A little light in an ocean of pain [[ Pv Ichigo]]
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Mar 3 Fév - 18:37




Tout de noir et de rouge, tel était le monde tout autour. La chaleur d’un épais liquide qui n’aurait pas dû être là vint se frayer un chemin vers l’épiderme rosé d’une jeune femme qui n’avait rien à faire là. Mais où était-ce, là ? Sur une route inconnue, dans un pays inconnu. Dans les décombres fumants d’une vie passée qu’il fallait oublier, dans la carcasse métallique encore chaude et vibrante d’une voiture endommagée, un simple son fut émis. Ce n’était pas un son plaisant, loin s’en faut, du genre que l’on donnerait tout pour ne jamais entendre. C’était un pleur, un gémissement de douleur, de peur et d’hystérie. Des émotions violentes, instinctives et profondes, c’était probablement cela qui rendait ce cri si repoussant.

Encore attachée au siège de ce qui était autrefois une voiture, une jeune femme  aux longs cheveux de soie était prise d’une peur panique, incapable à contrôler, perdue, désemparée, bloquée dans une voiture renversée d’où ne s’échappait que l’odeur du métal chaud, du sang et de la mort. Son bras gauche pendait misérablement au bout de son épaule tordue, appuyé contre la vitre du pare-brise qui se tentait d’un rouge profond à mesure que le sang gouttait dessus. De son front, une estafilade s’étendait jusqu’au milieu de son crâne, certes superficielle, mais ô combien douloureuse. Sa poitrine lui était douloureuse là où la ceinture de sécurité avait fait son office. Probablement même avait-elle quelques côtés fêlés.

Dans sa folie, la jeune femme ne pensa pas un seul instant à se détacher, pas plus qu’elle ne pensa à se préoccuper de son compagnon de route, inconscient à côté d’elle. Cela n’aurait eu aucune importance dans tous les cas, il était déjà mort. Son corps pendait sans vie, simplement retenu par la ceinture, les bras au-dessus (ou au-dessous ?) de sa tête comme s’il s’était endormi. Mais la manière qu’avant son crâne de pendre n’était pas naturel, comme s’il n’était retenu que par la peau tendu de son cou. C’était d’ailleurs de lui que venait le plus gros du sang, son crâne était ouvert sur une large portion et il fut heureux que la jeune femme n’en ait rien vu, sans quoi elle aurait sûrement paniqué d’autant plus.

Toutefois, à force de ruades et de déhanchement, le mécanisme déjà malmené du prétensionneur finit par céder laissant tomber la jeune femme de tout son point sur le pare-brise. Le craquement de la vitre et des os brisé, aussi horrible soit-il, fut couvert par le hurlement de douleurs, les pleurs et les larmes. Ainsi recroquevillé sur elle-même, elle se mit à pleurer toutes les larmes que son corps n’avait pas déjà versées, hurlant à sa douleur, sa peine et sa peur. Serrant contre sa poitrine douloureuse un petit livre rouge, comme si sa propre vie en dépendait, le temps semblait s’étirer à l’infini alors qu’elle gisait là, ses vêtements se gorgeant d’un liquide carmin presque noir qui commençait déjà à se figer. Sanglotant, le petit corps se mit à frissonner, le choc était passé, la douleur bien présente semblait décider à ne pas disparaître, aussi le froid fît il son apparition, insidieux, pernicieux pour venir embrasser la jeune femme.

Comme mue par son instinct, ce qui devait probablement être le cas, la brunette redressa ses lunettes cassées sur son nez rouge de pleurs, alors elle se mit à ramper pour s’extirper de la carcasse refroidissante. Ce ne fut pas bien dur, même pour quelqu’un comme elle, malgré la douleur de son bras qui semblait vouloir la retenir en arrière, malgré le sang qui coulait de sa plaie en un flot qui semblait ininterrompu, lui tombant dans les yeux, lui brouillant la vue plus qu’elle ne l’était déjà par les larmes versées. Finalement, une fois à l’extérieur, l’odeur âcre de la mort et de la souffrance sembla plus présente encore. Le froid et le vertige l’a prirent avec d’autant plus de violences alors qu’elle se mettait debout avec forces difficultés, trébuchant contre des obstacles inexistants, semblable à des murs qui se dresseraient face à la moindre once de volonté qu’elle pouvait émettre.

