A little light in an ocean of pain (suite) [I.R.U.]
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Sam 14 Fév - 15:40

Suite du RP A little light in an ocean of pain




Prise en charge immédiate


À part tenter de la calmer, de la rassurer, de l’assister... Dans l’immédiat, Ichigo ne pouvait rien faire de plus pour elle. En effet, la jeune femme ne voulait pas se laisser toucher bien qu’elle souffrait le martyr en étant sous le choc psychologique. Il y a des situations comme celles-ci qui sont aptes à nous faire nous sentir impuissant, peu importe qui nous sommes, peu importe notre force, peu importe notre influence. Le rouquin s’inquiétait, bien sûr, même si elle était une étrangère. Il se sentait même peiné et touché, ceci étant dû à sa profonde empathie pour les autres. D’ailleurs, c’est ce sentiment qui était le plus efficace pour motiver à aider ceux dans le besoin.

Par contre, le presqu'adulte trouvait un fait particulier assez étrange... Oui, alors que tout avait semblé vouloir faire souffrir la jeune demoiselle, que les douleurs avaient paru être inextinguibles, elle s’était soudainement apaisée et détendue toute seule... Les pleures et les cris déchirants s’étant évanouis dans le silence, le corps s’épargnant des tremblements qui l’avaient secoué jusque là et la tête se reposant sur le coussin de béton. Comment était-ce possible ? Ça avait paru si soudain... Avait-elle sombré dans l’inconscience ? S’était-elle tout simplement calmée comme par miracle ? Ou avait-elle carrément eu un arrêt cardiaque ?! Non, ce n'était pas ce dernier point... Le mouvement respiratoire remuant la poitrine de l’inconnue avait été clairement visible et s’était révélé même tranquille, tandis que le regard de l’intéressée avait été voilé. Ça avait donc été l’une des deux premières options... Pour vérifier ses doutes, il avait tenté de lui parler doucement en profitant du fait qu’il n’avait plus eu besoin de hausser le ton pour espérer percer à travers les cris. Il avait parié sur le fait qu’elle était une anglaise, mais plus fortement une américaine, et s’était aventuré dans cette langue avec prise d’assurance.

À ses premiers mots anglophones, la blessée avait légèrement entrouvert son regard, comme si ses paupières avaient pesé on ne sait combien de fois leurs poids, que ça lui avait été difficile d’observer l’adolescent. Elle s'était réellement calmée d'un coup sans raison ? C'était difficile à croire mais à première vue, ça avait été ça... Peut-être que la faiblesse l'avait rattrapé subitement ? Dans tous les cas, le hérisson roux lui avait dit qu’elle n’avait pas à avoir peur, qu’il voulait l’aider... Est-ce qu’elle avait été assez lucide pour réaliser ? Peut-être... Peut-être pas... Mais malgré qu’elle avait paru être revenue un peu mieux à elle, elle avait répété à peu près sa demande... Elle avait demandé où était son père. Qu’est-ce qu’il en savait ? Il ne la connaissait pas du tout, il ne savait même pas d’où elle sortait, ce n’était pas pour savoir où était son paternel... Il aurait aimé la rassurer, mais il n’allait pas non plus lui sortir un gros mensonge, et il n’avait pas non plus voulu lui dire qu’il ne savait pas au risque de la voir repartir dans sa crise. Il avait encore été pris au dépourvu, mais elle l’avait « sauvé » en partant sur un autre sujet impromptu. En effet, elle avait essayé de bouger et avait donc sollicité son corps couvert de blessures. Elle s’était plainte d’avoir mal, demandant même pourquoi ça lui faisait mal. Ceci avait fait sourciller gravement l’orangé. S’était-elle seulement regardée ? S’était-elle rendu compte de son état pour demander une telle chose ? Cela n’avait pas semblé... L’état de choc avait sûrement pu permettre cela. Du coup, il avait continué de lui parler et lui avait signalé la présence de nombreuses blessures sur elle, sans aborder le fait que c’était plus ou moins grave car lui-même ne pouvait pas juger précisément simplement en regardant comme ça avec les habits complètement rougis et collants couvrant ce corps chétif. Aussi, il avait enchaîné sur le fait qu’il y avait une clinique tout près, et qu’il fallait donc qu’elle le laisse l’aider à y aller... Sans dire que c’était la clinique de son père. On ne sait jamais si elle avait vraiment peur de lui.

Il fut dès lors réellement rassuré quand elle se montra coopérative par le biais d’un hochement du chef, sans un mot toutefois. C’était déjà un progrès, un grand progrès. Néanmoins, toutes craintes n’étaient pas écartées car elle se montrait toujours aussi tendue. Ça restait compréhensible et il s’en accommodait parfaitement. Au passage, il put remarquer cette ténacité à vouloir conserver fermement le petit ouvrage rouge qui se faisait tâcher par le sang dégorgeant des vêtements. Était-ce un souvenir ? Un cadeau ? Allez savoir... Ce n’était pas primordial de savoir ça pour le moment... Oui, la chose prioritaire était de transporter l’américaine jusqu’à la clinique, alors que les premières gouttes de pluie se firent sentir dans la nuque du jeune homme. Il commençait à pleuvoir, super...

Sans attendre davantage, il fit passer carrément sa main dans la poignée de son sac pour le porter à son poignet, ça allait être bien plus pratique pour lui. Il s’approcha alors un peu plus de la jeune femme et l’aida à se redresser légèrement en glissant une main dans son dos dans un premier temps en prenant garde au bras désarticulé, avant d’ensuite venir soutenir sous les jambes avec l’autre main qui transportait le sac. Le genou de nouveau posé à terre, il vint à tenir un peu mieux la violette pour la soulever doucement en se relevant tout en faisant attention, la portant maintenant style princesse. Puis, une fois sûr de bien la tenir sans qu’elle n’eut à pâtir davantage de quoique ce soit, il s’élança au pas de course pour rentrer chez lui, sous une bonne averse et dans l'obscurité à peine écartée par les lumières des rues.



Hang on !


Il s’habituait déjà à parler anglais, il faisait en sorte à la mettre quand même un peu en confiance. Heureusement, le trajet fut assez court. Il n’eut qu’à traverser le pont, puis deux rues avant de pouvoir rejoindre la clinique. Assez sportif, il ne fut pas tellement essoufflé à l’arrivée, même s’il avait fait en sorte à se faire aussi rapide qu’il le pouvait. Par contre, il se fit étonné de ne voir aucun blessé arrivant sur les lieux. Ça voulait dire une chose : c’était l’hôpital des Ishida qui avait été sollicité. Ça voulait aussi dire que les blessés devaient être dans un état trop grave pour être pris en charge ici. À moins qu’il n’y en avait pas et que..? Bon, il se dépêcha de faire venir son paternel à sa manière une fois les portes vitrées passées.


OYAJI !! VIENS, DÉPÊCHE-TOI !!


Comme déjà à l’affût de toutes choses, le chef de famille se pointa hâtivement sans se faire attendre malgré qu’il n’y avait eu aucune précision lors de l’appel. Il fallait dire qu’avec les sirènes entendues plus tôt et maintenant la voix forte et pressée du fils qui résonnait à travers la clinique depuis l'entrée, il y avait de quoi mettre sur le pied de guerre n’importe quel père médecin. Ichigo n’eut pas besoin de dire quoique ce soit. Dès qu'Isshin vit la scène sanglante s'offrant à lui, il invita le jeunot à le suivre en vitesse dans une salle à côté. Évidemment, ce dernier s'exécuta sans discuter et reçut dès lors une directive de la part de son père qui se montrait bien sûr pressé.


Dépose-la ici !


Le toubib désignait un des lits des urgences en disant ça. Il comptait déjà prendre en charge la blessée sur le champ au cas où il y aurait une blessure nécessitant une prise de mesure immédiate. L’adolescent installa la rescapée aussi trempée que lui sur le premier lit qui se présentait. Mais, il resta près d’elle quand même ensuite, au cas où. Après s'être rapidement préparé, le grand brun s’approcha de la nouvelle patiente et se mit au travail.


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Mar 17 Fév - 23:52




Comme si elle ne pouvait plus supporter de garder les yeux ouverts, comme si le simple fait de maintenir ses paupières était l’acte le plus douloureux qui soit, la jeune femme laissa les deux minces protections de chairs retomber, comme si le noir pouvait un peu apaiser cette douleur qu’elle ne s’expliquait pas. Sa gorge était obstruée par des sanglots qui semblaient ne jamais vouloir en finir. Alors, elle sentit celui qui semblait être son sauveur s’approcher. Sans s’arrêter de lui parler, le jeune homme faisait de son mieux pour la rassurer, alors que de froides gouttes venaient l’assaillir avec une violence toute relative. Mais dans son état actuelle, ils en étaient presque de froides dagues. Alors elle se sentit quitter terre, soulevée par l’adolescent. Qu’il s’agisse du contact de cette main forte et ferme dans son dos ou sous ses jambes, elle ne put s’empêcher de se crisper soudainement, mais la douleur du contact charnel ne vint pas, car contact il n’y eut pas.

L’avait-il fait exprès ou non ? Cela n’importait pas. La jeune femme ne souhaitait qu’une seule chose, repartir dans son monde à elle, loin du froid et de la souffrance de cet endroit, mais c’était impossible. La douleur qui irradiait de son bras était trop présente, trop vive. Alors qu’il l’a soulevé, son bras démis ne suivit pas le mouvement, tirant sur l’os et les muscles, lui arrachant un petit cri qui s’étouffa encore une fois dans les larmes et la douleur. Mais alors que ce sentiment s’effaçait petit à petit, chaque enjambée, chaque foulée faisait ressurgir brutalement cette douleur qui venait résonner dans son bras ballant. Comme cherchant du réconfort, la jeune femme enfouie sa tête, par réflexe, contre la poitrine de son sauveur alors que la pluie commençait à battre et que son corps se refroidissait d’autant plus vite.

La suite ne fut qu’une succession d’images floues, rougies aussi bien par le sang que par la souffrance. Une porte vitrée, une salle, le sauveur roux qui hurlait quelque chose dont elle ne compris pas un mot. Un autre homme surgit alors, plus vieux, différent, avec une voix plus grave qui parlait dans un dialecte qu’elle ne comprenait pas. Se faisant déposer quelque part, la jeune femme voulu bouger, s’éloigner de cette inconnu qui s’approchait avec une sorte d’avidité inconnue, mais son corps ne voulut plus lui obéir, sa gorge lui refusait le droit de prononcer ne serait-ce qu’un mot. Ses dernières forces semblaient se concentrer dans une unique tâche, ne pas lâcher le petit livre rouge. Mais alors que l’homme en blanc s’attelait à la manipuler aussi délicatement et efficacement que possible, la jeune femme trépignait à chaque contact, rendant le travail plus difficile, alors qu’une étincelle rouge craquait là où les doigts professionnels touchait la peau.

Ce qu’il se passa ensuite, elle n’en eut aucune idée. Une seringue vint s’enfoncer dans sa chair, étourdissant ses sens et engourdissant son esprit jusqu’à la faire plonger dans une torpeur qu’elle étreignit avec soulagement. Dans l’espace noir et infini de son esprit, la lande rocailleuse fit son apparition sous ses pieds, brumeuse, lointaine comme dépourvu de substance. Ce n’était pas une sensation agréable, loin de là, comme marcher dans de la boue, s’enfonçant à chaque enjambée, luttant pour s’en extirper et continuer. C’était fatiguant, éreintant. En temps normal, elle n’avait aucun mal à trouver son chemin, c’était instinctif et elle n’aurait jamais pu expliquer à quiconque comment elle s’y prenait. Mais là, ses pensées n’arrivaient pas à trouver de fil conducteur, tout n’était que brouillard et elle n’avait aucun repère.

Le clapotis de l’eau attira son attention, juste assez pour qu’elle se dirige sans plus de mal qu’auparavant. Lentement, mais sûrement, le brouillard se dissipa. Le sol se fit plus ferme sous ses pieds jusqu’à ce que tout semble revenir à la normal. Devant elle se dressait, comme avant, une sphère parfaite, tournoyante d’un gaz liquide bleuté qui semblait n’avoir aucune surface. Autour, une plus petite sphère gravitait également, comme une planète révolutionnant autour de son soleil. Cependant, quelque chose de nouveau s’était inséré dans l’ensemble, une sorte d’anneau brumeux bleuté, indécis qui entourait les deux autres, ne sachant où se fixer. Combien de temps resta-t-elle ainsi à fixer le ballet lent, mais inéluctable, de ce spectacle presque cosmique ? Elle n’en eut aucune idée. Mais son corps finit par se débarrasser du sédatif et le monde réel repris son emprise.

