, attendre que ça se calme, car son cœur était bien fragile de cette attaque, mais elle n’y arrivait pas. Tout son être lui criait de bouger au plus vite avant de se faire trancher en deux comme les malheureux hollows présents. Elle déglutit avec difficulté, la bouche sèche et le souffle encore très court et douloureux, il fallait qu’elle se relève, au plus vite. Qu’elle quitte les lieux, peu importe la manière, qu’elle rentre chez elle et que le cauchemar s’arrête enfin. Se mettant à genoux sur le sol en tournant sur elle-même, son visage en direction du monstre vêtu de noir pour le garder bien en vue, elle tenta de se redresser sur ses jambes frêles et à moitié dénudées.

La tunique de soie ne couvrait pas totalement ces dernières, décorées de dentelles sur les cotés et fendues pour laisser libre court à ses mouvements. Le bras ballant, elle parvint à se mettre debout, et les perles et pierreries de sa coiffe tintèrent alors qu’elle fixait avec froideur et crainte le shinigami… Elle ne savait pas qui il était, elle voulait juste partir, mais elle ne comptait pas le perdre de vue tant qu’il serait sur place. Il avait l’air tellement rapide… Elle n’avait probablement que très peu de chance, mais le souffle lui avait été rendu, et il était hors de question qu’elle l’expire une seconde fois dans la soirée. Elle recula d’un nouveau pas, prête à se remettre en route vers les rues de la ville, lorsque le monstre se tourna de moitié vers elle. Et son cœur pourtant fragilisé sembla s’arrêter l’espace d’une seconde. La froideur devint de l’incompréhension, et la crainte de la douleur. Son regard saphir s’écarquilla de stupeur alors qu’elle reculait d’un nouveau pas, son bras valide tenant le blessé contre son buste. Ce n’était pas possible, impensable ! La réalité ne pouvait pas être aussi cruelle ! Pourquoi ? Non ! Elle ne voulait pas ! Ce n’était pas possible ! Interdit ! Il n’avait pas le droit !


En face d’elle… Le porteur du regard. Il était là… Et à présent… Ces traits lui revenaient en mémoire, ses yeux en amendes, sa peau légèrement halées, ses sourcils froncés, sa chevelure retombant en pagaille sur son front, à la limite de son regard… Cette douleur imprégnée dans l’iris malgré ce masque plus ou moins neutre. C’était comme si le monde venait de l’écraser, le monde, ou lui ? Lui ou ce regard ? Pourquoi ? Elle n’arrivait même plus à bouger, figée devant cet homme… Ce monstre ? Elle ne savait pas, plus. C’était comme faire face à la pire créature qui soit cachée sous son lit et découvrir qu’elle avait le visage d’un proche… Elle voulait partir, se mettre à courir jusque chez elle, se réveiller dans son lit, découvrir que tout cela était faux. Les faucheurs ne pouvaient pas souffrir autant, ce n’était pas normal ! Et pourtant c’en était bien un, n’est-ce pas ? Elle n’en avait vu que de loin, elle les fuyait, terrorisée à l’idée qu’ils la cherchent.

D’ailleurs, le fait qu’il soit un faucheur n’était pas possible, pas vrai ? Elle l’avait vu dans un uniforme, elle s’en souvenait de ça ! Elle était persuadée que c’était un étudiant, alors pourquoi ??!! Mitsuki voulu crier, poser ses questions, dire quelque chose, n’importe quoi, mais que cela fasse fuir cet individu sinistre. Sauf que son corps refusait désormais de bouger. Elle tremblait, fébrile, sur ses jambes couvertes de feuilles mortes et d’humus, son souffle court, le cœur battant, et le regard mitigé. C’était horriblement frustrant. Elle ne pouvait pas supporter la vue de ces êtres vêtus de noirs et fauchant les âmes au vol, et pourtant, si sa réflexion lui disait de partir en courant et de le haïr au même titre que tous les autres… La seule et unique chose qu’elle avait été capable de faire, s’était révélée de croiser son regard et de le lire une nouvelle fois. Évidemment, elle y avait vu la même peine, la même douleur, quoique plus forte encore, et l’étrange sentiment de vouloir l’aider à tout prix se manifesta de nouveau dans son âme. Au fond, elle était maudite, n’est-ce pas ? Incapable de bougée, figée et en larmes devant un parfait inconnu découpant les âmes et les hollows en un coup.

Que Bouddha ait pitié d’elle…



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Mer 22 Mar - 15:19




Stay calm


Le vent frais d’automne continuait de souffler de temps à autres, emportant avec lui à chaque fois quelques feuilles jaunies jonchant le sol ou parsemant encore les arbres, ces derniers étant déjà quasiment nus et rendus ainsi comme chétifs avec le joug de la saison. Heureusement, il ne pleuvait pas et l’air était dépourvu de toutes traces d’humidité, ce qui rendait le temps moins propice aux maladies récurrentes de cette période de l’année. Il n’y avait même pas un seul nuage pour cacher ne serait-ce qu’une étoile parmi toutes celles tapissant la voûte céleste. Avec ça, les lampadaires éclairaient timidement les rues avec l’aide de la lumière blanche naturelle produite par l’astre lunaire. De ce fait, l’obscurité de la nuit était suffisamment repoussée pour que chacun puisse évoluer à sa guise au sein de la ville sans problème. Ichigo avait voulu profiter de ces circonstances favorables pour poursuivre ses recherches encore quelques temps, mais tout ne pouvait pas toujours se dérouler comme il le voudrait...

En fait, trois affreux intrus venus d’outre monde avaient décidé de faire une escale dans le Gensei et avaient bien évidemment choisi Karakura comme destination de première classe. Il fallait dire que la ville était le nombril du monde réel en termes de reiatsu présent dans l’atmosphère et c’était ce qui la rendait si spéciale aux yeux des entités spirituelles. Du coup, pour les individus normaux, l’endroit était le théâtre de Poltergeists fréquents causés par l’action des Hollows et des Shinigami. Les samurais vêtus de noir faisaient de leur mieux pour cadrer le secteur et faire oublier subtilement aux gens les différentes choses qui pouvaient sortir de l’ordinaire pour eux, leur offrant ainsi une vie tout à fait normale, comme si rien ne s’était passé. Bon, souvent, les souvenirs remplaçants les éléments compromettants n’avaient aucun sens ou étaient exagérés, mais ils ne pouvaient pas choisir la nature du nouveau souvenir et c’était le mieux qu’ils pouvaient faire car il était difficile d’expliquer la création soudaine d’un énorme trou dans le mur d'une maison. Imaginez la panique générale si la population apprenait l’existence réelle de créatures invisibles et carnivores pouvant frapper n’importe quand avec une force inouïe... C’était bien mieux de faire croire que la voiture de papa est devenue une crêpe métallique à cause du passage d’un tank plutôt que d’un Hollow à tronche de porc, non ?

Bref, le trio de monstres avait jeté son dévolu sur une personne qui se trouvait dans la rue en pente menant au cimetière commun et ce, malgré l’événement morbide de la nuit dernière qui avait de quoi dissuader plus d’un de sortir de chez lui. Même si le rouquin avait été déjà en train de faire quelque chose de très important tout en étant épuisé et pas d’humeur, il restait un des protecteurs autoproclamés de la ville et il avait été proche du lieu d’apparition des gueules de porte-bonheur. Il s’était donc porté volontaire sans hésitation pour intervenir et mettre fin à leur existence de bouffeur d’âmes et donc leur permettre de réintégrer le cycle de réincarnation en passant par la case Soul Society, tout en secourant l’agressée dont il avait d’ailleurs à peine distingué la silhouette et la couleur de la tenue en arrivant. Les pauvres masqués n’avaient pas fait un pli face au bretteur qui avait déjà abattu des bien plus gros et plus puissants qu’eux auparavant, ils n’avaient donc eu aucune chance de s’en tirer. Leurs cris de souffrance et de colère avaient ainsi cessé pour laisser de nouveau le silence nocturne régner dans la rue.

En somme, l’adolescent avait agi sans se ménager en ignorant délibérément son état de fatigue assez prononcé. Certes, il s’était reposé quelques instants, mais c’était loin d’être suffisant pour récupérer de toute sa journée mouvementée. Sa respiration était ainsi devenue quelque peu lourde et recherchée, ses tempes s’étaient mises à perler un peu de sueur et ses jambes avaient commencé à trembler légèrement de faiblesse sous l’effort brutal qu’il avait dû faire pour venir le plus rapidement possible. En plus, inutile de se le cacher, mais le fait de se mettre la pression pour trouver au plus vite Yukio et accomplir ainsi son idée tout en devant continuer de veiller sur la ville en plus de gérer sa vie normale, le tout avec le poids du deuil sur la conscience, faisait qu’il en avait gros sur la patate. Il était donc épuisé physiquement, mais aussi mentalement... De quoi mettre à rude épreuve n’importe qui, même lui. Pourtant, il tenait à maintenir le cap le plus longtemps possible, parce qu’il se le devait, il n’avait pas d’autre choix. S’il se relâchait avant sa limite, il allait s’en vouloir plus tard et il allait peut-être y avoir en plus des mauvaises conséquences. À vrai dire, l’idée même de fatiguer et de devoir bientôt lever le pied l’agaçait. Il se surmenait bien de trop... Tout comme il endossait trop de choses seul... Même s’il avait demandé un peu d’aide à son amie Inoue pour gagner du temps et ajouter un plus au projet... Parce que oui, compter Ishida parmi eux allait être bénéfique.