Seule, comme abandonnée par la vie elle-même, la jeune femme se dressait à, en contre-bas d’une route qui lui était inconnue. Derrière elle, ce qui semblait son passé, mort, détruit et que l’on oublierait en un battement de cœur. Devant elle, ce qui semblait son avenir, vide et froid, où la mort et la douleur semblait au rendez-vous. Avançant d’un pas titubant comme si cela lui en coûtait, et c’en était le cas à ne pas douter, elle posa enfin un pied faible et tremblant sur le bitume d’un route, au croisement de deux chemins. Eperdue, désemparée, elle ne savait ni que faire, ni que penser. Alors elle se tint là, droite sans en avoir conscience, les yeux dans le vague à observer le vide qui s’offrait à elle tandis que quelques présences se faisaient plus fortes. Sans un bruit, un homme d’un certain âge vint se placer près d’elle. Livide et immatériel, il la fixait avec le regard de celui qui se sait coupable et vient chercher la pénitence et la miséricorde.


« Je suis désolé, tellement désolé… »

Mais déjà, elle l’avait oublié. Face à elle, ce qui semblait être une famille. Un homme, une femme et un enfant, une petite fille. Tout trois semblaient tout aussi perdus et livide, à peine conscient du cliquetis funèbre de la chaine qui pendait à leurs cous. Puis leur attention se fixa sur la jeune femme et le vieil homme. Alors la colère prit position en lieu et place du silence oppressant d’après une catastrophe. Mais là encore, la jeune femme resta impassible, comme si les voix et la colère n’était qu’un cours d’eau et qu’elle était une des pierres du lit, s’écoulant autour d’elle sans l’emporter. Toutefois, à pas lent, elle s’éloigna, passant devant la famille comme s’ils n’existaient pas, les laissant à leurs histoires de fantômes avec celui qu’ils disaient responsable.

Comme hypnotisée, la jeune femme continua sa marche, claudiquant avec une peine et une souffrance visible sur son visage comme un masque permanent. Ses vêtements poisseux lui collaient au corps, tout comme l’odeur de la fumée et de la mort, s’ajoutant à son malaise et à ses nausées. Mais quelque chose l’attirait par-là, sans savoir ni où ni qu’était-ce ce là. Alors elle avançait, serrant son petit livre de son bras valide contre sa poitrine, malgré son envie de s’arrêter, de s’allonger et d’attendre, ignorant la rivière dont le bruit semblait l'appeler à étancher sa soif, car une force dont elle ignorait tout lui semblait comme la lumière d’une flamme à un papillon de nuit.




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Jeu 5 Fév - 13:14




An unexpected meeting


On dit que les choses n’arrivent jamais au hasard. De ça, certains, comme les scientifiques ou les gens réalistes, concluent que chaque acte a une conséquence, que les événements se produisent parce qu’une ou plusieurs choses les ont tout simplement provoqués. D’autres, comme les croyants ou les rêveurs, préfèrent dire de manière utopique que les événements sont amenés à se produire car c’était écrit, que ça devait arriver. On parle alors de destin ou de fatalité. Le débat est ouvert à ce sujet et chacun pense ce qu’il veut, mais Ichigo allait bientôt faire face au destin ou à la grave conséquence engendrée par un acte irréfléchi.

Notre rouquin était en cours d’anglais, suivant cette discipline de manière des plus passives. Le coude posté sur la table et la main servant d’appuie-tête, il regardait le prof qui traçait à la craie divers mots de vocabulaire au tableau. La façon qu’avait le prof de faire son cours était chiante à la longue tellement on avait l’impression qu’il s’adressait à des débutants. Le grand dadais manquait de s’endormir, mais il luttait pour garder les paupières ouvertes. Qui aurait cru que c’était bientôt aussi difficile que de continuer à rester debout arme en main en étant couvert de blessures ? C’était un peu la comparaison que se faisait le jeunot alors qu’il subissait un genre de gaz soporifique qu’on appelle « ennuie ». Apprendre des trucs qu’il savait déjà soit disant pour sécuriser les bases pour passer à la suite, faire des révisions... En clair, il se faisait chier et avait hâte de quitter au moins cette salle et encore mieux, rentrer chez lui.