Doucement, comme avec douleur, ses paupières se rouvrirent lentement. Son regard se fixa tout d’abord sur le mur en face, qui n’avait rien de spécial, avant de balayer l’espace de la pièce où elle se trouvait, tombant finalement sur une tête rousse. Dans son esprit, l’anneau vaporeux se fixa alors en une sphère aussi fragile qu’un château de cartes sous le vent. Son premier instinct fut, bien sûr de vouloir se reculer, mais son corps protesta avec véhémence. Un large bandage lui couvrait une partie du crâne, empêchant le sang de couler alors que la plaie tentait de guérir. De même, son bras était enrubanné, plâtré et maintenu fixe, l’os ayant été replacé correctement, il n’y avait plus qu’à attendre que tout se ressoudent. La moindre de ses blessures avaient été pansées et n’attendaient plus qu’une chose : guérir. Mais la douleur était moindre, le lit était chaud alors que la pluie battait les fenêtres et bien qu’on l’eut déshabillé et changé, ce dont elle ne se souciait guère, quelque chose lui fit comprendre qu’elle devait ces changement à ce jeune homme.


« Thank you… »

Ce n’était pas grand-chose, deux petits mots tout simple, mais qui en cachait plus qu’on ne pouvait y croire. Pendant un instant, la jeune femme laissa son regard vagabonder autour d’elle, comme pour essayer de deviner où elle se trouvait, jusqu’à ce souvenir que l’inconnu roux avait parlé d’une clinique. Puis, comme si un éclair l’avait frappé, la jeune femme se redresse brutalement, ignorant la douleur sourde qui lui cuisait l’épaule et la tête, jetant des regards frénétiques autour d’elle pour retrouver ce qui compte le plus pour elle, plus encore que sa propre vie.




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Lun 23 Fév - 17:53




Waiting with interrogations


La pluie... C’était bien une chose qu’Ichigo n’appréciait pas tellement, surtout lors de ses passages près du fleuve. Bon, pas grand monde apprécie le temps pluvieux en général, c’est certain, mais c’était pour des souvenirs bien particuliers en ce qui concernait le rouquin... Nous ne reviendrons pas là-dessus, mais ça expliquait en partie cet air grave qu’il arborait, l’autre partie étant due à l’état de cette inconnue. Mais, contrairement aux événements arrivés lors de cette journée pluvieuse huit années auparavant au même endroit, il avait eu les moyens d’aider quelqu’un qui en avait eu vraiment besoin. En cela, ça lui procurait un certain soulagement... Celui d’avoir progressé et changé.

Il avait fait de son mieux pour ramener la blessée à bon port de manière rapide, mais surtout de manière optimale aussi. Mais, il avait quasiment transporté une statue, ou bien un corps en plein processus de rigidité cadavérique... Cette dernière image était vraiment de mauvais goût pour la situation, mais c’était dire à quel point ce n’était pas évident de porter une personne extrêmement tendue. Il avait fait avec, il n’avait pas eu le choix et il s’était fait compréhensif. Hormis ça, il avait dû supporter les sanglots mêlés à des cris de douleurs aussi vifs que brefs à chaque foulée... Pourquoi ? Tout simplement parce que le bras déboîté n’était pas sagement resté sur le poitrail de la jeune femme comme il avait pourtant pris soin de mettre. Le membre avait pendu dans le vide, seulement retenu par la peau et les muscles. Ça avait dû être horrible... Horrible au point qu’il avait senti la tête de la victime s’enfouir contre sa poitrine comme pour résister en cherchant du réconfort. Heureusement, ils n’avaient plus été très loin... Et avec cette pluie battante, il s’était plutôt dépêché d’arriver pour qu’elle puisse se faire soigner le plus vite possible... Il fallait mettre fin à ces souffrances et ainsi lui accorder la délivrance. Pour permettre ce dénouement, il avait bien fallu s’en remettre à une personne qualifiée en médecine et fort heureusement, son père avait été l’homme idéal. L’adolescent avait laissé agir son paternel et était resté présent au cas où que ce dernier aurait eu besoin de lui pour quoique ce soit et aussi parce qu’il s’était inquiété pour l’américaine.

Ce fut ainsi qu’il assista à une scène des plus étranges. En effet, à chaque fois qu’Isshin touchait ou même éraflait l’épiderme de la patiente, cette dernière gigotait faiblement et une petite étincelle rouge se manifestait de manière fugace. Encore cette étincelle... Du même genre que ce que le lycéen avait cru entrevoir lors de la torgnole. Qu’est-ce que c’était ? D’où est-ce que ça venait ? Pourquoi ça se produisait ? Pourquoi la pauvre semblait souffrir davantage à chaque contact ? Le médecin et son fils se firent tous les deux bien graves devant une telle scène qui était bien sûr inhabituel... Mais, ce qui était sûr dans l’immédiat, c’était que ce cinéma gênait sévèrement les soins et ça ne pouvait pas continuer comme ça. Aussi, sans attendre, le chef de famille décida d’endormir la mystérieuse femme à coup de piqûre de morphine. Ainsi, alors qu’elle s’assoupissait sensiblement comme avec soulagement, le soigneur put travailler pleinement sans que ces lumières rougeoyantes ne se pointe et que la concernée ne bouge dans tous les sens comme un asticot.

Une compresse stérilisée avec du désinfectant fut placée sur la blessure au front en attendant. Isshin scrutait le corps pour voir ce qu’il fallait faire et dut pour cela ôter le livre rouge de la main de l’anglophone pour pouvoir libérer le torse. Le hérisson roux ne ratait pas une seule miette de la scène... Sauf quand le paternel ouvrit le haut de la jeune femme. Ah bah ça, il demeurait prude même dans ces cas-là. Regardant ailleurs, il était devenu bien pensif et perplexe... Tout ça était vraiment étrange... Mais, il fallait se focaliser sur l’état de santé de la blessée avant de songer au reste. Il était nécessaire d’opérer l’endormie non seulement pour le bras démis, mais aussi pour les probables fractures au niveau des côtes que le brun décela par simples tâtonnements à la vue des gros hématomes. Ça... Le jeunot ne l’avait pas relevé et il se félicita d’avoir quand même manipulé doucement la jeune femme pour la soulever et l’amener jusqu’ici. Mais, après auscultation globale, le médecin déclara que la majorité du sang se trouvant sur elle n’était pas à elle justement... Car, en dehors de l’ouverture au front, elle ne présentait aucune plaie ouverte sérieuse. On pouvait donc imaginer l’état de la ou des personnes ayant laissé échapper cette quantité d’hémoglobine...

Avant toutes choses, il fallait vérifier avec précision les soupçons émis et voir s’il n’y avait pas autre chose. Alors, la violette allait être soumise à des examens. Aussi, elle fut rapidement emmenée pour faire des scanners et des radiographies. Évidemment, le grand dadais suivit et put alors constater en même temps que son vieux qu’elle avait effectivement des fractures au niveau des côtes en plus de l’épaule déboîtée. Le scanner ne révéla rien de fâcheux par contre, c’était une grosse inquiétude en moins. Dès lors, elle fut de ce pas emmenée au bloc opératoire, tandis que l’orangé patientait devant la salle, continuant de relater les faits et rassemblant chaque morceau en son esprit. Le fait que les éclats rouges s’étaient arrêtés avec le sommeil de cette étrangère lui avait encore plus mis la puce à l’oreille, et sûrement que son père s’était douté de quelque chose aussi. Cette fille était spéciale, oui... Et en tant que telle, il n’y avait pas trente-six explications... Il y avait des chances pour qu’elle soit une Fullbringer. Bon, pas de conclusions hâtives, mais sur le coup, il n’y avait pas d’autres raisons. Mais, si c’était le cas, quel était le pouvoir ? Qu’est-ce que ces manifestations rouges permettaient ? L’air de rien, il n’avait constaté aucun changement aussi bien chez lui qu’autour d’eux... Ça signifiait aussi qu’elle subissait son don, elle ne le contrôlait pas et ça la faisait dérouiller... Ça expliquait la réaction violente qu’elle avait eue quand Ichigo avait voulu la toucher... Elle était sûrement déjà consciente de tout ça et refusait donc tout contact avec d’autres personnes. Par contre, il n’y avait rien eu quand il l’avait porté. De ce fait, il comprit déjà que le problème se pointait que lors des contacts directs peau contre peau. C’était une chose très bonne à savoir pour la suite...

Il finit par retourner dans la salle des urgences où il vit sa petite sœur Yuzu qui nettoyait et rangeait le matériel utilisé par son père. Il la salua mais quand elle eut en main le carnet rouge tâché d’un liquide de la même couleur mais en plus foncé, le rouquin l’arrêta pour pouvoir lui prendre en lui disant que c’était à la personne prise en charge par le paternel. Elle n’insista donc pas, mais... Elle en profita pour forcer son frère à aller se changer, car il était dans un état épouvantable. Effectivement, il était complètement mouillé et le fait d’avoir porté la nouvelle patiente plein de sang l’avait complètement salopé aussi. Bon, en attendant que le médecin finisse, il alla prendre une bonne douche pour ensuite enfiler de nouveaux vêtements se résumant à un simple jean bleu et un polo blanc. La cadette l’avait suivi pour voir s’il allait vraiment prendre soin de lui et s’occupa des habits souillés une fois qu’il eut fini. Mais, avant de revenir voir si tout allait bien du côté de l’opération, il saisit l’occasion d’être dans la salle d’eau pour nettoyer la couverture du livre que cette fille avait l’air de chérir énormément. La dite couverture semblait étanche et les pages avaient l’air d’avoir été épargnées par la salissure, la propriétaire allait être sûrement ravie. Il observa ensuite l’ouvrage une fois qu’il fut tout propre. Il était d’un beau rouge passion avec des décorations dorées... Mais, il s’agissait d’un carnet de note et Ichigo n’était pas du genre à fouiller dans les affaires privées des autres. Aussi, il ne l’ouvrit pas et retourna vers la salle d’opération.

Sur place, il découvrit qu’il n’y avait plus personne. Il chercha donc après et trouva les deux personnes dans une chambre. Celle éveillée terminait tout juste d’habiller l’autre. Tant mieux, il était hors de question de voir l’étrangère à moitié dénudée. Il s’approcha alors que son père couvrait tout juste la convalescente avec une couverture. Évidemment, il demanda comment elle allait. L’interlocuteur se tourna vers lui et parla tout bas pour ne pas troubler le sommeil de la violacée, affirmant qu’elle allait bien et qu’elle allait se remettre de ses blessures sans trop de mal. C’était rassurant... Mais, ça n’allait pas être aussi sûr niveau psychologique... Aussi, maintenant que la situation redevenait plus calme, le responsable des locaux questionna son rejeton concernant les circonstances de la rencontre avec la victime. La tête en feu expliqua alors tout en détail, n’oubliant donc pas de dire qu’il avait trouvé la jeune femme seule au bord de la rivière en état de choc et bien blessée, qu’elle ne comprenait pas le japonais, qu’elle parlait anglais avec un accent américain en disant des trucs qui laissaient deviner qu’elle était bien perdue, ainsi que le fait qu’il était possible de la toucher sans que les fameuses étincelles rouges n’apparaissent tant qu’il n’y avait pas de contact directe entre les épidermes étrangers vu qu’il avait pu la transporter en touchant que les vêtements. Ainsi, l’idée selon laquelle elle était peut-être une Fullbringer fut mise sur le tapis... Mais, aussi celle abordant le fait qu’il allait falloir s’occuper d’elle et la garder à l’œil car elle n’était donc pas chez elle au Japon et qu’on ne savait pas si elle était seulement amnésique ou si elle était accompagnée. Si c’était le cas pour ce dernier point, il fallait trouver qui était avec elle et savoir si la personne était en état de s’occuper d’elle ou carrément si elle était encore de ce monde car le chef de famille pensait toujours à cet accident qui avait dû mettre la jeune femme dans cet état... Il allait se renseigner auprès de l’hôpital général qui avait dû prendre en charge tout ça. Le fils aîné se porta garant pour s’occuper de la mystérieuse soignée et son père comptait sur lui, elle avait déjà après tout commencé à lui faire un peu confiance, si on peut dire.