Ce fut donc en toute connaissance de cause que le jeune homme avait décidé de tenir encore un peu... Histoire de s’assurer que la personne secourue était hors de danger et d’ensuite rentrer chez lui pour se pieuter directement. Il comptait bien reprendre les recherches à la première heure le lendemain matin car persévérer davantage dans son état actuel ne ferait que le clouer au lit pour de bon et il aurait tout gagné. Aussi, concernant l’inconnue en détresse, vu le premier cri survenu, c’était sûr que la pauvre allait avoir besoin de nouveaux souvenirs pour remplacer ceux-là parce que sinon, bonjour le traumatisme... Mais ça, l’orangé ne pouvait pas le faire, il n’avait pas l’outil pour ça. Il allait falloir laisser ça à l’autre Shinigami en charge de Karakura. Ensuite, le deuxième cri était typique de quelqu’un qui avait reçu une blessure sérieuse. Elle était blessée, il n’y avait pas de doute là-dessus, et maintenant que les trois compères étaient purifiés, il pouvait s’attarder sur elle sans se soucier de quoique ce soit d’autre tout de suite. Ce fut pour cela qu’il s’était détourné à demie pour enfin voir celle qu’il avait sauvée juste à temps avant que le pire n’arrive… Et le pire, inutile de dire ce que c’était. Cependant, ce qu’il vit était loin d’être aussi prévisible qu’il ne l’avait pensé...

Avant d’en parler, il faut se dire que des rencontres fortuites et vraiment atypiques, Ichigo en avait déjà vécu des tonnes et souvent dans des situations vraiment particulières. Il devrait donc en avoir pris l’habitude et pourtant, à chaque fois, c’était comme une nouvelle expérience. Une nouvelle personne, un nouveau visage, de nouvelles circonstances, une nouvelle réaction, une nouvelle sensation... Impossible de prévoir la chose et de s’y faire. Là, encore une fois, il ne sut comment réagir dans l’instant, vraiment. Il fut saisi. La personne était effectivement une femme, une jeune femme, probablement du même âge que le lycéen, sûrement pas plus. Elle arborait une longue chevelure couleur chocolat attachée et décorée à l’aide d’ornements ostentatoires se résumant à de l’argent et des pierreries pendantes et teintant comme un carillon à chaque brise... Pierres qui, à vue de nez, étaient des saphirs et des aigues-marines. La tenue, comme la coiffure, était typiquement du style de la Chine impériale, faite de soie vue la légèreté du tissu au vent, dans des teintes de bleu et le tout bordé de dentelles. C’était malheureux de voir que le vêtement avait été sali et abîmé... Mais, ça demeurait une tunique magnifique d’un autre temps très coûteux, il n’osait imaginer le nombre de zéro pour l’achat d’un habit et d’accessoires pareils. Elle était une fille d’un milieu vraiment aisé pour pouvoir se balader avec ça sur le dos... Mais, que foutait-elle seule et par ici dans un accoutrement pareil ? Avait-elle été accompagnée pour ensuite se retrouver seule au moment de l’attaque ? Revenait-elle du cimetière ? Il y avait un encensoir de bronze encore fumant à terre non loin d’elle, un objet pour les cérémonies, dont celles funèbres...

Évidemment, ce n’était vraiment pas sur ça qu’il s’attardait vraiment. Elle se tenait à peine debout, maintenant contre elle son bras gauche qui avait un angle bizarre depuis l’épaule, le tissu retombant laissant voir un bout de brûlure superficielle sur l’avant-bras. Le fait qu’elle était blessée était donc avéré, il fallait l’amener à l’hôpital... Par contre, il ne bougea pas de suite, car il constata une chose qui le fit se figer. Ce regard qu’elle avait... Un regard aussi profond et bleu que l’océan, écarquillé et troublé par une peur viscérale, une peur ébranlant tout son être déjà tremblant et s’étant reculé d’un pas dès qu’il s’était tourné vers elle. S’il pouvait penser que c’était à cause de cette attaque de Hollow, il élimina rapidement cette option de son esprit... En effet, il s’aperçut qu’elle pouvait le voir, car les deux perles saphir brillantes de larmes étaient plongées dans son regard d’ambre désormais en proie à l’incompréhension. Effectivement, maintenant qu’il était focalisé sur elle et qu’il avait été rendu curieux, il pouvait sentir la présence de reiatsu dans sa personne... Une Fullbringer... Lui qui les cherchait, voilà que le destin jouait avec lui en ne lui permettant pas de trouver le blondinet, mais en lui soumettant à la place un des nombreux Humains à pouvoirs qui pouvaient traîner dans les environs. Il aurait pu en être ravi, s’il ne se sentait pas être l’objet d’une frayeur sans nom. Pourquoi avait-elle peur de lui s’il venait de la sauver d’une mort certaine ? Parce qu’il s’était montré brutal ? Parce qu’il faisait peur de nature avec son air rustre et son épée aussi large que lui ? Parce qu’elle était encore sous le choc d’avoir fait face à trois créatures laides de compétition et de s’être vu mourir ? Parce qu’elle rencontrait pour la première fois des êtres spirituels ? Ou bien était-ce plus profond que ça encore..? Il l’ignorait, mais ils ne pouvaient pas rester là à se regarder comme deux statues se faisant face avec des expressions dignes d’une tragédie grecque.



Relax, je te ferai pas de mal. Je suis là pour t’aider, ok ?


Il s’était pleinement tourné vers elle et avait légèrement levé la main gauche durant sa prise de parole, comme pour signifier un besoin de contrôle de la situation, qu’il ne voulait pas qu’elle bouge de là, comme on ferait avec un animal sauvage blessé et apeuré. Il avait l’impression qu’elle pouvait se sauver à tout moment en hurlant à en perdre la voix, ou même s’évanouir sèchement. Il fallait calmer le jeu avant de tenter quoique ce soit. Déjà, il devait anéantir tout signe de danger ou d’agression. Alors, tout en gardant la main gauche à peine dressée vers l’avant à hauteur de son bassin, il entreprit de remettre Zangetsu en son dos dans un geste lent et mesuré, laissant le ruban se reformer sur la lame pour recouvrir celle-ci entièrement comme un fourreau de substitution tout en accrochant le tout à la sangle rouge. Peut-être aurait-il dû plutôt poser le Zanpakutô au sol... Durant la manœuvre, son regard toujours emprunt de gravité et de douleur cachée mais se voulant rassurant restait rivé sur la jeune femme. Il se faisait compréhensif, mais il souhaitait aussi faire preuve de franchise en son attitude pour la mettre en confiance. Il n’était pas doué, mais il faisait de son mieux. Elle avait clairement besoin d’aide, encore fallait-il qu’elle accepte la sienne...


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Mer 12 Avr - 0:25




Elle n’avait pas bougé, elle en était purement incapable, perdue dans cet amas de sentiments lourd, dans la détresse, la frustration, la colère, la peur. Elle avait mal aussi, un peu, et c’était probablement ce qui la tenait encore éveillée et capable de réfléchir. Une douleur physique pour palier à celle morale qui venait de la saisir. La personne qui lui avait fait comprendre qu’elle ne devait pas s’arrêter, peu importe la décision de la mort à son sujet et le refus des médecins de l’aider en cas d’infarctus, était l’un de ceux qui fauchait les âmes comme la sienne. Si le destin était cruel, il était aussi plein d’humour, et si elle n’avait pas été là en train de pleurer, terrifiée par la personne qui lui faisait face, elle en aurait rit amèrement. De ce rire autrefois si hautain qu’elle utilisait contre les journalistes et ceux qui la disaient trop impure pour prendre la tête du clan. Mais ici, il n’y avait plus qu’elle, elle, et lui, ce traitre… Elle s’était fourvoyée pendant plusieurs mois, persuadée de devoir le retrouver et tout faire pour lui apporter un semblant de joie avec ses chansons… Et en fait, il faisait parti de son cauchemar quotidien.