Quand il ne regardait pas vaguement le prof parler pour ne rien dire, il laissait son regard chocolat se glisser vers les fenêtres, observant ainsi le panorama qu’offrait le troisième étage de l’établissement. Le soleil déclinait et quelques nuages ponctuaient le ciel... Mais, hormis tout ça, tout semblait calme. Tiens, le soleil déclinait avait-on dit ? Le réflexe de l’adolescent fut de scruter sa montre. C’était bientôt l’heure de la délivrance. La sonnerie retentit à cet instant, interrompant un court instant l’enseignant qui se résolut à conclure sa leçon. Qu’il la ferme plutôt, il était lourd. En rangeant ses affaires, le lycéen songeait à la bonne idée de remettre sa montre à l’heure, le temps allait lui paraître moins long. Ainsi, il sortit de la salle et salua au passage ses amis qu’il put croiser dans les couloirs. La discussion se fit plutôt brève et basique, aboutissant sur une séparation et la désertion des lieux.

La journée arrivait donc sur sa fin, le soleil qui continuait à chuter à l’horizon réussissant à se frayer un passage entre les nuages gris qui s’amassaient de plus en plus pour bientôt faire une masse compacte uniforme dans le ciel. Le temps allait peut-être devenir pluvieux. Faisant ce constat, Ichigo décida de hâter ses pas pour retourner chez lui. Heureusement qu'il avait terminé d'entraîner l'autre Fullbringer foudroyante, ça n'aurait pas été terrible de faire ça sous la flotte ou de reporter la séance.

Il décida d’emprunter tous les raccourcis pour pouvoir atteindre la destination sans se payer une averse sur la tronche qui le mettrait de bien mauvais poil. La pluie en elle-même n’avait jamais tué personne, mais les fringues mouillées filaient vraiment une sensation désagréable sur la peau. Comme c’était le début de la soirée, la ville se faisait doucement de moins en moins active, les rues se vidant lentement pour laisser le calme s’installer peu à peu. Mais, ce qui ignorait totalement le cours du temps, c’était bien les événements imprévus. Le genre de chose qui arrive n’importe quand et surtout quand on s’y attend le moins. En effet, le calme qui prenait de plus en plus de l’ampleur se fit brutalement interrompre par le chant des sirènes des ambulances, des pompiers et de la police au loin. Il y avait eu un pète, comme on dit... Et ce n’était pas très loin de chez lui, apparemment.



Il va y avoir du monde à la clinique...


Il déclara ça sur simple conclusion, bien qu’il était seul et que personne ne l’avait donc entendu. Il allait y avoir du mouvement et des absences à la maison des Kurosaki ce soir. Le rouquin n’avait pas stoppé ses pas, voilant son regard à demi. Sa maison semblait plus proche de lui que le lieu de l’accident, donc autant se diriger vers chez lui et donner un coup de main si besoin était.

Il longeait maintenant la rivière Karasu, en vue de rejoindre le pont à traverser. Bizarrement, il ne voulait vraiment pas s’attarder sur ces lieux. Il fallait dire qu’il n’avait pas de bons souvenirs de cet endroit et que la probable pluie future empirait la chose. Oui, c’était par ici qu’il avait perdu sa mère un jour de pluie battante alors qu’il était à peine âgé de neuf ans. Un événement des plus traumatisants quand on sait que le gamin s’était éveillé avec le corps froid et ensanglanté de sa mère sur lui, se mettant à endosser seul la responsabilité de cette tragédie. Il ne voulait pas oublier ça, mais il laissa ses pensées vaquer à autre chose. Il n’eut aucun mal à y arriver en voyant ce qui arrivait vers lui avant qu’il ne puisse s’engager sur le pont.

En effet, il vit une jeune femme à la chevelure bleu de cobalt s’approcher de lui avec la démarche d’un zombie et les effets avec comme le sang ayant transformé les habits en éponge rouge, les blessures visibles, la posture branlante, un membre rompant l’harmonie du corps et le visage ensanglanté paraissant vide, souffrant et maladif à la fois derrière une paire de lunettes cassée. Elle semblait aussi serrer quelque chose contre elle... Une sorte de petit carnet rouge à peine discernable sur cette vision d'ensemble carmin. Devant ce spectacle ayant le potentiel de donner des frissons dans le dos, Ichigo se stoppa un temps soit peu en élargissant son regard d’ambre sous la stupéfaction, puis l’effroi. Cet arrêt s’avéra très bref car les jambes du jeune homme s’élancèrent en sprint pour combler l’écart le séparant de la personne mal en point. De visu, il discernait les différents points touchés, mais sûrement qu’il y avait plus que ce qu’il voyait.



Tenez le coup ! Je vais vous aider à regagner la clinique, elle est à deux pas d’ici !