Le médecin repartit en précisant bien que s’il y avait un problème, il était toujours dans le coin. Ichigo se retrouva seul avec la femme alitée. Il prit une chaise et s’assit à côté du lit en attendant son éveil, le carnet rouge nettoyé entre ses mains. Dehors, il pleuvait toujours comme vache qui pisse, la fenêtre se faisant marteler par chaque goutte, donnant une cacophonie continuelle. Il n’aimait pas tellement attendre, mais c’était pour la bonne cause cette fois-ci. Son regard noisette scrutait l’endormie maintenant épurée du rouge qui la souillait, les blessures cachées derrière les divers bandages, plâtre, ainsi que les vêtements et même la couverture. Il sortit son téléphone de sa poche pour faire un mini-jeu dessus, car attendre à rien faire n’était pas possible non plus.

Finalement, il y eut du mouvement à côté de lui. Il détourna vivement son regard sur la patiente pour la voir éveillée et comme voulant s’enfoncer dans son lit sans trop pouvoir bouger en fait. Elle souhaitait encore fuir..? Bon, elle venait de se réveiller, pour elle tout s’était stoppée alors qu’elle souffrait encore dans un état pas possible. Mais, elle s’était bien vite arrêtée de s’agiter et son visage montrait qu’elle était moins soumise à la douleur. Rien que la voir ainsi était un soulagement. Puis, elle prononça deux mots qui vinrent se mêler au bruit de la pluie sur le carreau à côté, deux mots qui étaient lourds de sens et qui faisaient chaud au cœur alors qu’ils avaient été dits doucement, comme apaisée. Il rangea son téléphone en fermant l’application sur le tas.



You’re welcome.


Une réponse toute aussi simple explicitée avec un léger sourire. Le regard améthyste de la jeune femme se perdit un peu partout autour d’elle et il resta silencieux le temps qu’elle se réveille bien et prenne ses premières marques seule, ensuite il lui dirait où ils étaient. Mais, le calme se rompit quand elle se redressa brusquement assise dans le lit, le regard ratissant toute la pièce avec empressement. Ichigo eut le réflexe de se lever et de la retenir d’une main à l’épaule droite, ayant fait gaffe à ne pas la toucher directement.


Calm down, what’s wrong ?


Elle regardait autour d’elle avec énergie comme si elle cherchait quelque chose de très important, limite vitale. Il crut alors comprendre ce qu’elle devait rechercher. Aussi, il baissa son regard sur le fameux carnet rouge qui siégeait sur le meuble de chevet à côté... L’objet qu’elle s’était obstinée à garder serré contre elle jusqu’au bout en dépit de sa souffrance et de sa faiblesse. Il avait conservé le livre avec lui jusqu’à l’avoir posé là après s’être assis. Il vint le saisir sans attendre en reprenant la parole.


You’re looking for this ?


Il lui montra le livre en le lui tendant. Il espérait ainsi qu’elle s’apaise et qu’elle s’allonge de nouveau. Elle devait effectivement se reposer sans s’agiter car elle venait d’être opérée, les blessures se refermaient tout juste. Il attendait alors qu'elle se sente mieux mentalement en plus de physiquement pour pouvoir commencer à la questionner. Il espérait évidemment en savoir plus sur elle... Connaître son identité, savoir d'où elle venait, et aussi avoir des réponses vis-à-vis de ces éclats rougeoyants au contact de sa peau... Le tout dans la mesure du possible... Car, oui, il savait parler anglais, mais pas non plus hyper couramment. Dans le meilleur des cas, il allait falloir qu’elle fasse des phrases pas trop longues avec des mots simples. Par contre, l’idée de la questionner sur l’accident fut vite bannie de son esprit... Il ne voulait pas raviver son traumatisme.


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Mar 3 Mar - 21:44




Il ne semblait pas méchant, malgré ses sourcils froncés et son sourire bizarre. Mais là encore, qu'en savait-elle de la méchanceté. Jusqu'à peu, la moindre personne adulte semblait telle un monstre capable de la dévorer sur place rien qu'en la regardant. Oui, c'était probablement la meilleure description possible ; il ne semblait pas vouloir l'engloutir d'une bouchée ! C'était déjà un peu plus rassurant, probablement la raison de la soudaine détente de la jeune fille. En plus, il semblait décider à communiquer dans un langage qu'elle pouvait comprendre ! Cette petite attention l'a rassura d'autant plus qu'elle pouvait lui parler, elle allait peut-être pouvoir savoir où elle se trouvait et où se trouvait son père maintenant !

Mais alors qu'elle s'excitait, tentait vainement de sortir de son lit, s'empêtrant dans les draps et la blouse qu'on lui avait enfilé, délaissant son bras qui protestait véhément contre ces mouvements brusques et soudains. La seule chose qui l'a retint alors de tomber de son lit fut une main soudaine, grande, chaude et … dire qu'elle était réconfortante n'était probablement pas le mot le plus juste, dans ce cas précis comme dans d'autres. Bien qu'ignorant tout de cet individu, si ce n'est qu'il était suffisamment gentil et généreux pour venir en aide à une parfaite inconnu, la brunette ne put retenir cette sensation instinctive, viscérale, qui la poussait à voir en cet homme un bouclier, un protecteur. Oui, c'était le bon mot, une main protectrice qui venait la soutenir, attirer son attention, la calmer comme un mur qui bloque la tempête.

Cette même main s'était tendue vivement pour attraper et présenter un objet. Un petit livre rouge carmin, aux arabesques dorés et au titre illisible malgré que l'on pouvait discerner quelques restes de dorures sur la page de couverture, ainsi que des marques de gravures. Plutôt qu'un livre, c'était un carnet aux pages vraisemblablement vierges de toutes lignes et de texte, mais la jeune femme, voyant son bien, sut d'instinct qu'elle y trouverait des choses inscrites, des choses qu'elle n'avait pas écrites d'elle-même. Arrachant le si précieux ouvrage des mains même qui l'ont secourus, elle se mit à haleter légèrement de l'effort qu'il lui en avait coûté, reprenant un rythme plus convenable et levant des yeux presque larmoyant vers son sauveur. Lui qui l'avait emmené calmer sa douleur, qui avait tenu son chevet en attendant son réveil, bien qu'elle l'ignorât, venait encore de l'aider.

Bien qu'elle ne se doutait pas un seul instant de la différence d'âge entre eux deux, étant plus vieille que lui de quelques années, une soudaine chaleur lui prit au torse, voyant en ce jeune homme roux une figure presque paternelle, inspirant dans son inconscient de jeune femme une attirance et une confusion complète. Toutefois, n'en oubliant pas ses bonnes manières, elle remercia son sauveur d'un « Thank you » bien plus chaleureux et enjoué qu'avant, comme si toute sa force vitale venait de lui être rendu au contact de son objet fétiche. Sur ce visage où la peine et la souffrance furent les seules émotions durant les heures précédentes, s'affichèrent soudainement des émotions plus claires et plus blanches ; la joie, la douceur, l'apaisement, le contentement.

Se repositionnant dans son lit, un peu gauchement à cause de l'incapacité à bouger son bras, la jeune femme fixa son regard sur la couverture rouge, ne prenant même plus la peine de regarder son hôte. Ouvrant son petit livre sans plus de discrétion, elle observa les premières pages dont l'écriture fine et légèrement penchée émettait un contraste net entre la blancheur des pages et la noirceur de l'encre. Sur la page de gauche, un croquis étonnamment détaillé d'un homme d'âge mur, aux cheveux noir en épi, portant une légère barbe noir, prenait toute la place. En face, différentes informations étaient notées et, bien que la jeune femme n'ait pas encore l'esprit complètement clair, elle ne put s'empêcher de faire le lien. Celui qui était représentait là n'était pas celui qui se tenait à ses côtés, aussi les informations ne pouvaient être bonne. Candide et innocente, elle se tourna alors légèrement pour poser son regard violet, la tête penchée.


« Who are you ? »


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Lun 9 Mar - 13:11




... Et la lumière fut.


La pluie s’estompait peu à peu dehors, mais l’obscurité enveloppait tout ce qui était épargné par les lumières éparses. Oui, la nuit était bien avancée, les rues étaient calmes tout comme la clinique et même la maison jumelée avec. La famille Kurosaki devait dormir et Ichigo devait avouer qu’il commençait à fatiguer un peu. Mais, ce qui était efficace pour le maintenir éveillé était bien cette jeune inconnue qu’il avait rencontré de manière tout à fait fortuite et qui était revenue tout juste à elle.

Il avait patienté sagement son réveil, inquiet, mais aussi parce qu’il se portait garant pour la surveiller et surtout l’aider... Tout en voulant savoir qui elle était. Il avait bien vu que son père avait fait des miracles car elle semblait aller déjà un peu mieux. Remarque, c’était le but de l’opération, on dira. En plus de ça, il avait aussi senti qu’elle était moins craintive et plus détendue lorsqu’il l’avait retenu avec sa main alors qu’elle avait été à deux doigts de tomber du lit dans son agitation soudaine. Contrairement au premier contact qu’il y avait eu entre eux, elle ne s’était pas débattue, mais s’était simplement stoppée. Quelque part, on pouvait penser que c’était un progrès. Peut-être était-ce un signe de prise de confiance en lui, comme Isshin avait pu le soupçonner dans sa déduction ? Si c’était ça, les choses allaient en être que plus simples.

Ayant compris ce qui devait la faire remuer ainsi, il lui avait tendu sans attendre le petit carnet rouge ponctué de dorures. Cependant, il ne pensait pas que ça allait la faire réagir aussi vivement. En effet, elle vint à lui arracher l’ouvrage des mains dans un empressement pouvant traduire le besoin vital de le récupérer... Si bien qu’une fois le bien acquit, elle se mit à haleter légèrement comme si ça lui avait demandé un effort brusque. La laissant se reprendre, le rouquin reprit place sur sa chaise toujours postée au chevet de l’américaine, venant alors à croiser son regard. Il vit alors deux mirettes améthyste larmoyantes braquées sur sa personne. Cependant, il comprit aussitôt que ce n’était pas des larmes de tristesse, mais bien de joie... On pouvait bien discerner la différence avec l’expression faciale ayant délaissé toutes émotions négatives pour en laisser naître des positives... Mais, aussi avec le ton qu’elle employa pour le remercier dans sa propre langue natale... Un ton enjoué et joyeux. Il ne lui répondit pas oralement cette fois-ci, mais silencieusement en inclinant un peu la tête, rassuré de la voir animée par la gaieté. Maintenant, c’était certain, elle tenait à cet objet énormément... Le doute n’était plus du tout permis.

Néanmoins, le jeunot était quand même curieux quant au contenu du livre, histoire de pouvoir comprendre la légitimité d’un tel engouement pour la chose. Y avait-il des informations importantes rédigées dedans ? Ou bien devait-on rester sur l’idée selon laquelle c’était un cadeau précieux qu’elle avait reçu ? L’orangé commença à se créer des scénarios dans son esprit en partant de cette dernière idée, comme le fait que l’individu lui ayant donné ce carnet avait peut-être péri sous les yeux de la violette lors de l’accident et que c’était donc la dernière chose qu’elle avait reçu de lui ou bien carrément tout ce qui lui restait de lui. Pour la première idée, qu’est-ce que ça pouvait être comme genre d’information capitale ? Il resta dans ses songes tandis que la jeune femme se réinstallait bien comme elle pouvait pour contempler son bien fraîchement récupéré. Il l’observait faire, mais de manière distraite sans se manifester par contre, comme pour la laisser profiter, mais aussi parce qu’il était en pleine réflexion. Lui laisser prendre le temps de se sentir bien, de prendre ses marques, de prendre confiance, pour ensuite pouvoir engager la conversation et tenter de combler sa curiosité insatiable, c’était ce à quoi il aspirait. Il s’avachit donc sur sa chaise en la faisant tenir sur deux pieds en parallèle avec le lit, le regard perdu dans ses songes le temps de patienter.

Par contre, il dût sortir de ses pensées assez vite quand une simple question se fit entendre de la part de l’anglophone. Elle demandait simplement qui il était. Tiens, elle venait de lui couper l’herbe sous le pied... Elle l’avait devancé, mais soit, il allait en profiter pour enchaîner sur les autres questions, c’était une opportunité à saisir. Seulement, il vint à brièvement faire une tête bizarre quand même quand il s’aperçut du regard innocent mais ignorant de l’étrangère qui le dévisageait, comme si elle ne comprenait pas un truc, que c’était illogique. Enfin bref... Il ne releva pas la chose. Pour pouvoir lui parler plus décemment plutôt que de rester avachi comme une feignasse en vacances, il se redressa mieux assis sur sa chaise qui reprit ainsi appuie sur ses quatre pieds.



Kurosaki Ichigo, a high school student. And y- ? ...