Pourtant, à présent figée, elle se rendait bien compte qu’il lui était impossible de le haïr autant que ses congénères monstrueux. Alors oui, elle avait toujours cette envie folle de pleurer, mais ce n’était pas uniquement la cruauté de la vie qui lui faisait cet effet là. C’était ce regard si douloureux, cet individu dont elle sentait la peine jusqu’ici comme si elle était sienne… Non pire, comme si cette douleur l’écrasait toute entière et qu’elle n’était rien au milieu de cette force. Une fleur de lune au milieu d’un ouragan terrible. Mitsuki tenta de reprendre une respiration convenable, parce qu’elle ne pouvait pas rester devant cet homme sans bouger et attendre que le pire ne se produise, même s’il souffrait le martyr et qu’elle désirait l’aider. Pour autant, à présent qu’elle le voyait vraiment puisqu’il s’était totalement tourné vers elle, il y avait des signes supplémentaires qui apparaissaient… Il n’était pas juste plongé dans une douleur intense, tout son corps était épuisé, il avait des cernes incroyables sous les yeux, les mains crispés, le cou ou la mâchoire serrée. Sa terreur viscérale envers les shinigami disparu totalement à son égard en une nouvelle seconde.

S’il continuait ainsi il allait s’écrouler et ne plus se relever…

Si elle s’était sentie détaillée de la même manière qu’elle l’avait fait avec lui, elle n’arrivait toujours pas à bouger, pire, elle sentait de nouvelles larmes poindre dans ses yeux. Mais ce n’était plus l’horreur qui les animait, c’était autre chose, de très déplaisant, mais qui avait aussi eut lieu lorsqu’elle l’avait croisé pour la première fois. Une empathie monstre qu’elle ne contrôlait pas et qui l’étouffait sans retenue. Le regard saphir suivit la gestuelle du jeune homme avec attention, hésitant, il avait levé la main à plat, à hauteur de son bassin tout en parlant. Et sa voix l’avait elle aussi choquée. Perdu entre les basses et les barytons, grave mais chaude, en soit, elle était rassurante, tant par son timbre que par les propos qu’il tenait et ça, ça ne l’était pas du tout. Il lui disait de se calmer, qu’il ne lui ferait pas de mal et était là pour l’aider… L’aider à trépasser ou pleurer de nouveau toutes les larmes de son corps ? Parce que de ce coté là, et sans vouloir l’offenser, elle n’avait pas besoin de son aide ! Elle avait l’impression d’être un animal sauvage en face de lui, et qu’il essayait de l’amadouer avec des friandises, c’était bizarre…

Il garda sa main à hauteur du bassin, et l’autre, qui tenait l’immense lame noire luisant de violence, vint reporter l’arme dans son dos, et un ruban blanc vint s’enrouler autour comme un serpent. Ça aussi, c’était véritablement anormal. Mais en soit, est-ce que quelque chose dans ce monde était normal ? Elle avait découvert que toutes ces choses qu’elle voyait depuis son enfance n’étaient pas des gens en costumes ni des serf-volants immenses, que c’étaient des âmes en souffrances, polluée par un sentiment douloureux qui ne les quittaient plus et qui les forçaient à manger les autres, c’était l’un d’eux qui lui avait dit, après qu’elle l’eut couvert de farine… Puis elle avait rencontré Gaël, ce français qui l’avait sauvé avec des armes surnaturelles, un peu comme son don mais en plus dangereux, et il avait dit qu’ils étaient nombreux à posséder des pouvoirs et… Cette fille rousse, qui l’avait limite agressée alors qu’elle n’avait fait que vouloir protéger les deux âmes présentes dans le parc… Certes, l’une d’elle était devenue perfide mais ce n’était pas une raison pour la faire souffrir !

Et enfin… Ce matin… les morts… Tous ces gens comme elle… elle les avait sentit disparaitre dans l’air… Et cette fille blonde avec des couettes… Elle avait eut l’air agressive, mais elle avait surtout enquêté sur les lieux… Le plus effrayant avait été de se dire que les meurtres avaient eut lieu juste en bas de chez elle… Et qu’elle aurait très bien pu faire partie des victimes nommées aux informations. Plus rien n’était normal à présent, et si elle s’attendait presque à croiser une femme serpent ou un sorcier, elle passait son temps à se remettre en question depuis sa rencontre avec Nemero Vego. Mais l’individu qui lui faisait face… peu importe sa nature finalement, elle savait qu’il souffrait, elle le sentait jusque dans ses entrailles, dans sa poitrine, où son cœur battait toujours très vite. Et même s’il était un shinigami, elle ne pouvait pas rompre la promesse qu’elle avait faite à son égard, elle devait lui rendre le sourire, sinon… Sinon… ça n’avait plus de sens…

Les tremblements de son corps avaient plus ou moins cessé, même si la douleur était toujours belle et bien là. Elle parvint à détourner le regard, les joues roses et les yeux saphirs encore larmoyants, elle ne savait pas quoi faire. À présent plus ou moins calmée, le plus impressionnant venant de cet individu… N’était pas juste son regard… mais les vibrations constantes qui émanaient de lui. Comme si trois instruments totalement différents jouaient en harmonie… Il y avait de l’orgue… vibrant avec une violence incroyable comme cette fillette étrange qu’elle avait plus ou moins informé dans la matinée de la veille. Mais ce n’était pas tout, en fond, il y avait une sorte de… de spacedrum très haut perché et… Et elle avait l’impression qu’à cela s’ajoutait un très léger vibrato sur corde. Et tout cela… débordait autour de lui comme une aura imposante sur l’onde paisible d’un lac immense. Et finalement, si elle aurait dut en avoir encore plus peur, cela ne fit qu’accentuer son empathie.

Mitsuki prit sur elle, il fallait écraser sa terreur et la douleur, ce n’était pas compliqué, réciter les gammes mentalement, s’apaiser lentement avec une respiration calme et rythmée. Là, elle finit par bouger un peu, se mettant plus droite que précédemment pour lui faire face. Le masque de froideur désintéressée se peignit lentement sur son visage, bien que peu crédible vu l’expression qu’elle avait eut plus tôt, mais si elle devait mourir et apporter un maigre sourire à cet homme– peu importe l’ordre de ceci – Elle se devait de le faire dignement. Après tout, elle était ce que l’on aurait pu appeler une petite princesse chinoise, future héritière du clan Li, la moindre des choses serait de faire face à son destin, aussi cruel et moqueur soit-il… « Je… j’ignore qui vous êtes, ou même ce que vous êtes mais… Si je puis me permettre, vous êtes loin d’attiser la confiance au premier regard… » Sa voix, loin d’être froide, était apparue fragile, lointaine, presque éthérée et timide. Elle se mordit très légèrement la lèvre inférieur, n’osant plus réellement croiser le regard de celui qui l’avait sauvé possiblement pour mieux la tuer ensuite.

Elle ne voulait plus se sentir aussi mal que précédemment, même si elle savait, ne serai-ce que par sa présence, qu’elle souffrirait probablement à vie de ce contact. « Cependant… Hmm… Merci… de m’avoir sauvé la vie… » Un bon début… Elle le remerciait d’avoir vaincu ces hollows, même si elle craignait d’être la prochaine sur sa liste. Elle inspira longuement, toujours craintive, avant de dire, d’une petite voix encore plus fragile et inquiète quant à ce qui allait se produire ensuite : « Vous dites vouloir m’aider mais… Mais à moins que vous n’ayez des pouvoirs de guérison, je doute que vous puissiez faire grand-chose pour moi… »  Est-ce qu’elle osait lui dire  ce qu’elle voyait ou pas ? Il était tout de même armé, et même s’il était peut-être sincère dans sa proposition de l’aider, ça ne faisait jamais plaisir à qui que ce soit ! « Surtout que… Que de nous deux… J’ai plutôt l’impression que c’est vous qui êtes souffrant… Sans vouloir vous offenser… »

Elle avait clairement l’impression que ce n’était pas le genre de discours à tenir devant une personne armée ainsi, surtout qu’il venait de détruire trois monstres, et qu’il n’avait pas l’air d’aller bien du tout. Le regard toujours fuyant, elle s’était arrêté au bas de son visage, ainsi, elle donnait l’impression de le regarder, mais ne croisait plus son regard douloureux.  « Je… J’aimerais faire quelque chose pour vous… En échange… » Elle avait l’air de nouveau terrorisée… Mais c’était normal, n’est-ce pas ? Il pouvait très bien exiger sa vie en échange… Ou du moins, sa souffrance… ? Non, c’était stupide, s’il l’avait sauvé, ce n’était pas pour la tuer ensuite. Mais c’était un shinigami, qui souffrait probablement le martyr, pour elle ne savait qu’elle raison… Sauf que toutes les légendes n’étaient pas forcément vrai… Celle des shinigami pouvait très bien être la version japonaise… Et le faucheur en face d’elle, aussi monstrueuse était sa nature… Elle voulait le voir sourire, peu importe le prix.