Il eut ainsi le réflexe naturel de la soutenir un peu par l’épaule en à peu près bon état pour la guider et l'aider à se déplacer... Mais, si elle n’était vraiment plus apte à tenir debout, il était prêt à la porter. Enfin, d’où venait-elle avec un état pareil ? Les sirènes retenties plus tôt avaient un rapport avec elle ? Si c’était le cas, elle semblait avoir déjà pas mal marché pour s’être autant éloigné de l’accident comme ça. Elle avait l’air d’être encore sous le choc de surcroît. Non, Ichigo n’avait vraiment pas pensé que sa fin de journée allait se passer ainsi... Était-ce le fait du hasard ? Non, bien sûr, n'est-ce pas ?


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Jeu 5 Fév - 14:57




Implacable, de sa démarche claudicante qu’on l’a jugerait ridicule, pour ne pas dire pitoyable, la jeune femme continuait son chemin avec une force qu’elle ne s’expliquait pas elle-même. Le sang de sa plaie continuait de dégoutter à chaque pas, de ses vêtements gorgés, de son visage tiré par la douleur. Sans faiblir et malgré son souffle qui devenait plus lourd à mesure que l’effort se faisait plus grand, la jeune femme fini cependant par atteindre l’apogée de son périple, là où la présence se faisait plus forte que jamais. Vide, elle s’arrêta sur place sans plus chercher à savoir où elle était malgré la possibilité d’une voiture pouvant la faucher comme un épi de blé.

Sa vision trouble n’était certes pas due qu’aux verres brisés de ses lunettes. Bien que l’épais liquide carmin qui suintait ne fût pas entièrement le sien, elle avait passé un temps non-négligeable alors inconsciente dans la carcasse métallique, résultant en une perte conséquente pour quelqu’un de sa corpulence. Le monde tournait lentement autour d’elle alors que son regard se perdait dans l’horizon lointain du vide. A moins que ce ne soit elle qui tanguait alors sous la légère brise ? Sa propre perception de son corps était encore plus confuse que son esprit. Le miracle qui l’avait fait marcher et tenir jusqu’à ce point précis semblait se dissiper dans une lente agonie. Debout, là, au milieu de la route, le temps semblait à la fois suspendu et redoublé. Pour elle, il était impossible de savoir si plus d’une seconde, d’une minute ou d’une heure s’était écoulé quand survint le changement.

Mais alors, le destin sembla avoir encore à faire avec elle. Cherchait-il son malheur, s’amusait-il de la voir souffrir dans une indifférence moins qu’une humaine ? Ou bien l’homme sur lequel le regard violacé de la jeune avait glissé, avant de s’arrêter, était-il là pour la sauver ? Bien qu’elle ne put le discerner avec exactitude, notamment de par les fêlures dans le verre de ses montures, l’homme était grand, plus grand qu’elle à n’en pas douter. Des cheveux d’un roux flamboyant, une allure dégingandée, portant un uniforme dont elle ignorait la signification, un sac sur l’épaule, il semblait l’attendre là, fixant sur elle un regard noisette qui ne laissait place à une autre interprétation que le besoin urgent de venir en aide.

Alors qu’elle-même avançait avec difficultés, le jeune homme semblait, à ses yeux floutés, comme voler dans les airs, traversant la distance qui les séparait en moins de temps qu’il n’en aurait fallu pour le dire. Comme pour la rassurer, probablement, lui lança-t-il quelques mots dans une langue qui lui était plus qu’inconnu. A cet instant, la jeune femme se figea sur place. Etait-ce la détresse, volontaire ou non, qui émanait des injections du jeune homme, car bien que les mots restent incompréhensible les émotions n’en restent pas moins les même, ou bien tout simplement de voir un  homme ainsi se précipiter sur elle ? Toujours est-il que, subitement, elle cessa d’avancer, fixant d’un regard vide celui qui se considérait comme son sauveur. A cette simple idée, tout son corps se relâcha, prêt à s’effondrer.

Puis soudain, elle sentit un contact. Il n’était certes pas direct, comme elle aurait pu le craindre, mais cette simple possibilité la fit se crisper d’autant plus, cherchant à se libérer de cette étreinte pernicieuse, repoussant cette agression soudaine en agitant son bras valide, giflant involontairement son sauveur. Une étincelle rougeâtre éclata fugacement au contact des deux peaux, s’accompagnant d’un éclair de douleur traversant le corps de la jeune femme. Ses mouvements saccadés, son bras démis et son corps transi de douleur la firent trébucher sur un obstacle invisible, tombant de tout son poids au sol, hurlant d’un cri désarticulé, les yeux empli de larmes, se recroquevillant sur elle-même.