Il laissa la fin de sa question courte mourir entre ses lèvres, sans qu’il y eut une quelconque suite. Qu’est-ce qui avait pu l’interrompre alors qu’il avait tant envie de savoir qui elle était ? On n’allait pas tarder à le savoir, alors qu’il venait à sourciller fortement en restant interdit. En fait, son regard venait de se poser sur le carnet maintenant laissé ouvert aux premières pages sur les genoux de la fille mystérieuse, le tout sans aucune discrétion... Bon, ça voulait dire que ce n’était pas si privé que ça... Le jeune homme pouvait du coup bien distinguer le contenu des deux pages visibles, même trop bien... Des écritures occidentales anglophones fines et penchées jonchaient la page de droite, un croquis crayonné dans le détail trônait sur toute la page de gauche. Ok, et alors ? Pourquoi s’être figé ainsi ? Pas mal de livres contenaient ce genre de choses, ce n’était pas nouveau. Il venait de trouver la révélation de l’année ? Nan, en fait, il restait tellement focalisé dessus, son regard ratissant ces deux surfaces blanches en partie noircies, que c’était bien plus que ça. C’était comme s’il venait de tomber sur une aberration, ou plutôt THE truc improbable. À dire vrai, comme ayant bien réalisé la chose, il en vint à écarquiller fortement son regard, chose qui voulait dire que c’était carrément choquant. En effet, si on s’attardait sur ce que représentait le croquis et ce que traitaient les écritures, on pouvait voir que le premier élément était un portrait de son vieux, le deuxième était un récit parlant de lui, comme une biographie... Ou presque. Ça relatait vite fait qui il était et ce qu’il avait fait ces derniers jours dans l’ordre décroissant, mais sans suite... Comme si la rédaction était en cours. C’était en anglais, certes, mais si Ichigo avait une bonne compréhension orale, sa compréhension écrite était encore meilleure. L’air de rien, à force, son baccalauréat d’anglais allait lui sembler vachement simple avec tout ça... Bref. Il pensait halluciner au départ et son corps restait figé, tout en baragouinant.


Ko... Kore wa watashi no-?!


Il se stoppa en pleine phrase, ayant percuté qu’elle allait se sentir agressée en plus de rien comprendre, la pauvre... Mais, sous la stupéfaction, il avait réagi sans réfléchir. Il se reprit donc aussitôt dans la langue qu’il fallait, se montrant un peu plus calme, mais toujours largué.


It’s my father! How do you know all of this? How could you do that? And when?


Il fixait la convalescente en l’assommant avec ces questions qu’il ne pensait pas du tout lui poser à la base... Demander le nom, la nationalité, pourquoi elle était là, ok... Mais, carrément en venir à ça, il était saisi. Comment ça se faisait que son père figurait dans ce carnet comme si c’était une page Wikipédia ? C’était la première fois qu’ils se rencontraient, non ? À moins qu'elle connaissait déjà Isshin à l'insu de ce dernier ? Les chances pour ça étaient quasiment nulles. Admettons un instant que ce soit possible, comment elle pouvait savoir autant de choses, surtout ce qu’il avait fait dernièrement ? C'était de l'ordre de la divination. D'une, jamais son père serait allé raconter à quelqu'un ces trucs sans intérêts avec les dates y correspondant à chaque fois, c'était complètement débile. De deux, fallait que ça puisse ensuite revenir aux oreilles de cette personne dans un délai quasiment inexistant, chose invraisemblable. Non, non, écartons l'idée du réseau d'espionnage, ça allait virer à la paranoïa et ça n'avait aucun sens de noter des trucs pareils, surtout que le point numéro trois remettait en question la chose. Oui, de trois, dans la rédaction, il y avait des trucs cités qui étaient arrivés pendant la rencontre entre les deux jeunes ! Ça devenait complètement incroyable, surtout que les faits étaient écrits dans l’ordre décroissant comme un retour en arrière ! Forcément, ça ne pouvait pas avoir été rédigé avant ! Enfin, si elle ne l'avait vraiment jamais vu avant, comment et quand avait-elle pu faire ça ? Entre le moment où Ichigo l’avait rencontrée et maintenant, elle avait été loin d’être en état de le faire vu qu'elle avait été bien blessée et choquée, puis endormie et qu'elle venait tout juste de s'éveiller. Il avait été là jusqu'à ce qu'elle se soit faite opérer, puis il avait assisté à son réveil. Certes, il n'avait pas été là durant l'opération, mais peu importe ce qu'il s'était passé dans le bloc, c'était lui qui avait détenu l'ouvrage à ce moment. Du coup, cette situation était complètement illogique ! Elle l’avait eu où le crayon, d’abord ? On appelle ça un mindfuck de compétition. La vague de question lui taraudait la tête et demandait qu’à sortir pour s’abattre sur cette jeune femme qui au final n’était définitivement pas si ordinaire que ça. Mais, malgré ça, sa lucidité n’était pas soufflée. Même en y réfléchissant profondément, une telle chose ne pouvait pas être expliquée par une cause « normale ». Non... Ces questions étaient inutiles si on se basait sur autre chose. Oui, il en revenait aux idées qu’il s’était fait avant en faisant le lien avec la manifestation de ces étincelles rougeoyantes... Ces idées débouchant sur le fait qu’elle était peut-être une humaine à pouvoirs, une Fullbringer... Et cet objet serait dans ce cas l'essence de son propre Fullbring. Tout concordait ainsi et il tenta le coup.


It’s your power?


Il était d’un coup comme plus calme, moins pris dans l’incompréhension, regagnant un air grave mais pas non plus mauvais... Juste sérieux. L’heure tardive ne l’avait pas encore sous son joug, et il pouvait encore pousser sa réflexion sans se mettre à bâiller ou se perdre dans les méandres de son cerveau réclamant du repos. En fait, les lumières rouges bizarres se pointaient aux contacts directs peau contre peau et le dernier qui avait touché la violacée de la sorte était son paternel. En ayant recollé les morceaux, il était plus ou moins sûr de lui. Quant à savoir la capacité exacte qu'elle avait, c'était autre chose... Peut-être était-elle apte à savoir des choses sur les gens ? Si c'était le cas, cette fille était redoutable... Pire encore, dans l'état dans laquelle elle était, elle était facilement manipulable et on pouvait très bien se servir d'elle pour des desseins personnels pas forcément glorieux ou carrément mauvais tout court... La surveillance allait devoir être accrue si ses doutes étaient confirmés.


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Sam 14 Mar - 18:45




A peine eut-elle récupéré son précieux ouvrage que son sauveur ne lui prêtait déjà plus attention, préférant ce balancer inconsciemment sur sa chaise, visiblement ignorant des risques que cela pouvait engendrer ; et s'il tombait en arrière, se frappant la tête contre le mur et se brisant la nuque ! C'était tout à fait possible après tout ! Mais ce qui intéressait réellement la jeune femme, à l'instant, n'était pas la sécurité de son hôte, puisqu'elle ignorait également les risques, mais bien l'identité de cette personne qui se tenait à ses côtés alors que son apparence ne concordait visiblement pas avec l'image qui s'était affichée. Oh bien sûr, il y avait des ressemblances, un air de famille comme on dit, mais son sauveur n'avait pas les cheveux noirs, pas plus qu'il n'avait de barbe.

Sur le papier, il était écrit que celui à qui appartenait ce portrait se nommait Kurosaki Isshin, un médecin, probablement l'Homme qui lui avait prodigué les soins actuels. Mais alors qu'elle posait cette question, son interlocuteur devint nettement plus intéressé, plus concentré, se rasseyant correctement pour pouvoir lui répondre. De ce qu'elle comprit, il était lycéen, même si cela ne lui disait pas grand chose.
« Crosaki Tchigo ? » C'était un nom bizarre, mais alors qu'elle allait en faire la réflexion, qu'un petit rire montait dans sa gorge, la réaction de son interlocuteur l'a surpris.

Ce n'était pas tant le soudain arrêt au milieu de sa phrase que le regard insistant et écarquillé que le jeune rouquin posait sur le livre qui dérangea notre inconnue. Un peu plus et l'on aurait dit qu'il avait envie de fondre directement à l'intérieur de l'ouvrage. Ses lèvres remuèrent comme s'il voulait dire quelque chose, mais les seuls sont qui en ressortirent ne furent qu'une baragouinage qui ne lui disait rien, un peu comme ce qu'il avait raconté sur le pont, un peu plus tôt. Sûrement s'en était-il rendu compte puisqu'il décida alors de parler intelligiblement. Bonne nouvelle, en quelque sorte, jusqu'à ce qu'il se mette soudainement à l'assaillir de questions.

Apparemment, ce Kurosaki Isshin était le père de son sauveur. Son nom devait donc être Kurosaki Tchigo et non pas Crosaki. Mais pourquoi cet interrogatoire dont l'empressement l'avait fait se crisper ? Et pourquoi les regardait-il, elle et son livre, avec autant d'insistance ? Il semblait d'autant plus troublé qu'il ponctua ses questions d'une phase de réflexion où il ne semblait pas faire attention à la jeune femme ni à son mouvement de recul instinctif, refermant son livre et tentant de l'éloigner le plus possible de ce Kurosaki, dès fois qu'il soit intéressé par le lui reprendre.


« I don't know ! I don't know... »

Son cœur battant la chamade, ne sachant si elle devait craindre un quelconque assaut, une colère soudaine de la part du rouquin d'avoir vu une partie de la vie de son père se faire « voler » par une parfaite inconnue. Certes, il était calme, ne semblait pas lui chercher du mal et l'avait même sauvé, mais, et bien qu'elle-même n'en ait aucun souvenir, son corps, lui, était tendu, à l'affût, tel un animal, prêt à bondir pour se protéger, lui qui ne se souvenait que trop bien des sévices subies. Un tel contraste entre son esprit et son corps lui fit monter les larmes aux yeux ; elle n'avait, pour ainsi dire, pas de contrôle sur ses propres mouvements et en ignorait les raisons.

« I don't know... It just appears when I touch someone... »

De sa main libre, la jeune femme essuya les larmes qui inondaient de nouveau ses joues tandis que son nez se mettait à couler, l'obligeant à renifler bruyamment. Un peu comme si elle s'en sentait obligé, la jeune femme serra le livre contre elle alors que Tchigo lui posa une énième question, montrant le petit ouvrage rouge en même temps. Mais que voulait-il dire par « pouvoir » ? Ce n'était jamais qu'un livre, son livre.

« My daddy gave it to me for my birthday ! »
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Sam 21 Mar - 18:28




Marcher sur des œufs


Les morceaux épars de vérité au sujet de l’américaine se recollaient peu à peu et Ichigo voyait de ce fait ses suppositions se confirmer en allant. En effet, plus il passait du temps avec la jeune femme et plus il découvrait des choses sur elle sans avoir forcément besoin de toujours les demander. Oui, l’attitude de cette inconnue et les faits se produisant sous ses yeux fournissaient à eux seuls bien des réponses. Tant mieux car tenir une conversation poussée avec elle allait être ardue à cause de la barrière de la langue. Aussi, s’il pouvait tout comprendre seul, ça ne serait que mieux, d’autant plus qu’elle n’avait pas l’air d’être assez en forme pour pouvoir se lancer dans une telle discussion. Cependant, lorsqu’on est facilement en proie à l’impatience, ressentir un choc émotionnel augmente les chances d’agir avant de réfléchir... Et quand bien même, même si on est doué d’une bonne perspicacité et d’une bonne capacité de déduction, il est toujours bon d’obtenir la certitude de ce qu’on pense de la part de la personne concernée.

Le jeunot avait commencé par subir un état de choc en voyant quelques informations plus ou moins privées sur son père dans le bouquin de la violette. Il avait été tellement stupéfait qu’il n’avait même pas fait gaffe que la rescapée avait complètement pété la prononciation de son nom et de son prénom en voulant les répéter avec interrogation comme ayant mal compris ou les trouvant bizarres. Crosaki Tchigo... La vache, ça pouvait être que bizarre, c’était à faire hérisser davantage les hérissons. Dans la normalité, après avoir entendu un truc pareil, le rouquin aurait sûrement grossi les yeux en sourcillant fortement en mode « what the fuck » pour ensuite corriger la miss dans l’erreur, mais non... Son cerveau avait été complètement en bug sur les deux pages noircies et la chose lui était donc complètement passée au-dessus de la tignasse. Une chose à la fois, s’il vous plaît.