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Lun 1 Mai - 0:45




Let me help you


La nuit était maintenant bien avancée et la ville se faisait ainsi de plus en plus endormie. Cela faisait qu’il y avait peu à peu de moins en moins de risque pour que les deux protagonistes du moment soient gênés par un quelconque curieux de passage, surtout dans une rue qui menait tout droit à un cimetière. En plus, personne de sensé ne voudrait traîner dehors ou laisser ses enfants sortir en sachant qu’un massacre ciblé de grande envergure était survenu la veille et que les coupables étaient toujours en cavale tout en étant inconnus de tous sauf pour quelques individus concernés par le domaine spirituel... Sans oublier que les victimes défuntes de cet événement morbide et tragique n’étaient pas encore enterrées au dit cimetière. Pourtant, il y avait bien cette fameuse jeune femme qui, malgré tout ça, s’était promenée dans le coin jusque là seule dans un accoutrement ostentatoire couteux d’un style étranger, telle une ingénue... Une ingénue qui avait payé le prix de son insouciance avec la violente visite de trois âmes corrompues et affamées.

Si tomber sur ce genre de cas n’était pas banal de base, la situation s’était avérée quelque peu compliquée et le rouquin avait bien compris qu’il allait devoir attendre encore un peu pour pouvoir aller se reposer comme il le méritait... En effet, lui qui avait juste voulu s’assurer rapidement que la personne agressée était maintenant en sécurité pour ensuite rentrer chez lui piquer un bon roupillon et pouvoir ainsi reprendre sa mission le lendemain aux aurores, il avait constaté avec stupeur que l’intéressée était non seulement une de ceux qu’il recherchait tant, à savoir une Fullbringer, mais elle était en plus blessée et apparemment traumatisée comme il l’avait si bien deviné auparavant... Cependant, il s’était aperçu que la crainte ne provenait pas ou plus de la précédente attaque des Hollows, mais plutôt de sa présence. Bien que ce soit étrange d’avoir peur de son sauveur, même s’il fallait reconnaître qu’il avait l’air un peu menaçant au premier abord avec ses sourcils perpétuellement froncés, son arme imposante et son reiatsu mal maîtrisé, il était plus qu’évident que dans de telles circonstances, il ne pouvait pas partir en la plantant sur place, peu importe dans quel état il était. Pourtant, son corps lui hurlait avec force en permanence son besoin de récupérer des efforts effectués durant toute la journée. Cela se manifestait de différentes façons comme la sueur visible sur son visage, les tremblements légers faisant vibrer ses membres inférieurs et le souffle lourd qui franchissait péniblement ses lèvres. Tous les symptômes de fatigue sévère étaient là pour dénoncer sans retenue sa condition physique, bien qu’il faisait tout son possible pour l’ignorer et endosser ce qu’il s’était chargé lui-même de faire à tout prix. Avec ça, il surmontait autant que possible son état mental ravagé par le deuil, les responsabilités pesantes, les doutes, la culpabilité, les appréhensions et le manque de temps pour agir... Toutefois, son regard noisette en amande demeurait profondément marqué par toutes ces choses hantant son esprit sans relâche. En bref, il avait le profil du type anxieux atteint d’une déprime refoulée et se crevant à la tâche à la limite de s’écrouler. Heureusement qu’il était très endurant...

Mais, quoiqu’il puisse arriver, le cas de la jeune femme était présentement devenu une priorité. La pauvre était bien amochée, tétanisée et en pleure, le regard marqué par la terreur ou comme si elle avait réalisé une chose choquante. Le Shinigami Daikô s’était senti mal d’être la source d’un tel malaise et il avait alors entrepris sans attendre de la rassurer comme il le pouvait avant tout, mais rien ne garantissait que cela fonctionne un temps soit peu. Il avait vraiment la sensation que la situation lui échappait malgré lui et... Une minute, c’était lui ou elle avait maintenant comme un air attristé ? Il le réalisait tout juste après avoir rangé son Zanpakutô... Il aurait pu penser que c’était à cause de la douleur des blessures qu’elle avait reçues ou bien à cause des nerfs sous l’influence de la peur qu’elle ressentait, mais l’origine de cette peine semblait différente de tout ça... Oui, il pouvait l’affirmer en jaugeant l’expression du regard qu’elle lui adressait... Il eut du mal à comprendre sur le coup... Qu’est-ce qu’il se passait dans la tête de cette brunette ? Se pourrait-il... Qu’elle se soit rendu compte qu’il n’était pas bien ? Bon, c’était évident qu’elle avait vu qu’il était physiquement bien atteint, il fallait vraiment être aveugle ou idiot pour ne pas le capter, mais on ne montre pas non plus ce genre de regard quand on voit quelqu’un de simplement éreinté. Non... C’était plus profond que ça, c’était comme une peine partagée... De l’empathie, comme il pouvait souvent éprouver, même envers un ennemi. Le plus perturbant était qu’ils ne se connaissaient pas, alors comment pouvait-elle faire preuve d’empathie à ce point sans même savoir ne serait-ce qu’un peu de chose de ce qu’il traversait, surtout après s’être faite aussi terrorisée à sa vue ? Ça n’avait pas de sens... Peut-être qu’elle avait un souci à la cafetière ? Remarque, vu comment elle se trimballait seule en ces temps troublés...

Que ce soit le cas ou non, Ichigo ne devait pas faire n’importe quoi. Il devait s’atteler à la calmer, faire taire cette panique incompréhensible... Ainsi que cette étrange souffrance émotionnelle... Déjà, il avait bien vu qu’elle essayait de se reprendre en main. Sa respiration était devenue un peu plus régulière, le corps mince et fragile avait cessé de trembler. C’était un bon début si elle faisait aussi des efforts pour se reprendre, mais ce qu’il ne comprit pas était l’attitude qu’elle adopta un court instant alors qu’il rebaissait lentement sa main jusque là maintenue dressée dans le vide devant lui. En effet, le regard bleu toujours larmoyant de la Fullbringer se mit à fuir le sien et il lui sembla que les joues de celle-ci prirent une teinte un peu plus rosée. Sur une peau de porcelaine, c’était assez voyant. Allons bon, à quoi pensait-elle maintenant ? C’était comme une forme de gêne... C’était quoi son problème ? Ces questions se manifestèrent une fois de plus dans l’esprit du jeunot quand l’inconnue lui offrit dès lors un visage neutre et blasé tout en corrigeant sa posture pour se tenir parfaitement droite. Ce genre de tronche, il ne l’avait que trop épluché en côtoyant Byakuya et Rukia... La tronche du type adoptant un comportement limite hautain et désintéressé, feignant de montrer quoique ce soit de ce qu’il pouvait réellement penser en cachant ses émotions... Si elle avait eu cette attitude dès le début, il n’aurait pas été plus chiffonné que ça, il se serait juste dit qu’il était tombé une fois de plus sur une personne venant d’un milieu pompeux, même si c’était sûrement le cas vu les vêtements qu’elle arborait... Mais, agir comme ça après avoir montré de la peur, de la tristesse et de la gêne, c’était... Stupide, et même inutile. Elle se voilait complètement la face après avoir tout laissé voir. Jouait-elle un rôle ? Dans quel but ? Lui faire croire que tout ce qu’il avait vu chez elle avant était fait exprès pour le tromper ? Ou bien le prenait-elle juste pour un con ? Super...

Finalement, elle rompit son silence, néanmoins contrairement à son apparence, sa voix s’était faite cordiale et limite timide, lointaine. Oui, donc elle s’efforçait de jouer un rôle pour paraître bien et respecter un certain standing... Cela dit, il ne s’étonna même pas du début de la réplique, tellement ça devenait... Habituel. Ils ne se connaissaient pas, certes, mais voilà encore une Humaine à pouvoirs qui ignorait ce qu’était un Shinigami. Bon, c’était bien pour ça aussi qu’il voulait trouver les Fullbringers, non ? Pour les informer... Ensuite, il était déjà conscient qu’il faisait peur au premier abord, il avait déjà eu le tour avec un Plus tout juste sauvé qui s’était planqué derrière la cadette Kuchiki quand il s’était approché. Il soupira ainsi doucement quand elle le remercia tout de même d’être intervenu sans pour autant le regarder dans les yeux.



De rien, m-...


L’adolescent se tût instantanément quand elle reprit la parole d’un air encore plus hésitant et limite apeuré. Il n’osait pas l’interrompre alors qu’elle avait du mal, dans tous les sens du terme. Il reporta ainsi son regard sur la brûlure et l’épaule démise de son interlocutrice quand elle évoqua le fait qu’il ne pouvait rien faire pour elle s’il n’avait aucun don pour la guérison. Ce n’était pas faux... Enfin, en partie. Elle ignorait qu’il pouvait faire autre chose pour elle que la guérir, mais il avait toujours son paternel qui était le toubib du quartier... Et plus près encore, il y avait l’hôpital général de la ville dirigé par le père Ishida. Même en étant sous sa forme spirituelle, il pouvait y mener directement la blessée sans problème vu que le directeur était de ceux que l’on pouvait grossièrement qualifier de « spéciaux ». Par contre, il était un Quincy et... Rah, l’habit ne fait pas le moine, c’était impossible qu’il soit mêlé aux meurtres. Sinon, ça voudrait dire qu’il fallait se méfier de tous les Shinigami aussi si jamais un groupe d’entre eux venait à répandre le sang ? Spéculer n’avançait donc à rien, même si prudence était mère de sûreté.