« I want my mommy! » Furent les seuls mots qui, alors, pouvaient être distingués parmi les pleurs et les sanglots.  « Mommy, daddy… » Suivit d’une cascade de larmes.




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Sam 7 Fév - 14:26




A delicate situation


Le ciel s’assombrissait lentement mais sûrement. La nuit tombait et les nuages formant une masse compacte grise dans le ciel précipitaient la venue de l’obscurité. Cependant, la luminosité avait été encore assez suffisante pour distinguer l’ampleur des dégâts sur la personne inconnue. Voir une personne dans un état pareil ne pouvait pas laisser l’adolescent indifférent. Il avait les moyens de l’aider, oui... Et en plus, ça n’allait pas changer son itinéraire pour autant. Habiter dans une maison jumelée avec une clinique tenue par le paternel, ça avait ses côtés pratiques.

Seulement, il fut rendu perplexe en plus d’être déjà choqué quand il sentit la tension soudaine dans le corps de la jeune femme qui avait pourtant semblé être à deux doigts de s’effondrer. Avait-elle peur de lui ? Il avait pourtant plus que bien explicité la volonté de l’aider en la soutenant à l’épaule et en lui disant vers où il allait l’aider à aller. Il ne comprit donc pas très bien la raison d’une telle réaction sur le coup, alors que les habits poisseux de la jeune femme laissaient ruisseler le liquide vital sur ses doigts qui pressaient un peu pour être un soutien suffisant. Tout ce sang... Ça ne pouvait pas être à elle. L’accident avait dû être des plus violents et peut-être qu’elle avait été la plus chanceuse... La plus chanceuse en étant aussi touchée ? Il valait mieux ne pas songer au cas de la ou des autres personnes concernées...

De toute façon, il n’eut pas trop le temps de s’imaginer la chose. Aussitôt après le contact charnel tendu entre eux, la blessée se fit réactive et tenta de le repousser violemment. L’incompréhension se fit tellement grande au point de dire qu’elle devait être totale qu’il fut pris au dépourvu. Mais, il n’allait pas non plus la lâcher pour autant, elle allait sûrement tomber et s’amocher encore plus sinon. Il allait tenter de la raisonner lorsque finalement, le seul bras valide vint à se balancer vivement pour le faire lâcher en lui flanquant une beigne en pleine tronche. Il ne l’avait pas vu arriver du tout, alors que tandis que la douleur prenait possessions de sa joue, il put distinguer des perles sanguines jaillir, tout juste nées du choc ayant fait gicler le liquide sanguin présent sur cette main frêle. Mais, plus surprenant encore, il vit également une brève lueur rouge clair à ce moment, sans comprendre d’où ça venait. Il était complètement paumé sur l’instant, tant au niveau de cet acte exagéré qu’au niveau de cette fameuse étincelle rouge lors du contact direct qui avait douloureusement duré le temps d’un battement de cils. Ça s’était enchaîné si vite en le laissant largué et en le surprenant comme pas possible alors que la jeune femme se débattait qu’il avait finalement lâché cette dernière malgré lui. Elle bascula dès lors inévitablement par perte d’équilibre à cause de ses gestes démesurés, de ses blessures et de sa faiblesse.

Il ne chercha pas à se frotter la joue chauffée et maintenant tâchée de rouge pour se soulager un peu. Son regard écarquillé était plutôt braqué sur ce corps meurtri maintenant au sol et hurlant jusqu’à n’en plus pouvoir en se recroquevillant sur lui-même sans avoir lâché le précieux carnet rouge malgré la frappe. Elle avait le visage marqué par la douleur et maquillé par le sang, laissant également voir des yeux noyés par les larmes. Sans tarder, Ichigo posa un genou à côté d’elle pour tenter de faire quelque chose, mais il ignorait quoi. Il ne comprenait foutrement rien. Qu’est-ce qui était arrivé à cette pauvre femme ? Pourquoi avait-elle réagi de la sorte malgré son état ? Qu’est-ce que c’était que cet éclat lumineux rougeâtre ? Ces questions lui blindaient l’esprit alors qu’il assistait à une scène qu’il ne maîtrisait pas et qui lui pinçait atrocement le cœur. Garder l’idée de la raisonner ? Elle ne semblait pas vouloir se laisser toucher, ni entendre quoique ce soit. Que pouvait-il faire ? Appeler de l’aide ? Donc, il devait chercher son téléphone portable dans sa poche pour ça. Il ne pouvait pas la laisser seule ici avec des maux pareils, c’était évident. D’autant plus que la nuit tombait et que les lumières des rues étaient un peu éloignées de la rivière.