Ensuite, avec la stupéfaction se mêlant à son caractère impatient et téméraire, il avait été incapable de faire preuve d’une réflexion posée et poussée avant de faire quoique ce soit. Il s’était empressé de questionner la patiente pour obtenir des explications sur le phénomène qui se trouvait sous ses yeux... Oubliant même de parler anglais sur le départ, ce qui l’avait forcé à se reprendre pour ensuite essayer d’y aller mollo en se montrant calme, mais l’enchaînement de question n’avait pas trahi son manque de patience. Quand bien même, l’anglophone pouvait maintenant se corriger toute seule pour le nom de famille qu’elle avait prononcé de travers. Effectivement, celui d’Isshin était écrit noir sur blanc dans le carnet rouge et l’orangé avait stipulé qu’il s’agissait de son paternel avant de poser ses questions. Logiquement, le nom du fiston devait correspondre avec, hein ? Pour le prénom, l’adolescent allait avoir la surprise plus tard...

Bref, le lycéen ne s’était mis à réfléchir de manière plus poussée et silencieuse qu’après avoir lâché sa batterie d’interrogations soudaines en attente de réponses. Seulement voilà, sa réaction précédente provoquée par son impatience avait suffi pour mettre la convalescente dans tous ses états. En effet, elle avait eu un mouvement de recul tout en refermant et éloignant son livre du jeune homme comme si elle avait eu peur que ce dernier le lui prenne par convoitise. Cette dernière idée avait le potentiel de naître dans l’esprit de types malintentionnés, mais le rouquin ne se sentait pas concerné par ça. Bien évidemment, elle n’était pas censée le savoir, mais il fallait espérer qu’elle le comprenne d’elle-même par la suite. En attendant, elle avait en plus répondu qu’elle ne savait rien, d’abord spontanément comme un signe de défense, puis une deuxième fois sur un ton différent, montrant sa fragilité. C’était une attitude compréhensible au vue des circonstances. Ichigo était du genre à se faire très expressif, ce qui pouvait donner une certaine impression d’agressivité alors qu’il n’en était rien. Il s’était fait calme mais peut-être un peu trop soudainement pressé. Pour une étrangère déjà fragile mentalement, il n’en avait pas fallu plus pour la faire se braquer, la rendre craintive et tendue... Elle en avait même eu les larmes aux yeux. Ça pouvait donner la sensation de marcher sur des œufs... Il l’avait vu réagir ainsi alors qu’il était en pleine réflexion et il s’en voulut au premier abord. Il devait se rattraper et faire tourner ses méninges pour arrêter de la solliciter ainsi. Elle en était alors venue à répéter une nouvelle fois qu’elle ne savait pas et que les informations apparaissaient dans le livre seulement quand elle touchait quelqu’un. En disant ça, elle avait confirmé une partie de ce qu’avait déjà pensé l’adolescent, mais elle avait aussi fait savoir indirectement qu’elle était pleinement consciente qu’elle avait un don spécial. Ainsi, il avait pu aboutir à une conclusion qui répondait à toutes ses questions sur le sujet.

Il avait d'abord laissé la blessée se reprendre, chose que cette dernière avait commencé à faire en séchant les petites perles ruisselant sur ses joues et en reniflant de manière bien sonore sans perdre le réflexe de serrer son bien contre elle. Puis, il en était venu à tout simplement lui demander directement s’il s’agissait de son pouvoir, histoire d'être sûr que ce n'était pas causé par un autre fait quelconque extérieur. Enfin... Il n’y avait dorénavant plus d’autre alternative que l'explication du Fullbring. En effet, après analyse, il venait tout juste de réaliser qu'un faible reiatsu typique des Humains à pouvoirs provenait d'elle. De ce fait, avec tous ces indices, il ne voyait pas ce que ça pouvait être d'autre, mais il voulait quand même entendre la réponse de l'américaine. Il observait ainsi l’alitée avec sérieux, celle-ci venant lui rétorquer que le livre était juste un cadeau offert par son père pour son anniversaire. Bon, il savait maintenant pourquoi elle y tenait tant... Mais, il était désormais certain que cet objet était la source de son propre Fullbring vu comment il lui était précieux et surtout vu le lien qu'il y avait avec elle dans ces faits paranormaux. Par contre, il se rendit compte aussi qu’elle ignorait tout ça totalement... Elle devait sûrement même pas savoir que son pouvoir était un Fullbring. À vrai dire, elle ne semblait même pas avoir connaissance de comment s’en servir comme elle le souhaitait, ça se pointait malgré elle à chaque fois d’après elle. Elle manquait autant de maîtrise ? Oulala... Il ne pouvait pas la laisser comme ça, ce n’était pas possible. Il vint à se détourner brièvement d’elle pour attraper une boîte de mouchoir et la mettre à disposition de la jeune femme qui reniflait sa morve et faisait taire ses larmes. Il soupira ensuite doucement en cherchant comment s’y prendre avec elle, venant s’appuyer sur le bord du lit, une main venant frotter son front tandis que son regard était baissé. En plus de ça, il devait aussi songer à comment tout raconter en anglais, les choses en étaient que plus difficiles. Un peu de concentration, il allait y arriver. Ce fut avec cette motivation intérieure qu’il releva les yeux vers elle pour prendre la parole.



Listen to me... You know that you possess an unique talent... This type of special power is a « Fullbring » and this book you like is the essence of yours... I’m pretty sure of that... There is no other explanation.


Il pensait avoir bien dit les choses et se répéta les mots dans sa tête pour s’en assurer. C’était chaud, comme on dit. Il manquerait plus qu’il se foire dans la composition de ses phrases pour que le sens de ce qu’il voulait dire en soit perverti. Non, il ne le fallait pas, c’était déjà assez chiant comme ça pour risquer une quelconque complication. Il se faisait déjà super général car expliquer précisément ce qu'était un Fullbring et comment ça fonctionnait dans une langue étrangère... Ce n'était pas gagné. Il vint donc à passer à la suite de ses idées.


But... I see that you don't know use it when and as you want... You must learn to control it... Like that... Everybody will be able to touch you without pain for you... And without that something will appear necessarily in your book with a red light... Do you understand?


Il cherchait toujours ses mots en allant sans se perdre dans le fil de ce qu’il voulait dire. Il espérait ainsi qu’elle suive sans se montrer apeurée ou choquée une nouvelle fois. Il croisait aussi les doigts pour pas qu'elle le prenne pour un taré ou carrément pour un type qui lui racontait n’importe quoi pour l’amadouer. Il n’avait pas parlé du fait que c’était gênant qu’elle puisse obtenir des informations plus ou moins privées sur qui elle voulait comme ça. Bien sûr que ça l’avait fait un peu tiquer de voir des trucs sur son père dans le bouquin d’une inconnue, mais son but n’était pas de la mettre mal à l’aise car il savait que ce n’était pas de sa faute et ce n’était surtout pas le moment de l’enfoncer. Sans oublier qu’elle devait déjà savoir que ce n’était pas louable sur le plan moral, non ? C’était évident, elle était traumatisée mais pas non plus stupide. Eh puis, c’était un pouvoir comme un autre... On pouvait espérer qu’elle puisse s’en servir à bon escient dans un avenir proche. Il avait également évité d’évoquer le fait qu’elle pouvait avoir des ennuis à cause de ce souci de maîtrise qui ne lui permettait pas de se faire discrète. Des gens ne connaissant rien au monde spirituel pouvaient très bien trouver bizarre cette souffrance au toucher. D’autres au courant pouvaient aussi ne pas être contents de voir leur vie déballée dans le livre d’une étrangère à leur insu. Dans le pire des cas, des pourritures pouvaient se servir d’elle à leur guise sans avoir besoin de son consentement. Si ça se trouvait, elle en avait déjà fait les frais, ce qui expliquerait son attitude craintive envers lui. Il ne devait pas occulter ces possibles faits et il devait l’aider à avancer et à arranger ses lacunes comme il le pouvait pour qu’elle puisse être épargnée au maximum de davantage de souffrances à l’avenir en rapport avec ce fameux pouvoir. Le plus important était qu’elle devait se sentir en sécurité maintenant, qu'il ne lui voulait aucun mal. Il faisait de son mieux pour elle... Encore fallait-il qu'elle en prenne conscience. Aussi, il devait sans cesse la rassurer, c’était primordial. Mais, il avait besoin de savoir un petit truc quand même...


So... Can you tell me your name?


Forcément, il ne pouvait pas s’imaginer aller plus loin dans la conversation sans même savoir le nom de cette pauvre fille. Comment pouvait-il s’adresser à elle autrement ? À part la désigner de manière impolie et indirecte comme si elle était une personne quelconque dans la rue qui ne méritait pas plus d’attention ? Non, il n’était pas comme ça. Par contre, pourvu qu’elle n’était pas amnésique...


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Mer 25 Mar - 13:56




Le changement d'état était complet. Il y a quelques instants à peine, lui qui semblait si désireux de savoir, qui écoutait avec attention les moindres paroles de la jeune femme, semblait plongé dans des réflexions si profondes. Son visage était devenu grave, comme s'il comprenait des choses qui étaient à peine imaginable pour la jeune femme, comme s'il était torturé d'une idée qui germait et prenait forme. Sa gestuelle en elle même était inquiétante, comme s'il cherchait des mots durs, à comprendre ou à dire. Notre inconnue n'avait, bien entendu, pas eu cette réflexion, elle n'avait pas cherché à décrypter les émotions de son sauveur, pas plus qu'elle n'avait réfléchi elle-même à ce dont il pouvait bien penser. Mais d'instinct, de voir ainsi son interlocuteur si torturé par ses pensées, la fit s'inquiéter, par une empathie incontrôlée.

Ce n'est que lorsqu'il se décida alors à parler que son inquiétude atteignit son paroxysme. Les trois premiers mots prononcés étaient rarement de bon augure et, si elle ne s'en souvenait pas en l'instant, son corps se rappela avec exactitude sa réaction lorsque son père avait prononcé ces mêmes paroles le jour où elle appris la mort de sa mère. C'est avec un cœur battant la chamade d'appréhension qu'elle écouta ce que son sauveur avait à lui dire, presque sans respirer. Toutefois, ce qu'elle entendit par la suite fut plus qu'étrange, presque impossible à croire pour une personne sensée. Bien qu'elle ne s'en souvint pas elle-même, son corps était bel et bien celui d'une jeune femme de 24ans.

Aucune femme de son âge n'aurait pu prendre de telles allégations au sérieux, les pouvoirs n'existaient pas, la magie n'existait pas, ce n'était que prestidigitation et tour de passe-passe. Comment ce jeune homme pouvait croire un seul instant que quelqu'un irait prêter attention à ses dires, que quelqu'un pourrait sincèrement prendre cela comme la vérité. Mais si son corps se rappelait ses 24ans, son esprit, lui, n'était que celui d'un enfant. Une petite fille effrayée, dont le corps et le cœur meurtri avait été emmené par un inconnu dans un place inconnue, qui lui avait sauvé la vie. Ainsi lorsque ce Tchigo lui affirmait qu'elle possédait un pouvoir, dont le nom lui échappait un peu pour tout dire, ce fut d'abord l'incompréhension qui laissait place à l'appréhension, pour enfin céder à une face souriante de joie!


 « I'm a super-hero ?! Like the Powerpuff Girl ? »

Cela n'était probablement pas la réponse que Tchigo attendait, ni même la réaction que la plupart des gens auraient eu, mais elle n'était pas « la plupart des gens ». Elle était à part, et pas seulement parce qu'elle possédait un pouvoir. Puis, son intérêt augmenta d'autant plus quand, non seulement le garçon roux lui apprit qu'il était possible qu'elle n'ait plus mal lorsqu'on la touchait. Étrangement, il lui était plus difficile de croire à pareil miracle qu'au fait qu'elle puisse posséder un quelconque pouvoir. Mais son corps se tendit en avant, comme si s'approcher de ce jeune homme pouvait l'aider à mieux entendre, à mieux comprendre, à accepter plus facilement. Son enthousiasme était d'autant plus fort que tout son corps se souvenait avec exactitude la morsure de chaque contact et n'attendait qu'une chose : s'en débarrasser.

 « You're a super-hero too, Tchigo ? Can you show me your power ? Ho please, show me ! Show me ! »

Son comportement n'était plus que celui d'une véritable enfant, excitée à l'idée de rencontrer un véritable super héros tel Superman. Et puis, Tchigo l'avait sauvé après tout, il l'avait pris dans ses bras et l'avait emmené jusqu'ici pour la soigner, c'était donc forcément un super héros ! Mais soudainement cette excitation, cette joie s'évanouit brutalement comme si un lourd rideau noir s'était abattu. Son regard étincelant et grand ouvert perdit de son éclat alors que ses sourcils se fronçaient en une mine décontenancé. Son sourire se fissura, branlant, avant de disparaître. Une profonde mélancolie mêlée d'une touche de nostalgie et de tristesse s'empara alors de ses yeux, ne pouvant plus regarder son interlocuteur en face, elle se rassit correctement sur son lit, fixant ses mains dont les doigts s'entremêlaient avec gêne et désarroi, le livre posé sur ses genoux.