Puis, il se figea à ce qu’elle finit par dire alors qu’il considérait encore ses propos précédents. Il sourcilla gravement tandis qu’il ne parvenait toujours pas à croiser le regard de la rescapée. Pas possible... En étant blessée et dans tous ses états, elle parvenait à essayer de faire croire qu’il était en pire état qu’elle ? Bon, ça dépend de quel point de vue on se place, mais elle n’avait pas à faire comme si elle allait bien ! C’était un comble... Jusqu’à quel point elle avait réussi à lire en lui ? Bon sang... Et voilà qu’elle proposait de faire quelque chose pour lui en échange du sauvetage... Alors qu’elle était de nouveau terrifiée. Elle croyait qu’il allait la bouffer ou quoi ? Nan, elle ne pensait quand même pas qu’il allait l’abattre aussi si elle ne lui rendait pas service ? Genre, achever ses souffrances ? Mais... Mais... C’était encore plus stupide qu’essayer de faire croire qu’elle n’avait rien ! Il vint à relever sa main gauche pour se frotter les yeux et se pincer l’arête du nez un instant... Histoire de se recentrer et de se dire qu’il n’hallucinait pas.



Écoute... Je sais qu’on se connaît pas et que j’inspire pas confiance vu d’ici, mais... Crois-moi, je ne suis pas ton ennemi, d’accord..? Alors, commence déjà par te détendre parce que tu me mets mal à l’aise... J’ai l’impression d’être un monstre, alors que je suis le Shinigami en charge de cette ville... Enfin, je suis que Shinigami Daikô, mais mon boulot est le même : je protège les vivants et les âmes en purifiant les Hollows, les affreux qui t’ont attaquée...


Le bretteur passa sa main à son front pour chasser une goutte de sueur qui le chatouillait en chutant. Il sentait bien qu’il arrivait à sa limite... Effectivement, il cherchait un peu son souffle entre chaque phrase et ses jambes tremblaient de plus en plus, il devait s’asseoir avant qu’elles ne le lâchent sans prévenir. Son reiatsu rebelle subissait également des baisses d’influences, un peu comme une diode alimentée par des piles quasiment nazes. Et malgré tout ça, il restait focalisé sur ce qu’il disait, repoussant toujours plus le moment d’aller se reposer pour pouvoir aller au plus urgent... Selon lui.


Je suis un peu fatigué, mais toi, t’es salement blessée... Alors oui, j’ai aucun pouvoir de guérison... En revanche, je peux t’amener très rapidement là où tu pourras être soignée... Et t’informer de certaines choses très importantes...


Il soupira de nouveau comme maudissant son état qui le forçait à aller à l’essentiel sans rien détailler... Ce qui n’était pas très convaincant en soit. Aussi, il décida de finir sa prise de parole en optant pour une réplique ayant plus pour but de persuader plutôt que convaincre comme il venait d’essayer de faire jusque là.


Du coup, si tu veux vraiment me rendre service... Laisse-moi t’aider...


À présent, le lycéen espérait qu’elle ne fasse pas la forte tête et qu’elle ne se barre pas en le plantant là. Il n’ignorait pas que faire confiance au premier gars qui se présente était difficile, lui-même se méfierait à sa place... Mais sinon, comment pouvait-il prouver sa bonne foi ? Si seulement il ne s’était pas autant surmené, il aurait un peu plus pris le temps de parler au lieu d’abréger... Parce que là, il avait l’impression de pouvoir s’écrouler à tout moment... Sa vue commençait même à lui jouer des tours en vrillant et se floutant un peu de temps à autres. Il devait encore tenir...


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Dim 14 Mai - 19:14



Il existe toujours plusieurs versions d’une histoire. En fonction de ceux qui la racontent, des lieux où elle a été conté, ou encore de ceux qui l’ont écouté. Ancrée dans des croyances lointaines de la chine impériale, l’esprit encore innocent de la chanteuse s’était perdu dans les récits que Nemero Vego avait tenté de conter à cette dernière pour lui expliquer les règles qui régissaient ce monde. Si elle en avait conclut que la nature ne faisait pas l’identité d’un individu en apprenant que l’arrancar ne lui voulait aucun mal, elle en avait oublié l’essentiel. Les shinigami n’étaient pas ceux de ses légendes. Ils n’étaient pas ces monstres sanguinaires faucheurs d’âmes que l’ont apercevait dans les dernières heures de vie. Les histoires sur eux en Chine étaient fausses, mais cela, elle l’avait oublié. Torturée par sa faiblesse cardiaque, l’idée de vouloir l’oublier pour qu’elle cesse d’exister avait été renforcée par ses croyances, et le fait de voir les shinigami de plus en plus nombreux dans les parages l’avait conforté dans son hypothèse. Alors, persuadée qu’ils venaient pour elle, la peur avait été renforcée au quintuple.

Mais elle avait tord.

En face d’elle, tentant désespérément de tenir debout sans paraître épuisé, se trouvait l’un d’eux. Plus encore, il était celui qu’elle avait aperçu sous les traits d’un étudiant plusieurs mois auparavant et dont le regard chocolat et douloureux s’était ancré au fond de son âme avec la férocité d’un poignard. Il avait été son rappel à l’ordre chaque fois qu’elle avait baissé les bras et s’était laissé distraire par le désespoir. Elle avait eut des doutes oui, parce qu’avec son arme aussi tranchante, il pouvait très bien la faucher comme les blés, mais finalement, rien de tout cela n’arriverait. De plus, les secondes défilaient, emportant avec elle le peu de force qu’il semblait conserver encore. Pourquoi se tuait-il à la tache ? Pourquoi semblait-il lutter contre son propre corps ? Pourquoi son regard était-il toujours si douloureux, si ce n’est plus ? Elle l’ignorait. Et peu importe les raisons, le temps, la maladie, une seule et unique volonté s’était forgée en son esprit, elle voulait le voir sourire, plus que tout. Toute son âme criait à l’intention de cet inconnu, et elle ignorait les raisons de ceci…

Plus que de la simple compassion, puisqu’elle ignorait tout de ce jeune homme jusqu’à même son nom, l’empathie la rendait totalement vulnérable à ce dernier, et sa seule volonté surpassant tout le reste, était de le voir sourire pour de vrai. Faire disparaitre toute la peine, l’horreur et la douleur qu’elle lisait dans son regard. C’était son but, sa dévotion. Elle avait retrouvé un sens à sa vie en croisant son regard la première fois, elle s’était rappelé que les gens méritaient d’être heureux, que la souffrance pouvait être apaisée, et son chant pouvait y aider. Elle s’était souvenue du pourquoi elle chantait, non pas pour ressembler simplement à sa défunte mère, mais bien pour poursuivre son œuvre. Rendre ce monde un peu plus lumineux, peu importe que la mort vienne la faucher trop tôt. Après réflexion, elle ne vivait toujours pas assez, il y avait tant de personne autour, ne serait-ce que dans cette ville, qui avait besoin de sourire un peu, de savoir qu’ils pouvaient se libérer de leurs fardeaux et être enfin heureux. Et sans le rouquin qui lui faisait face, elle aurait abandonné cette mission et se serait simplement laissé mourir dans l’appartement de son père.

À présent, elle était calme, résolue. Son cœur s’était ralentit jusqu’à atteindre un rythme normal, mais si elle tremblait encore, ce n’était désormais plus à cause de la peur. Ignorant encore la réalité sur la nature des shinigami, elle s’était faite une raison, et désormais, seule la douleur qui se propageait de son bras jusqu’à son épaule droite la secouait de spasmes. Le masque n’avait plus non plus de raison d’être, et son visage reprit une expression très douce, bien que lasse. Il répondit alors, après un soupir, à ses remerciement, mais elle l’en avait plus ou moins empêché en poursuivant, et diverses émotions s’étaient lus sur son visage. Surprise, perplexité, presque du déni. Il était de plus en plus atteint, et la gestuelle qu’il fit ensuite le prouva, il se frottait les yeux et se pinçait l’arête du nez, il cherchait sa concentration. Ce qui, contrairement à la logique, inquiéta encore plus la chanteuse de l’état de son sauveur/faucheur.

Il prit enfin la parole, disant que même s’ils ne se connaissaient pas et qu’il n’inspirait pas confiance, il n’était pas son ennemi. Qu’elle devait se détendre parce qu’elle le mettait mal-à-l’aise. S’il savait l’état dans lequel elle s’était trouvé la première fois qu’ils s’étaient croisé, peut-être n’aurait-il pas dit cela, mais vu le regard de ce dernier ce jour là, il était clair qu’il n’avait rien vu du tout, brisé. Elle se mordit la lèvre inferieur lorsqu’il se traita lui-même de monstre en expliquant que c’était là la sensation qu’elle lui donnait avec ses mots, et Mitsuki culpabilisa. Il n’avait pas besoin de ce genre d’impression avec ce qu’elle entrevoyait en son regard, et pourtant, elle la lui infligeait sans le vouloir. Et puis… Il y eut la révélation. Sa peur l’avait aveuglée au point d’oublier la vérité. Les propos de Vego lui revinrent en mémoire, les shinigami étaient plus ou moins les gentils, ceux qui protégeaient les âmes fragiles des hollows, celles qui étaient putrides. Il le lui avait dit, et le jeune homme le rappelait ici aussi, elle s’était fourvoyée… Ils étaient des humains avant tout, des gens avec des pensées, des émotions… de la joie et… de la souffrance.

Elle baissa alors la tête, coupable. Elle l’avait pourtant dit à cette fille rousse aussi, elle apaiserait toutes les âmes… Mais en craignant stupidement les shinigami pour des croyances anciennes, elle en avait possiblement privé certain de son don. Elle s’insulta mentalement, et sa main gauche, tenant toujours son bras meurtrit pour ne pas qu’il bouge se crispa sur ce dernier alors qu’une grimace marquait désormais son visage. Ce n’était pas juste la douleur, c’était un tout. Si le terme Daikô lui était inconnu, il l’avait remit en cause une seconde fois. Elle le vit à peine bouger, gardant la tête basse et observant du coin de l’œil le jeune homme tremblant, écoutant ses propos en silence, la culpabilité l’ayant frappée avec autant de force que lorsqu’elle avait comprit qu’il était le jeune homme qui hantait son esprit par la douleur qu’il subissait. Les vibrations d’énergies qu’il causait semblaient elles aussi trembler, elle les entendait frémir, comme un jeu saccadé sur des instruments désaccordés.

Il poursuivit, et ces mots lui firent immédiatement relever la tête vers lui, plantant finalement, après l’avoir fui pendant plusieurs minutes, son regard dans le sien. L’inquiétude se lisait dans les saphirs plissés et encore brillants. Blessée ? Ce n’était rien, elle n’avait rien, une épaule démise et une brulure, rien que le temps ne pouvait pas apaiser suite à des soins corrects, et la douleur était plus que minimes à coté de son dernier infarctus. Alors oui, ça faisait mal, et son corps en tremblait quelque peu, mais elle ne souffrait pas autant, son regard n’était pas constamment marqué par la douleur, la culpabilité, la peine, l’angoisse ou l’incertitude. L’emmener rapidement là où elle serait soignée ? Et-ce qu’il parlait de ce déplacement instantané comme celui qu’avait fait Gaël et qui l’avait épuisé ? Si c’était le cas – et elle en était plus que certaine en fait. – Elle le refuserait. Il était déjà dans un état proche de l’évanouissement, hors de question qu’elle l’accable un peu plus…

Le soupir qu’elle entendit finalement lui fit voiler son regard, quand bien même il poursuivait en essayant de la persuader que c’était le mieux. Oui et non. Pour elle peut-être, pour son corps fragile oui, mais pas pour lui, ni pour la rassurer non plus. Mitsuki se mordit de nouveau la lèvre, les yeux de nouveau libérés de ses paupières cherchant dans les parades une solution. Que devait-elle faire ? Elle était blessée oui, et il voulait l’aider pour ça, mais lui, souffrait en silence, et elle ne désirait qu’une chose, l’apaiser. Il serait stupide de l’abandonner là, et en un sens, c’était totalement contraire à ce qu’elle voulait. Sa décision fut prise avant même que sa respiration ne soit terminée, et elle fit quelques pas en direction du jeune homme, le regard bas. Lorsqu’elle fut face à lui, l’audace avait disparue, mais pas sa détermination, et elle releva de nouveau la tête pour croiser son regard. Le sien était partagé entre deux fortes émotions, l’inquiétude et la culpabilité, et elle lui répondit enfin.

« Je suis désolée… On me l’avait pourtant expliqué mais, de là d’où je viens, les shinigami son considérés comme porteur de la mort je… J’aurais dû réfléchir… Je suis désolée… Je ne voulais pas vous blesser, ni vous mettre mal-à-l’aise… » Elle avait conservé le vouvoiement, et sa voix, toujours éthérée, s’était faite plus douce, elle regrettait amèrement de s’être perdue de vue, même si cela n’avait été que pour quelques semaines… Sa main gauche encore intact délaissa le bras blessé et elle amorça un mouvement dans sa direction, effleurant à peine du bout des doigts la joue du shinigami avant de se rétracter, bien que restant en suspend dans l’air. Il était matériel, ça c’était sûr, mais cela confirmait une seule et unique chose, son épuisement et sa souffrance l’était aussi… « J’accepte votre aide… » Ce qu’elle fit ensuite allait probablement perturber le rouquin, quand bien même elle n’avait aucunement conscience de la portée de ses actes.


Sa main toujours en suspend dans les airs vint se glisser dans la sienne, remontant jusqu’au poignet qu’elle saisit et maintint en place avec le peu de force qu’elle possédait dans le bras. Sa peau était chaude, un peu moite, et si la froidure de l’automne avait refroidie les siennes, cela n’avait pas altérer son sens de l’observation. Son annulaire était placé sur son pouls, et elle savait très bien compter. Il ne tiendrait pas plus longtemps… « Mais à condition que vous vous reposiez au moins cinq minutes avant toute chose… Je ne suis pas aveugle, alors je ne vous laisse pas le choix. » Son regard s’était fait sûr, déterminé, alors qu’elle tirait sur ce poignet vers le bas pour l’entrainer avec elle sur l’herbe. Il n’y avait pas de banc dans les parages, alors elle se contenterait de ça pour le moment, même s’ils risquaient tous deux de tomber malade. Pour le reste, son bras lui faisait mal, mais ce n’était pas le principal à ses yeux. Elle était tout aussi têtue que son sauveur… Même si elle ignorait toujours tout de ce jeune homme, son seul et unique désir était qu’il aille mieux…

Même si ça voulait dire lui tenir tête.


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Dim 21 Mai - 22:16




Just a little break


Quand on est prêt à protéger corps et âmes des vies et des principes moraux, il faut se préparer à affronter de nombreux adversaires tout en devant endosser de lourdes responsabilités. Cependant, parmi les ennemis que le rouquin pouvait se faire, il y en avait un qui n’était pas fait de chair et de sang et encore moins de particules spirituelles puisqu’il s’agissait d’une notion, à savoir le temps en lui-même. Ce dernier était même présentement devenu le principal désagrément auquel il devait faire face, d’abord parce qu’il ignorait le délai dont il disposait pour mettre son plan à exécution avant la plus que possible prochaine attaque des Quincys meurtriers, ensuite parce que chaque secondes qui défilaient étaient comme des gros grains de sable s’empilant un à un de manière inextinguible sur le dos du jeune homme, rendant de plus en plus difficile le simple fait pour celui-ci de tenir debout. Il était épuisé à cause des efforts qu’il avait faits tout au long de la journée et c’était à présent grâce à son unique volonté qu’il parvenait à encore tenir sur ses jambes tremblantes de faiblesse... Mais, ça n’allait évidemment pas durer...

Avec ça, il n’y avait pas que la situation qui était compliquée : il y avait aussi cette fille en elle-même. Terreur, tristesse, calme, gêne, stoïcisme… En l’espace de quelques instants, elle avait réussi à jongler entre ces divers états émotionnels qui n’étaient pas forcément cohérents entre eux, comme s’il y avait eu plusieurs personnes en une qui s’étaient contredites et succédées. Ce fait s’était avéré très déstabilisant pour le jeunot qui avait cherché une certaine logique dans ce comportement très atypique. Heureusement, il avait quand même pu obtenir quelques réponses au fur et à mesure des répliques qu’elle avait prononcées et de l’attitude qu’elle avait adoptée en même temps. Il avait bien compris que la terreur avait été due à la crainte qu’il lui fasse du mal, peut-être à cause de son apparence ou de ce qu’il avait été capable de faire aux Hollows, et ce fut pour cela qu’il avait avant tout voulu grossièrement expliquer son job de Shinigami Daikô. Ensuite, il avait réalisé que la tristesse avait été due à une forte empathie pour ce qu’il endurait physiquement et mentalement... C’était certes hallucinant de voir quelqu’un exprimer un tel ressenti envers une personne inconnue qui l’effrayait, mais cette peine n’avait pas l’air d’avoir été simulée et peu importe ce qu’il aurait pu dire à ce moment, ça n’aurait pas pu s’arranger tant qu’il n’aurait pas été mieux... Et même s’il aurait fait semblant de se sentir mieux, il était tellement atteint que ça aurait été inutile et même ridicule... Enfin, concernant la gêne survenue lors du regain de calme suite à ces deux états, il avait fini par déduire qu’elle avait dû avoir honte de son attitude... Ça expliquerait pourquoi elle avait aussitôt voulu se faire impassible : pour se rattraper et paraître digne... Sans réel succès car la peur avait en fin de compte repris rapidement le dessus lorsqu’elle s’était mise à parler. Quel bordel ça devait être dans ce pot de yaourt faisant office de crâne... En fait, selon la croyance populaire, les femmes étaient compliquées... Oui bah, en voilà un bel exemple ! Ichigo avait dû rassembler toute sa concentration malgré son état pour pouvoir répondre au mieux et mettre un terme à cette mascarade. S’il avait réussi ? Pas tellement...