 « I don't have a name... », s'en était à peine un souffle, un murmure. « They used to say that I was just an Information Research Unit... They called me I.R.U. ... but..» Ses mains se serrèrent légèrement. « I don't like it...»
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Lun 6 Avr - 22:21




A name for a better life?


L’heure tournait... Et bien que veiller tard n’était pas très conseillé, l’adolescent ne s’en préoccupait pas tant qu’il pouvait tenir. À vrai dire, il était habitué à faire des nuits blanches ou hachées avec sa responsabilité de Shinigami Daikô. Effectivement, c’était un véritable entraînement contre la fatigue que de se faire extirper de son sommeil à l’improviste par une sonnerie répétitive et tonitruante venant d’une petite plaquette de bois atypique et de ne pas savoir précisément quand on pouvait retourner se pieuter parce qu’il fallait courir après des visiteurs. Ajoutons à ça ses obligations de lycéen et la boucle est bouclée. Enfin, mener une telle vie était un choix personnel qu’il avait fait avec détermination. En tout cas, il n’avait pas cours le lendemain et son badge était silencieux, ce qui était pas mal arrangeant. Cependant, ce n’était pas non plus une raison pour se permettre de trop tirer sur la corde car il était nécessaire que la convalescente se repose. Aussi, il songeait à faire le tour des principales interrogations avant extinction des feux.

Après les premières péripéties, il avait fait place à un grand instant de réflexion avant d’aboutir plus ou moins à des réponses grâce à quelques constatations. Tout ça lui avait donc permis de faire le point, de mettre les choses au clair avec cette jeune femme. Il s’était ainsi fait sérieux, sans pour autant être trop grave ou stressant. Pourtant, il avait senti son interlocutrice se tendre une fois de plus en retenant son souffle à peine qu’il eut prononcé trois simples mots pour capter toute son attention. Il devait être intimidant malgré lui, le pauvre gars... Ou elle était définitivement trop traumatisée. Fort heureusement, il ne s’était pas arrêté à ce constat, auquel cas, il ne pouvait plus rien lui dire.

Il avait donc commencé par poser les bases, planter le décor, en l’informant avec assurance que la capacité qu’elle possédait était un Fullbring prenant source dans le petit livre rouge qu’elle conservait précieusement. Une pause s’était ensuite faite dans sa prise de parole, le temps de s’assurer d’avoir bien résumé et dit les choses alors qu’il avait relevé les yeux vers elle pour déjà observer sa réaction. À en juger de la tête et du silence de la violette, cette dernière avait été paumée. Le rouquin avait alors manqué de lâcher un soupire de désespoir en se demandant comment s’y prendre pour lui expliquer tout ça en anglais. Puis, il avait ensuite haussé un sourcil en l’ayant vu progressivement changer d’expression faciale, comme si elle avait essayé de comprendre ce qu’il avait dit. Il fallait dire que tout ce qui était pouvoir ou magie pouvait être de l’ordre de la science fiction, donc difficile à croire, mais vu qu’elle avait déjà conscience d’avoir un don hors du commun, il y avait eu des chances pour qu’elle parvienne à réaliser les choses de manière optimale... De ce fait, une petite lueur d’espoir avait alors naquis chez le jeunot qui avait pensait être épargné de difficultés supplémentaires. Malheureusement, ça n’avait pas été tellement le cas. En effet, de manière inattendue, l’américaine s’était subitement montrée pleine de joie comme une gamine à qui on offrait le jouet qu’elle voulait tant. L’orangé avait alors fait une tête bizarre en ayant à son tour eu du mal à percuter la raison sensée d’une telle attitude soudaine, jusqu’à temps qu’elle lui sorte une réplique qui avait manqué de le faire tomber de sa chaise. En effet, elle s’était extasiée en demandant si elle n’était pas un super héros, comme... What ? Les super nanas ? Le cartoon ringard pour gosse ? Elle avait quel âge pour lui sortir ça ?! Est-ce qu’elle était attardée ?! Ichigo en était venu à écarquiller les yeux tout en sourcillant bizarrement, scotché devant ce qu’il avait entendu. En fait, elle avait carrément tout gobé en entier sans réticence particulière en répondant... Comme un enfant. Était-ce un effet du traumatisme ? ... Il y avait des chances... Aussi avait-il décidé d’aller en son sens sans chercher plus loin pour ne pas casser sa joie retrouvée, mais sans pour autant faire l'hypocrite non plus, acquiesçant alors avec un air assez blasé... Tant qu’elle comprenait qu’elle avait des pouvoirs spéciaux, c’était le principal.



Yeah... If you want...


Le lycéen s’était demandé s'il allait vraiment réussir à gérer la situation ou s’il allait chopper un mal de crâne à force. Non, il ne devait pas perdre pied. Il se devait de continuer à exposer ses idées. Il avait donc continué sur sa lancée en reprenant son sérieux, venant à nuancer ses propos en faisant savoir qu’elle devait corriger son manque de maîtrise pour pouvoir être en somme libérée de tout désagrément lié à son pouvoir. Naturellement, il avait demandé si elle avait continué à le suivre. Mais, il s’était retrouvé à devoir se redresser pour reprendre un peu la distance qu’elle avait empiété en se penchant de plus en plus vers lui comme une personne hypnotisée par la chose convoitée. Sur le coup, il s’était senti mal à l’aise en se demandant quel était réellement le problème de cette Fullbringer. Il avait toujours du mal avec la forte proximité physique avec les autres, que ce soit homme ou femme. Une nouvelle réplique sidérante était alors sortie de la bouche de la patiente qui était restée aussi excitée qu’un môme face à son idole et c’était le cas de le dire. Elle avait demandé si lui aussi était un super héro. Il ne se considérait pas comme tel mais si elle avait entendu par là le fait de détenir des pouvoirs, alors il pouvait répondre positivement. Cependant, il s’était plutôt figé en entendant la prononciation de son prénom. Il avait bien entendu : elle le lui avait explosé. Tchigo ? Mais, c’était nul ! Il fallait rectifier le tir parce qu’il était hors de question de rester baptisé ainsi. Elle avait continué sa prise de parole en le suppliant de lui montrer ses pouvoirs. Il avait bien soupiré intérieurement sur ce coup-là.


Later... When you’ll feel better. And, it’s Ichigo, not Tchigo.


Il avait bien insisté sans animosité sur le premier « i » tonique de son prénom, ne voulant pas se retrouver avec un nom ressemblant à celui que l’on pouvait conférer à un chien. Aussi, elle venait à peine de se réveiller de son opération, elle devait donc cesser de s'agiter de la sorte pour plutôt se reposer... Lui montrer quoique ce soit dans ces conditions reviendrait à faire l'inverse de ce qu'il fallait pour elle. Sans oublier qu'il était tard et il n’avait eu aucunement envie de faire une quelconque démonstration dans l’immédiat... Et puis, il n’était pas là pour faire le phénomène de foire ou en mettre plein la vue, ses capacités ne lui servaient pas à ça. Seulement, il y avait une dernière chose qu’il voulait savoir avant de la laisser pour la nuit : le prénom de l’anglophone. Il l’avait donc questionné à ce sujet, mais il ne s’était pas attendu à voir un tel changement de comportement de sa part. Ce visage si rayonnant de joie s’ébranla, quittant la bonne humeur pour devenir progressivement attristé et sombre, les yeux se baissant vers le sol. Lui qui ne voulait pas la refroidir, c'était raté... Elle se rassit en même temps bien dans son lit en jouant nerveusement avec ses doigts, ce qui inquiéta déjà le rouquin, bien qu’il pouvait se relaxer un peu de cette nouvelle prise de distance avec lui. Il l’entendit alors à peine murmurer qu’elle n’avait pas de nom, ce qui lui fit grossir les yeux. Non, elle n’avait pas dit qu’elle ne s’en souvenait plus, mais bien qu’elle n’avait pas de nomination. Qu’est-ce que c’était que cette histoire ?! Comment c’était possible ? Il comprit mieux par la suite le pourquoi du comment. Sans donner de noms, elle évoqua un groupe de personnes qui la qualifiaient de... « Information Research Unit »... Ce qui les amenait à l’appeler par l’acronyme I.R.U.. Unité de recherche d’information..? Sur le coup, Ichigo resta choqué non seulement pour le fait qu’on avait pu la nommer comme si elle était une chose, un genre de robot, mais aussi parce que... Ça montrait assez clairement qu’elle avait servi de cobaye, d’outil. C’était ce qu’il avait redouté dans sa réflexion... On l’avait déjà exploité... Mais, le nom faisait penser que ça provenait d’une sorte d’organisation, mais laquelle ? Cette affaire devenait de plus en plus grave. Il continuait de l’observer en réalisant que si elle avait une personnalité comme ça, c’était peut-être parce qu’elle n’avait pas eu le droit à une enfance normale. Au contraire, cette dernière avait dû être cauchemardesque. Dans le genre traumatisme, on tapait haut... Avec ce type d’exploitation, on n’avait pas dû faire attention à la souffrance qu’elle endurait et l’expérience avait dû être régulière. Cette explication donnait la raison de ce comportement à son égard. Mais, sur qui l’avait-on utilisée ? Dans quel but ? ... Du coup, il devinait aussi qu’elle était sans doute recherchée... Avait-elle fui son pays ? C’était à parier, mais elle n’avait pas dû être seule pour y arriver. Qui avait pu l’aider ? Avait-elle encore de la famille ? Avait-elle été accompagnée lors de son accident ? Était-elle la seule rescapée ? Il allait savoir ces deux dernières choses via son père très vite. En tout cas, petit à petit, les morceaux continuaient de se recoller.

Il restait foncièrement grave suite à son choc émotionnel, alors que la fameuse I.R.U. concédait en se crispant qu’elle n’aimait pas cette nomination. Franchement, qui l’aimerait ? Aussi, même si elle ne l’avait pas dit, jamais le jeune homme l’aurait appelé ainsi. C’était inhumain et ça le répugnait. Il cherchait donc à contourner ça, voulant la faire se sentir mieux.



Would you want a name? ... Like... Aya? You like « Aya »?


Aya... Ça lui était venu spontanément. À quoi avait-il pensé pour que ce prénom lui vienne ? En fait, il avait juste voulu se baser sur quelque chose de joli et de féminin... Quoi de mieux qu’un prénom commençant par un « A » et finissant sur la même lettre ? C’était en plus très court et facile à retenir, le genre de prénom qu’il préférait. Si on allait plus loin, ça signifiait « celle qui amasse »... Ce qui correspondait très bien à la jeune femme capable de récolter des informations sur autrui. Dans tous les cas, il voulait la soutenir autant qu’il le pouvait... Alors, s’il pouvait déjà lui remonter le moral, ce serait une bonne chose.


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Jeu 28 Mai - 23:06



Les gouttes d'eau frappaient les vitres avec mesure et régularité. La pluie ne semblait pas vouloir s'arrêter, le ciel couvert d'épais nuages noirs empêchait la moindre lumière nocturne de pénétrer dans la petite chambre. D'aucun aurait trouvé pareil ambiance sordide, angoissante, démoralisante. D'autres s'en seraient réjouis, appréciant la douce musique naturelle, profitant de l'obscurité ambiante pour se détendre, lire un livre pourquoi pas. Mais ce soir, l'atmosphère n'était pas à la lecture. A la joie, se bataillait la tristesse, l'amertume, une nostalgie sur le visage en porcelaine de la jeune femme amnésique. Son nom lui était inconnue, on lui avait donné une dénomination quelque peu honteuse dont elle ne voulait pas. Elle, dont la mémoire était un vide sans fin, avait la malchance d'oublier ce qui lui était un jour important, se souvenant de ce dont elle ne voulait pas.

La joie, c'était cet inconnu, ce dénommé I-Tchigo, qui lui avait brièvement apporté, lui confiant alors qu'elle était une super-héroïne avec le lot de super-pouvoir qui  va avec. Il lui avait également avoué être un super-héros lui-même, en quelque sorte puisqu'il avait surtout acquiescé d'un air contrit aux déclarations infantiles de celle qu'il avait sauvé. Pour quelqu'un comme elle, qui n'avait rien à quoi se raccrocher, pour qui le monde semblait être le plus dangereux des terrains de jeux, elle chez qui son esprit avait régressé jusqu'avant même son adolescence, apprendre qu'elle était plus qu'une simple petite fille, plus qu'un jouet entre les mains des adultes, c'était comme de voir le soleil se lever après une tempête, comme un rameau d'olivier après le Déluge.

Cette même joie s'était trouvée entaché, temporairement, certes, mais salie tout de même. Ce n'était que justice, si l'on pouvait dire, que cet I-Tchigo demande à son tour l'identité de la jeune femme, mais cela la déchira plus qu'elle ne l'admettrait probablement. Un sanglot lui prit la gorge après sa réponse. Le silence qui s'imposa par la suite ne le rendit que plus difficile à dissimuler. Délaissant son livre, l'une des rares fois où cela arrivait, celle qui fut nommée I.R.U. ne savait que faire. Son regard était rivé dans le vide, n'osant pas porté ses yeux sur son interlocuteur. Se moquerait-il d'elle pour ne pas avoir de nom ? Peut-être même se mettrait-il en colère, croyant qu'elle lui mentait. Les adultes n'aimaient pas les mensonges. Les premières larmes se mirent à couler silencieusement le long de ses joues d'albâtre, embuant ses lunettes rouges légèrement cassées.

Mais alors qu'elle ne pouvait empêcher sa tête d'imaginer toutes les punitions que cet adulte-ci pourrait lui infliger – il aurait été en son droit, qui croirait une petite fille qui affirmait ne pas avoir de noms ? Peut-être allait-il lui crier, la frapper, ou pire, lui confisquer son livre, la laissant seule dans l'obscurité de cette chambre. Qui lui en voudrait ? Qui l'en empêcherait ? – l'impensable se produisit. Non seulement I-Tchigo ne semblait pas lui en vouloir, mais il se proposait de lui-même à lui donner un nom, un vrai ! La stupeur lui fit relever la tête. Avait-elle bien entendu ? Était-il sérieux ? Il n'avait aucune raison de faire cela, alors pourquoi ? Mais peu lui importait la raison, après tout ! La joie avait fait place à la peine, la peine à la stupeur, la stupeur à l'allégresse. Incapable de prononcer un mot, celle qui s'appelait dorénavant Aya hocha frénétiquement la tête, alors que les larmes, de joies cette fois, coulait sans retenue. Les quelques paroles qui franchirent le pas de ses lèvres furent nettoyer dans les sanglots.


« Aya... My name is Aya... »Furent les premiers mots intelligibles qu'elle prononça, un grand sourire aux lèvres. Sourire qui s'illumina d'autant plus franchement qu'une idée lui vint en tête, alors elle se tourna vers I-Tchigo, le regarda à travers le trouble que ses larmes avaient laissé dans son champ de vision. «Aya Kurosaki ! »

Avant de se laisser à rire un peu, rattrapé ensuite par un bâillement soudain qu'elle étouffa d'une main avant d'essuyer ses joues du revers de sa manche. La fuite, l'accident, elle ne s'en souvenait pas, elle, pas complètement, mais son corps était bel et bien en quête de repos et de guérison. Elle avait beau oublier les événements, ils n'en restaient pas moins contraignant et éreintant.

« I-Tchigo... », dit-elle d'une voix légèrement pâteuse, appuyant fortement sur ce i tonique qui semblait si important, quitte à prononcer le nom comme deux parties séparées. « How do you know that i'm a super-hero ? And where does my power come from ? » Articula-t-elle alors, étouffant un second bâillement intempestif. On venait de lui dire qu'elle était une Super-Nana et elle avait enfin un vrai nom à elle, pas question de dormir pour l'instant !
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Mar 23 Juin - 0:11




A new Kurosaki family

member?!


Finalement, comme pour accompagner la scène qui se déroulait dans la pièce où se tenaient Ichigo et I.R.U., la pluie retombait de nouveau et martelait les fenêtres, provoquant ainsi un bruit de fond continu et régulier en plus d’une obscurité quasi totale dehors. En fait, Ichigo n’avait pas pensé mettre la jeune femme aussi mal juste en lui demandant son nom. S’il avait su, il se serait abstenu. Quand bien même, la situation ne pouvait pas avancer s’il n’en apprenait pas plus sur elle. Amnésie ou traumatisme, voire les deux, il avait fallu en avoir le cœur net.

En attendant, l’américaine qui avait été toute joyeuse en obtenant des explications et des solutions envisageables pour son problème de pouvoir avait subitement rechuté dans une profonde tristesse. Le silence qui s’était lourdement installé dans la salle avait permis au rouquin d’entendre un son guttural de sanglot provenant de la convalescente malgré la pluie battant les vitres. Ce mal être avait été tel que comme par dégoût ou abandon, elle en était venue à délaisser son ouvrage en gardant son regard perdu dans le vide, regard qui, bien que dissimulé derrière des carreaux de lunettes cassés, avait laissé voir la naissance de perles argentées qui s’étaient bien vite échappées pour glisser le long de cette peau de porcelaine. Devant pareil spectacle et surtout pareille histoire à peu près reconstituée avec encore des morceaux de puzzle manquant, l’adolescent n’aurait jamais pu rester de marbre. Il s’était donné le devoir de l’aider autant qu’il le pouvait.

Aussi, pour commencer, il avait voulu au moins la réconforter, lui redonner le sourire qu’elle avait juste avant cette rechute. Il avait aussi souhaité lui donner un meilleur nom que « Information Research Unit » ou « I.R.U. ». en attendant, parce que jamais il ne se permettrait de l’appeler ainsi. Sans doute que ça allait en même temps lui faire plaisir d’avoir un vrai nom ? Il avait alors pris la liberté de choisir de l’appeler « Aya » et lui avait demandé si ça lui allait. Il n’eut pas l’occasion d’attendre car la réaction de l’anglophone fut immédiate. Elle leva en effet une tête stupéfaite vers l’avant comme cherchant à savoir si elle avait bien entendu, si elle n’avait pas halluciné, pour aussitôt opiner vivement du chef à répétition avec une joie plus grande encore que la précédente, sans que les larmes ne cessent pour autant... Non, elles coulaient davantage... Mais vu cette attitude nouvelle, ça ne pouvait qu’être des larmes de joie. Rien que de la voir comme ça rassura Ichigo qui se détendit dès lors un brun, tandis que la voix féminine de la violette tentait de percer clairement à travers les sanglots. Elle répéta son nouveau prénom... Avant d’affirmer que c’était maintenant bien le sien avec un sourire qu’on pouvait qualifier de radieux. Radieux à un tel point qu’il fut un tantinet contagieux pour la tête en feu qui vint à adoucir ses traits faciaux pour alors afficher un léger sourire.

Cependant, encore une fois, il ne s’attendait pas à ce qu’une idée des plus stupéfiantes traverse l’esprit si tourmenté autrefois de la patiente. En effet, celle-ci laissa son sourire s’amplifier avant de se tourner vers le jeune homme, l’observant donc en ayant toujours des larmes s’écoulant de ses yeux, avant de déclarer à nouveau son prénom, mais pas seulement. Elle déclara aussi un nom... Mais pas n’importe lequel : celui du hérisson roux. Pour le coup, le rouquin se figea et agrandit son regard en réalisant ce que ça pouvait vouloir dire. Donner un prénom, il pouvait, mais il n’avait pas pensé jusqu’à donner un nom de famille, et encore moins donner le sien. Elle l’avait choisi toute seule. Alors quoi, elle le considérait déjà comme quelqu’un de si proche au point de bien vouloir s’approprier son nom de famille ? Est-ce qu’elle comprenait au moins ce que ça signifiait ? Si oui, alors elle considérait Ichigo comment ? Comme un frère ? Un père ? Oula... Tout ça commençait à aller un peu loin, non ? Mais, il n’eut pas le cœur à la contredire... La voir si heureuse et même riante pour la première fois lui coupait cette envie, et l’imaginer déchanter encore plus. Bon... Après tout, il n’y avait rien d’officiel, hein ? C’était juste symbolique et affectif pour le moment. C’était même... Adorable...

Pendant que l’adolescent perdurait dans sa réflexion en gardant le silence, la nouvellement baptisée Aya cessa de rire quand l’envie durement répressible de bâiller la prit alors qu’elle ne put que l’étouffer dans sa main. Comme tout le monde le sait, voir quelqu’un bâiller est contagieux et le jeunot n’échappa pas à la règle, venant à faire comme son interlocutrice, c’est-à-dire bâiller dans sa main. Oui, il était vraiment tard, l’air de rien. En plus, il ne fallait pas oublier que la rescapée était convalescente et son corps comme son esprit devaient se reposer. Quand bien même, une personne en bonne santé serait aussi rattrapée par le sommeil à cette heure-ci, comme le grand dadais ici présent. Il était l’heure d’aller se pieuter et il était évident que le lycéen y avait déjà pensé, mais il avait voulu d’abord savoir certaines choses. Maintenant que c’était fait, il n’y avait plus tellement de raison pour faire retarder le sommeil. Mais, vraisemblablement, ce ne fut pas l’avis de la jeune femme. Elle reprit la parole d’une voix bien fatiguée pour d’abord prononcer le prénom de l’orangé en insistant un peu trop sur le i tonique, ce qui donnait un résultat assez étrange aussi, pour ensuite poser d’autres questions au concerné. Elle demandait comment il savait qu’elle était une super héroïne et d’où venait ses pouvoirs tout en venant retenir un autre bâillement ensuite. Allons bon... Ce genre de question ne pouvait pas attendre le lendemain ? Il risquait de répondre à côté de la plaque en commençant à être crevé, déjà que c’était la galère de s’exprimer en anglais pour parler de ce genre de chose... Après un léger soupire montrant qu’il enviait son lit quand même, il se décida à répondre en mettant sa condition quand même... Toujours en cherchant ses mots.



I will answer, but after we go to sleep, okay? ... I knew you were a Fullbringer because... You’re a human with special features... Like these red lights to the direct contact with another person... Your book who fills itself alone... And the spiritual pressure that you're emitting... The spiritual pressure enables to use your power and see spiritual entities such as the souls... For your power, it has Hollow origins... A Hollow is a bad soul... Your mother must have been attacked by one of them before you were born... Therefore, you came to the world by being predestined to have special gifts... But, that does not make you a bad person, don't worry... ... I'll tell you more later if you want...


Il avait surtout pris soin de la rassurer... Savoir que ses pouvoirs provenaient d'un monstre dangereux avait le potentiel de lui faire croire qu'elle était mauvaise alors que ça n'avait rien à voir. Il avait aussi conscience que toute sa réponse pouvait provoquer d’autres questions encore... Mais, franchement, si on devait partir de ce principe, ils étaient bons pour faire une nuit blanche et ça ne serait pas raisonnable. Dans le pire des cas, il était difficile de croire qu’Aya arriverait à tenir encore longtemps. Cependant, c’était bien normal qu’elle soit aussi curieuse vu qu’elle ignorait totalement tout ce qui concernait le domaine spirituel et qu’elle avait appris beaucoup de chose sur elle-même qui lui faisaient énormément plaisir. Par contre, il y a un temps pour tout, comme on dit. C’était l’heure de se pieuter. Pour preuve, si Ichigo avait un peu plus cherché ses mots que d'habitude et peut-être fait des erreurs linguistiques, il ne fallait pas chercher à comprendre pourquoi...


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Mar 23 Juin - 15:08



La petite chambre de la clinique résonnait encore des pleurs et des rires qui s'étaient fait entendre. La pluie elle-même semblait se faire plus discrète, comme se refusant à troubler un tel moment, comme s'il semblait inconcevable de gâcher la joie d'une petite fille, qui ne l'était plus tant. De voir son sauveur et baptiseur bailler en canon avec elle lui arracha un nouveau sourire, un peu moqueur. Si cette journée avait été éreintante, sanglante, couvertes de douleurs, de peine et de souffrance, ces quelques instants semblaient racheter les plusieurs jours de poursuite et de stress, bien qu'elle même n'en avaient aucun souvenir. Tant d'émotions fortes en si peu de temps, peu de gens auraient pu en supporter autant et elle n'en faisait pas parti. Son corps réclamait maintenant repos et sommeil, elle avait faim et soif, son être brûlait d'en savoir plus sur tout ce que cet I-Tchigo venait de lui raconter, tout en tremblant d'un froid inhérent à sa condition actuelle.

Alors qu'un léger silence laissait retomber les dernières bribes de rires, celle qui s'appelait dorénavant Aya fit rouler silencieusement ce nouveau nom sur sa langue, comme pour s'en imprégner, luttant par la même contre la fatigue qui embrumait petit à petit son esprit las, goûtant cette nouvelle appellation comme s'il s'agissait d'une douceur sucrée. Aya Kurosaki. Ce nom ne signifiait, pour ainsi dire, rien, mais elle n'en avait pas d'autres et c'était celui de son sauveur après tout. C'était, pour elle, une façon de le remercier, de  s'approprier ce nouveau prénom. Et puis c'était beaucoup d'avoir un nom avec son prénom, sinon elle était comme incomplète ! Elle l'avait déjà été, incomplète, quand elle vivait là-bas, dans cette prison, avec tout ces gens. Elle n'en avait plus réellement de souvenirs clairs, c'était plutôt comme un sentiment confus et brumeux, toujours en arrière-plan, une sensation de mal-être non-identifiable.