En fait, il s’était fait franc comme à son habitude, mais avouer son propre ressenti vis-à-vis de la peur qu’elle avait éprouvé envers lui, sans réussir à pleinement cacher sa fatigue, n’avait pas été judicieux et il le réalisait qu’après... Oui, même crevé, il pouvait encore jauger son interlocutrice, et cette dernière n’était pas restée de marbre durant sa prise de parole entrecoupée de soupires et de petites pauses pour lui permettre de reprendre son souffle et de se recentrer dans ses dires. En effet, bien qu’elle paraisse à peu près calme de nouveau, elle avait d’abord longuement baissé la tête, puis elle l'avait subitement relevée vers lui pour le fixer droit dans les yeux, pour enfin dissimuler son propre regard derrière ses paupières... Ainsi, il pouvait globalement deviner à ces réactions que, certes, elle avait été stupéfaite à un moment sans qu'il sache trop pourquoi, mais surtout qu’elle culpabilisait et s’inquiétait encore plus désormais. Est-ce que c’était mieux qu’être terrorisé ? Allez savoir... Au moins, il était sûr qu’elle l’écoutait, mais est-ce qu’elle était prête à aller en son sens pour autant ? Dans tous les cas, il ne pouvait que croiser les doigts pour qu’elle accepte son aide sans faire attendre car le sol n’allait pas tarder à devenir son pieu sans son consentement...

Bien que devenu un tantinet vrillant et vitreux, le regard noisette du bretteur put alors apercevoir la jeune femme s’approcher de quelques pas. Elle n’avait plus peur, c’était certain maintenant, même si ce regard bas signifiait sans doute une certaine hésitation. Il espérait que ça veuille dire qu’elle était malgré tout consentante à saisir cette main tendue vers elle. Ainsi, lorsqu’elle fut face à lui, les yeux bleus toujours aussi emprunt d’inquiétude et de culpabilité, il retint un très bref moment son souffle. C’était douloureux pour lui de voir une telle expression sur le visage d’une femme, mais c’était sans doute ces émotions qui participaient en bien à la prise de décision chez elle... Moment de vérité... Ou pas... Elle ouvrit la bouche pour d’abord s’excuser et avouer qu’on lui avait déjà expliqué ce qu’était un Shinigami... Mais, qu’à cause de ses origines, elle s’était entêtée à penser qu’ils n’étaient bon qu’à apporter la mort. Ok, et est-ce qu’ils bouffaient des pommes aussi en tenant un petit carnet..? Non, mais des fois que... Plus sérieusement, ses origines... C’était quoi ? ... En repensant à ses vêtements, était-elle chinoise ? Son accent japonais était pourtant normal... Bizarre... Et au fait, qui avait pu l’informer ? ... Le mystère demeurait entier... Cela dit, elle culpabilisait bel et bien pour le fait qu’il s’était senti mal à l’aise avec tout ça. Quel idiot. Tant pis... Mais ce qui suivit manqua de lui faire perdre toute logique...

Cette main jusque là crispée sur le bras meurtri se mit à effleurer un instant la joue du jeune homme, sans que quoique ce soit de suspect n’ait filtré auparavant pour prévenir de ce geste délicat et inattendu. Du coup, l’intéressé se fit totalement stupéfait et troublé, son regard sourcillant en conséquence, sans que son corps n’ose bouger... Soit à cause de la surprise, soit à cause du manque de vigueur... Mais, le fait était là, il se laissait faire. Éprouvait-elle tellement d’empathie et/ou de culpabilité que ça la poussait à vouloir le réconforter..? Peut-être... En tout cas, ce fut en retirant à peine sa main qu’elle accepta son aide. Doux lit, doux oreiller, chaleureuse piaule, tout ça n’était plus très loin... L’adolescent s’imaginait déjà y sombrer. Non, pas encore. Il fallait d’abord amener la blessée à l’hôpital ou chez lui... Un dernier petit effort, Ichigo !

Puis, comme si ça n’avait pas été assez, la brunette qui avait sa main encore en l’air vint à guider cette dernière jusque dans celle du Shinigami Daikô. Pas encore rendu complètement amorphe, l’orangé fut gagné par de légères rougeurs à cette action un peu spéciale, surtout entre une fille et un garçon. À quoi jouait-elle à présent ? Elle ne comptait quand même pas se laisser guider par la main, quand même ?! La dite main vint ensuite glisser vers le dessus de sa semblable, toujours en la tenant... Alors là, il ne comprenait plus rien... Une minute, elle voulait le traîner elle-même ?! C’était tout à fait possible vu son inquiétude grandissante pour lui. Hey, elle ne devait pas inverser les rôles ! C’était lui qui venait l’aider, pas l’inverse ! Merde, il perdait pied à force de s’imaginer n’importe quoi pour rien... Il perçut cependant quelques mots... Elle parlait de se reposer un peu avant, non ? Qu’elle n’était pas stupide et qu’elle l’obligeait... De manière floue, il chercha des réponses dans les perles saphir qui le scrutaient avec attention... Toutes émotions négatives s’en étaient envolées... Maintenant, il n’y avait que de la détermination, sûrement le fruit des sensations qu’elle avait ressenti et des échanges qu’ils avaient eu. Dans tous les cas, il se sentit soudainement attiré vers le sol. Ah voilà, son corps le lâchait. Non, en fait, c’était cette inconnue qui tirait sur son bras pour le faire s’asseoir et impossible pour lui de résister. Ses jambes fléchirent aussitôt et il manqua presque de tomber sèchement sur le cul. Il eut tout juste assez de fierté, assez de force, pour ne pas se laisser choir comme une merde et ainsi s’asseoir à peu près normalement, mais ce fut le dernier effort qu’il fournit. Il ne bougea pas une fois fait... Même s’il le voulait, ses guiboles faisaient la grève sur le tas, pas adeptes des heures supplémentaires.



Ok... Cinq minutes... Pas plus...


Le rouquin avait dit ça plus pour lui qu’autre chose, mais il s’était résolu à obéir à la condition qu’elle lui imposait... Néanmoins, l’air de rien, la sensation de soulagement l’envahissait complètement, se traduisant par un soupire profond. C’était enivrant... À la limite, il avait presqu’envie de carrément s’allonger dans l’herbe... Mais, c’était une mauvaise idée car il menacerait de s’endormir. Tout ça pour dire que, finalement, un peu de repos était le bienvenu... Même si ça voulait dire laisser la rescapée avec ses blessures telles quelles encore quelques temps. Mais, que pouvait-il y faire dans l’immédiat, si elle et son propre corps étaient contre l’idée de bouger maintenant ? Il reprenait un peu ses esprits, ces derniers s’étant de plus en plus embrumés jusque là... Et il réalisa qu’elle lui tenait encore la main. Il tiqua alors, de nouveau un peu gagné par la gêne, et il récupéra son membre dans un geste lent, mais sûr. Il ne voulait pas offenser la jeune femme... Toutefois, il voulait faire comprendre qu’il n’était pas très tactile... Il ne la connaissait pas, en plus. D’ailleurs... C’était un souci à régler, ça... Bon, quitte à attendre qu’il récupère un peu, ce qui n’allait pas traîner vu qu’il était du genre à se remettre très vite, autant faire causette... Ça aiderait un peu à faire penser à autre chose, aussi bien pour lui que pour elle.


Je m’appelle Kurosaki Ichigo... Et toi..? Tu t’appelles comment..?


Il avait tant de choses à lui dire, aussi... Mais, bourrer le crâne de cette pauvre fille maintenant n’était pas nécessaire... Pour ce soir, le lycéen n’allait plus faire grand-chose, alors se presser dans l’immédiat était inutile. Il pouvait prendre le temps de la connaître, de lui dire d’arrêter de le vouvoyer si nécessaire parce que ça le dérangeait toujours autant dans ce genre de situation, et de la laisser se faire soigner avant de lui verser le seau d’eau froide sur la tête... Le seau d’eau se résumant à lui parler des événements de la veille, avant d’embrayer sur le projet qu’il comptait mettre en place en conséquence, pour au final lui proposer d’en faire partie... Chose qui était tout à fait dans l’intérêt de la Fullbringer.