Mais, bien que I-Tchigo semblait tout aussi fatigué, il prit le temps de lui répondre, cherchant ses mots pour lui faire comprendre quelque chose qui se révélait plutôt compliqué à aborder, promettant de répondre sincèrement à condition qu'elle aille se coucher après. Son regard se posa toute fois avec envie sur le lit de la jeune femme, montrant bien qu'il ne souhaitait probablement qu'une chose, aller dormir, mais Aya ne remarqua rien de tout cela, baillant de nouveau tout en se frottant les yeux derrière ses lunettes, bien décidé à tout écouter jusqu'au bout. C'est donc d'un hochement de tête, qui ne devait sa vigueur qu'à la fatigue qui lui faisait relâcher ses muscles un peu trop, qu'Aya fit comprendre à son interlocuteur roux qu'elle était partante et bien décidée. Avec tout le sérieux dont elle était capable sur le moment, Aya plongea son regard lourd de lassitude vers l'hérisson roux, clignant des yeux bien plus que de normale pour rester fixe.

Malgré tout, à peine les explications commencées, La jeune amnésique brune était déjà complètement paumée. Un nouveau mot venait de faire son apparition soudainement : Fullbringer, l'extraction totale. Extraction de quoi, exactement ? Mais si cette question avait soudainement fait pop dans l'esprit de la jeune femme, elle l'a laissa se dissoudre dans les méandres de sa fatigue, d'autant plus qu'Ichigo continuait ses explications et son papa lui avait toujours dis que c'était mal élevé que de couper la parole à quelqu'un, ça elle s'en souvenait ! Le rouquin enchaîna sur une histoire d'esprits, de fantômes et d'énergies... Avait-elle déjà vu des fantômes ? Oui, souvent même, notamment il y a quelques heures après l'accident de voiture, mais pour elle il n'y avait aucune trace de telles visions dans sa mémoire. La perplexité et l'incompréhension devait probablement se lire sur son visage. Puis vint alors la révélation soudaine qui aurait changé bien des choses pour bien des gens, probablement jusqu'au fondement de leur personne. Mais là encore, pour Aya, ce n'était rien, parce que I-Tchigo lui avait dit que cela ne vouait rien dire.

Selon lui, si aujourd'hui elle pouvait fièrement s'appeler une Super-Nana, c'était parce que sa maman, un jour, avait rencontré un mauvais esprit et qu'il lui avait donné des pouvoirs. Mais dans ce cas, était-ce vraiment un mauvais esprit ? À moins que I-tchigo se soit trompé ? Ou qu'Aya ait mal compris ce qu'il racontait... Ce qui était d'ailleurs le cas. Encore bloqué sur ce mot, « fullbringer », la jeune femme s'était progressivement, mais sûrement, assoupie durant les explications pourtant claires et relativement simple, pour une heure et un sujet pareil. Luttant contre le sommeil qui gagnait petit à petit du terrain, le lit s'était petit à petit transformé pour devenir de plus en plus moelleux, de plus en plus attirant. La couverture s'était réchauffée et l'enveloppée un peu comme un cocon. Il était de plus en plus difficile, pour elle, de ne pas s'endormir. Aussi, sans même qu'elle ne s'en rende compte, ses yeux s'étaient fermées, sa tête reposant aussi confortablement que possible contre l'oreiller dans une position mi-assise, portant encore ses lunettes de travers.

Sa respiration s'était ralentie un peu, preuve de son sommeil profond dans lequel elle s'était plongée sans le savoir. Instinctivement, son corps se recroquevilla de lui-même un peu plus sous la couverture, bercée par la voix d'Ichigo. Tant pis pour la fin des explications, elle repasserait ! Mais alors que son esprit s'assombrissait petit à petit d'une douce chaleur, réconfortante et apaisante, une petite lumière restait allumée loin, loin, au plus profond de son âme. Une légère clarté azur qui brillait inlassablement, attentive, patiente. Autour flottait une petite sphère qui s'éloignait lentement, gravitant toujours autour de ce noyau bleuté, mais un peu plus loin. Une seconde sphère, plus vaporeuse, sembla prendre consistance, gravitant avec la même lenteur. Si l'on s'en approche, un nom se fait entendre comme un murmure : Aya. Sur la surface marbrée de la plus grande des trois, un bruit se fit entendre. Comme une tintement, comme un verre qui se brise. Une légère fissure y fit son apparition, minuscule comparée à la grosseur du noyau, mais gigantesque toutefois. De ce qui n'était jamais qu'une simple égratignure, une goutte nacrée en sortie, semblant tomber dans l'infinie noirceur avant de frapper la surface lisse d'un lac invisible, résonnant dans le néant environnant jusqu'à refaire surface.


 « Papa... Ichigo... » Pouvait on entendre dans un souffle.
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Dim 26 Juil - 20:44




Promesse silencieuse


Finalement, il ne s’en sortait pas si mal avec cette jeune femme. Malgré la situation délicate et peu commune, tant au niveau de la barrière de la langue que de l’état de la patiente aussi bien mental que physique, il avait réussi à lui redonner le sourire... Un sourire sincère et plein de joie, ponctué par un rire. Contrairement à il y a deux années, il était moins rustre, plus méticuleux avec les sentiments. Sa rencontre avec la petite Shinigami brune y était pour beaucoup, mais il y avait également les différentes péripéties qu’il avait dû traverser. Tout ça lui avait permis de mûrir et d’être plus compréhensif qu’il ne l’était déjà. Son tempérament naturel et bienveillant avait fait le reste car il avait toujours eu un bon fond qui avait longtemps demandé à être mieux interprété envers les autres. Aussi, juste être présent près d’elle en ce moment difficile, la rassurer comme il avait pu, prendre le temps de lui expliquer ce qu’elle avait voulu savoir et enfin proposer d’adopter une nouvelle identité digne d’un être Humain, ça avait réussi à animer joyeusement ce visage qui s’était montré en premier lieu ravagé par la douleur et les blessures.

Néanmoins, l’heure tardive avait commencé à avoir raison des deux protagonistes et les bâillements s’étaient succédé. D’ailleurs, la convalescente s’était doucement amusée de voir le rouquin répondre à son bâillement. Tant d’innocence chez elle... On aurait dit une enfant âgée de même pas dix ans dans un corps de femme. Troublant, mais après un tel accident et une telle vie, tellement compréhensible... Le lycéen s’était promis de prendre soin d’elle jusque rétablissement complet et même au-delà si c’était nécessaire. C’était dans cette optique que malgré la fatigue qui s’était faite de plus en plus pesante, il avait accepté de répondre quand même aux dernières interrogations de la curieuse à la condition qu’aussitôt après, ils allaient aller dormir. Elle avait accepté en hochant doucement la tête après avoir bâillé et s’être essuyé les yeux, à la fois impatiente mais manquant de vigueur. Comme elle, il s’était apprêté à encore un peu repousser sa limite pour ces dernières paroles de la soirée. Il s’était alors concentré plus que d’ordinaire pour pouvoir répondre sans se foirer dans l’usage de l’anglais et pour bien expliquer les choses de manière claire et concise. Mais, pendant qu’il avait parlé, il avait bien vu que la violette avait aussi galéré à rester clairvoyante. Derrière ces carreaux de lunettes cassées, le jeunot avait pu distinguer un regard alourdit par un état de phase et qui avait lutté pour rester stable à l’aide de battements de cils. Elle avait été sur sa limite. Non, elle l’avait même sûrement dépassé. Aussi, il s'était douté qu'elle n'avait pas dû imprimer tout ce qu’il avait dit dans ces conditions. Il avait aussi conscience que ses dires avaient sûrement dû faire naître un bon paquet d’interrogations, notamment en voyant ce visage fatigué empreint d’incompréhension tout du long. Ces questions avaient dû en même temps se paumer en allant dans les méandres d’un esprit sombrant dans l’inconscience doucement car elle n’avait pas plus réagi que ça. Ni elle ni lui ne pouvaient continuer à maintenir une conversation plus longtemps. Elle n’avait pas même relevé le moment où il avait parlé de ces pouvoirs d’origine Hollow pour ensuite la rassurer. Ceci était soit signe qu’elle faisait confiance sur parole en son sauveur, soit qu’elle n’avait rien percuté, trop endormie.

Ainsi, comme si la voix grave du jeune homme avait fait office de berceuse, la fin des explications donna pour résultat une interlocutrice tranquillement endormie. Voyant ce début de sommeil calme rythmé par une respiration ralentie, il soupira, devinant bien qu’il allait définitivement devoir se répéter une prochaine fois comme il l’avait pressenti juste avant. Mais, il n’en tenait pas rigueur à la pauvre qui avait déjà vécu bien des misères et que même si elle avait perdu la mémoire, son corps devait se souvenir de tout et réclamait beaucoup de repos. Cependant, elle avait rejoint les bras de Morphée dans une position pas du tout adaptée pour un sommeil réparateur. Elle venait certes de se recroqueviller sur elle-même dans la couverture comme postée dans un cocon, mais elle était aussi mi-assise, les lunettes encore sur le nez. Ichigo se leva alors de sa chaise et entreprit de mieux installer la jeune femme dans le lit doucement pour ne pas la réveiller tout en évitant tout contact avec cette peau claire et fragile. Une fois fait, il retira délicatement du nez d’Aya cette paire de lunettes rouges sûrement devenus plus une gêne qu’une aide vu l’état des carreaux. Il plissa un peu les yeux et songea à parler avec son père dès le lendemain matin pour les faire réparer car il était plus qu’évident qu’elle ne pouvait pas le faire faire seule. En même temps, il allait peut-être en savoir plus sur cet accident. En attendant, il prit aussi le petit carnet rouge qui allait tomber du lit pour le déposer avec les dites lunettes sur la table de chevet à côté.

Par contre, quand il remit ensuite convenablement la couverture sur la Fullbringer en herbe, il entendit un murmure soupiré provenant de celle-ci qui le saisit un bref instant. Le corps figé et le regard un peu agrandi et posté sur l’Américaine, il fut dès lors fixé quant à la considération qu’elle lui portait. « Papa »... Elle venait de dire ce mot, puis le prénom du rouquin. Même pas majeur du point de vue de la législation française et encore moins pour celui de la législation japonaise, le voilà affublé de ce terme par une femme tout juste débarquée dans sa vie et qui en plus avait des chances d’être plus âgée que lui. Être considéré comme ça pouvait être foncièrement gênant, surtout en public, mais il allait avoir bien l’occasion une prochaine fois de faire comprendre qu’elle devrait plutôt le voir à la rigueur comme un grand-frère... Mais bon, ça restait vraiment touchant. Aussi, il voila son regard noisette en se reprenant doucement et se redressant face à elle, affichant finalement un léger sourire en l’observant de nouveau. S’il était la petite lueur d’espoir de cette personne traumatisée et perdue, alors il allait se montrer à la hauteur et ne briserait en rien cette confiance placée en lui... Parce qu’il devait être le premier individu depuis longtemps à y avoir droit et il était hors de question de rompre ce début de renouveau. À présent, quiconque viendrait s’en prendre à elle aurait affaire à lui et l’on savait très bien qu’Ichigo était mauvais comme la gale quand on menaçait ses proches ou les gens qu’il avait décidé de protéger.

Cette promesse intérieure faite, basée sur une autre plus ancienne, il leva les yeux vers la fenêtre pour distinguer un ciel toujours aussi noir mais saupoudré de petits éclats blancs autour de l’astre lunaire en croissant. Les nuages s’étaient écartés et le lendemain allait promettre un temps radieux. Il vint cependant à fermer les rideaux pour que les rayons solaires ne viennent pas interrompre précocement le sommeil de sa protégée au petit matin. Portant un dernier regard protecteur vers le lit occupé, il décida enfin de quitter la chambre pour laisser le silence prendre pleinement place et bercer le sommeil d’Aya sans permettre une quelconque interruption de ce dernier. Fort heureusement, il semblait que cette nuit était épargnée de toute venue impromptue d’être indésirable masqué. Ainsi, même notre Shinigami Daikô avait le droit de rejoindre sereinement son lit pour bénéficier d’un repos bien mérité.


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