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Mar 6 Juin - 4:02




L’air commençait à se faire légèrement plus frais, et une fine brise venait secouer les feuilles dorées et grésillant dans les arbres alentours. Nous étions à la mi-octobre, et si les couleurs chatoyantes de l’automne pouvait apparaitre solaire en cette nuit encore bien claire, un roux bien plus flamboyant se tenait devant ses yeux. Celui d’une chevelure hirsute, elle-même dressée sur la tête d’un jeune homme plus qu’étrange, épuisé, éreinté, et dont le cœur semblait détruit au possible. Pendant longtemps d’ailleurs, l’image fugace de cet individu avait hanté l’esprit de la chanteuse, et elle avait rêvé du moment où elle pourrait le croiser, dans l’espoir de lui apporter un semblant de réconfort. Oh, sa première rencontre avec lui remontait à loin pourtant, et son dernier souvenir de lui avait été ses yeux chocolat, brillant d’une douleur insoutenable qui l’avait touchée jusqu’en son sein. Et à présent qu’elle lui faisait face et que la situation devenait plus clair sur ce qu’il était et la raison de sa présence ici, elle ne savait plus vraiment ce qu’elle devait faire.

Ayant tiré sur le poignet tremblant qu’elle tenait encore de sa main gauche, elle l’avait entrainé vers le sol verdoyant mais humide des lieux. Il était épuisé, et elle avait sût, que ce soit par le timbre de sa voix, par ses soupirs, ses tremblements, ou encore son regard toujours aussi communicatif, qu’il ne tiendrait pas plus longtemps. Sa faiblesse… devenait la sienne. Par une étrange magie qu’elle ne comprenait pas, son empathie pour le jeune homme était bien plus forte qu’elle ne pouvait l’être avec le monde entier, plus forte, et en même temps… plus… instable. Si elle pouvait sentir ce genre de chose, l’état dans le quel les gens se trouvaient, elle ne finissait généralement pas dans le même état qu’eux. Mais avec ce garçon… C’était le cas, et pourtant, elle ne se souvenait pas d’avoir chanté pour lui, du moins pas pour le moment. Il avait rosit à son contact, et elle n’avait pas saisit véritablement pourquoi, bien trop loin dans ce qu’elle ressentait venant de lui. Et sa volonté de le voir aller mieux… De le voir sourire, aussi incompréhensible soit-elle, l’avait forcée à le faire s’asseoir avec elle.

Jusque là, son regard saphir toujours perdu dans le sien, elle n’avait pas véritablement vu qu’il avait lutté pour le peu de dignité qu’il lui restait, s’asseyant plus ou moins de lui-même, bien qu’il eut été entrainé par sa manœuvre première. Le bras droit toujours extrêmement douloureux contre son flanc, elle s’était retrouvée assise sur ses talons à ses cotés, et elle avait posé ce dernier sur ses genoux pour essayer de le reposer. Le bout de ses doigts s’étaient desserrés autour du poignet du rouquin, mais elle ne l’avait pas lâché, à vrai dire, elle ne s’en était pas véritablement rendue compte non plus, sa propre fatigue la touchant aussi. Sa voix chaleureuse avait retentie une fois à terre, il avait de toute évidence concédé à sa requête, mais refusant que cela ne dure plus que les cinq minutes demandées. Là, elle ne le comprenait pas, son corps tout entier semblait réclamer une pause plus longue pour se remettre, mais peut-être était-il aussi déterminé qu’elle et têtu ? Il poussa alors un long soupir, ce qui fit descendre l’étrange lourdeur qu’elle ressentait autour d’eux. Encore une des choses qu’elle ne comprenait pas vraiment…

Dans un geste lent, il récupéra sa main, ce qui fit cligner des yeux Mitsuki, qui était perdue dans ses pensées, son regard cependant toujours planté dans le sien. Elle secoua la tête lentement, essayant de se reprendre et de ne plus se laisser envahir par ce ressentit inconnu qui venait de cet homme. La douleur était toujours bien présente dans son bras, et si son souffle était court, elle se sentait bien mieux assise. De sa main de nouveau libre, elle saisit le pan de sa robe bleutée pour recouvrir ses jambes repliées, apparaissant ainsi bien plus sage, et non pas débraillée. Mitsuki ne se sentait plus vraiment à l’aise à présent, peu audacieuse en vérité, une fois le silence revenu, elle chassa du regard, feignant de ne plus croiser le sien. Après réflexion, et finalement, elle venait de comprendre la portée de ses actes… Il n’était pas juste une créature surnaturelle, et s’il avait des émotions aussi fortes, alors peut-être que le comportement qu’elle avait eut n’était pas approprié ? Mais de ce coté là, on ne lui avait pas vraiment apprit à interagir avec les gens… Si on suivait l’étiquette, alors elle ne devait même pas rester seule en la présence d’un garçon de son âge voir plus, mais après…Les seuls individus auxquels elle parlait tous les jours étaient des peluches, et les gens ne venaient généralement pas la voir pour X ou Y raison.

Mitsuki sursauta presque à la nouvelle prise de parole, et son visage se tourna avec violence vers le rouquin. Oh… Des présentations… Oui en effet, c’était logiquement de mise lorsqu’on rencontrait quelqu’un… Même si c’était la 2e fois. Kurosaki Ichigo… Elle ne risquait pas de l’oublier, même si le nom lui apparaissait bizarre… ça collait cependant parfaitement bien à l’image qu’elle s’était faite de lui en comprenant qu’il était un shinigami. Un guerrier puissant… Et accessoirement très dangereux durant cet instant, mais à présent, sa vision n’était plus la même. Elle se mordit de nouveau la lèvre cependant en comprenant que c’était à son tour de se présenter. Certes, il ne semblait pas trop être du style à aller à l’Opéra, mais il était tout de même dangereux de révéler son identité ici. La présence de la journaliste de la dernière fois prouvaient qu’ils savaient où elle se cachait, et après, le monde dans lequel elle vivait n’était de toute évidence pas tout à fait le même que celui du jeune homme d’en face. Shinigami… Est-ce qu’il était… vivant avant tout ? C’était une question qu’elle se posait à présent, pour l’avoir vu dans un uniforme d’étudiant la première fois. Elle rosit en se rendant compte que le silence durait et qu’elle n’avait pas répondu à la question, avant de soupirer doucement. Au diable son statut, elle avait faillit mourir ce soir et il l’avait sauvé, elle lui devait son nom, au même titre qu’elle désirait plus que tout l’apaiser.

« Li Kouyama Mitsuki… » La voix était bien plus douce que tout à l’heure, comme une brise légère, alors qu’elle croisait de nouveau son regard, peinée d’être impuissante face à sa détresse et d’être un fardeau. « Encore une fois, je suis désolée de vous avoir blessé tout à l’heure… Et de vous retenir ici à présent… Tout est devenu bien plus compliqué ces derniers temps, et je dois avouer que j’ai eus du mal à faire la part des choses à votre égard… » Elle se mordit la lèvre inferieur, un peu gênée de ce qu’elle allait demander mais, c’était plus fort qu’elle, il fallait qu’elle sache. « Excusez-moi de demander cela mais… Est-ce que vous êtes… hmmm… vivant ? Enfin je veux dire… Shinigami de nature ? »  Oui bon, décidément pas quelque chose qu’on demandait comme ça, le tact et elle, ça semblait faire deux. « Non, je ne devrais pas demander ça comme ça mais… Je suis toujours en… en train d’essayer de comprendre ce monde et… il y a tellement de vibration différente chez vous que… Je serais incapable de le dire moi-même en fait… »

Mitsuki passa sa main libre sur son front, chassant une mèche brune de là, un air un peu perdu sur le visage. « Vous… Vos énergies sont tellement différentes et puissantes… C’est… je n’arrive pas vraiment à saisir ça… juste… que… » Qu’il souffrait le martyr, qu’elle ne savait absolument pas pourquoi elle le savait, et qu’elle ignorait encore quoi faire pour l’aider… Naturellement, elle quitta son regard pour diriger le sien vers l’alliance qui brillait doucement à sa main gauche, son unique pouvoir… probablement inutile vu ce qu’il s’était passé cette nuit, et possiblement trop faible vu tout ce qu’elle ressentait venant du jeune homme à la chevelure rousse. « Vous… Vous ne m’avez toujours pas dit si je pouvais faire quelque chose pour vous, pour vous remercier de m’avoir sauvé… » Un indice aurait été agréable pour savoir quelle conduite adopter avec lui, et aussi connaitre – si lui-même le savait – un moyen de l’aider réellement à aller mieux. Parce qu’elle ne supportait déjà plus de voir son regard emplit de souffrance, et qu’elle désirait toujours le voir sourire.

Et ça, franchement, cela devenait bien trop étrange pour qu'elle parvienne à en saisir le sens...



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