Mais, il n’en fit rien. Il se figea en entendant les jérémiades de l’inconnue qui furent suivies par une chute de larmes. Cette langue... Venait-elle de parler anglais ? Quelqu’un dans un état de choc pareil ne pouvait pas avoir le réflexe d’employer une langue étrangère... Eh puis, son accent anglophone était bien prononcé comme pour une vraie anglaise ou même une américaine si on se penchait un peu plus dans l’étude. Alors, était-elle vraiment une étrangère ? Si c’était le cas, qu’elle eut réagi de la sorte était un peu plus compréhensible si on prenait en compte le fait qu’elle n’avait peut-être pas compris un seul mot de ce qu’il avait dit en japonais. Si ça se trouvait, dans sa détresse, elle l’avait même pris pour un agresseur qui voulait l’enlever. Elle semblait encore plus perdue que lui parce qu’il avait malgré tout compris ce qu’elle avait laissé entendre, l’accent anglophone avait été après tout parfait. Elle voulait sa mère, mais aussi son père. Elle avait quel âge pour faire un tel appel à l’aide ? Elle avait l’air... Adulte, non ? Bref, il fallait agir en conséquence. Tiens, travaux pratique après le cours de révision d’anglais, ce n’était pas une aubaine, ça ? Trêve de conneries... Il devait se lancer pour au moins établir la communication avec elle, il fallait avant tout tenter de la calmer.



Do not be afraid... I want to help you... You have many injuries and... There is a clinic nearby. So... Let me help you to go over there. Ok?


Il avait pas mal cherché ses mots et son accent anglais laissait à désirer... Accent japonais oblige. Mais, il avait fait de son mieux et espérait s’être fait comprendre un minimum. Il évitait de la toucher tout de suite et patientait un peu avant de l’aider à se relever car il attendait une réponse au cas où. Mais, il gardait en tête qu’il fallait à tout prix qu’elle soit prise en charge rapidement. Elle était pâle et devait donc être sujette à l’anémie, sans compter que les blessures pouvaient s’infecter et que la douleur d’avoir une épaule désarticulée devait être horrible... Sans compter le fait qu’elle semblait vraiment traumatisée et qu’elle pouvait très bien avoir subi d’autres dégâts qu’il n’avait pas discernés. Eh puis, merde, quelle était cette étincelle rubis qu’il avait vu du coin de son œil lors de la torgnole ? Il cherchait des yeux en réfléchissant. C’était peut-être un gyrophare plus loin ou..? Un genre d’effet qu’on a lors d’un choc à la tête ? Oh ça va, il n’avait pas non plus eu un gros coup et normalement, on voit une brève lumière blanche aveuglante dans ces moments-là. Bon, dans l’immédiat, l’important était de s’assurer qu’elle puisse bénéficier de soins et d’assistance. Pourvu qu’elle puisse se montrer coopérative parce que ce n’était pas le moment de refuser de l’aide.


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Lun 9 Fév - 16:38




Alors que l’heure se faisait plus tardive et que le ciel se noircissait des lueurs de la nuit, tout ce qu’il était possible de voir là était une jeune femme en pleur, replié sur elle-même en position fœtale, sanglotant comme l’enfant qu’elle croyait être. Tremblotante, ce n’était certes pas que de peur. La douleur d’un contact involontaire, le choc d’un accident aussi violent que meurtrier dont elle n’avait survécu qu’avec grand renfort de chance, le froid qui commençait à s’infiltrer, pernicieux, contre sa peau humide d’un sang qui séchait déjà, collant ses vêtements imbibés contre elle, les rigidifiant peu à peu. Incapable d’arrêter les larmes qui coulaient le long de ses joues, pas plus qu’elle ne pouvait arrêter les tremblements qui secouaient son corps, elle restait prostrée là sur le sol glacial et rugueux, murmurant des appels à l’aide.

Comme si elle cherchait à se protéger, ce qui était d’ailleurs le cas, son corps finit par simplement lâcher prise. A lui la souffrance du monde réel, les tortures de la chair et les limites imposées. Comme si une corde avait soudainement claquée, la jeune femme laissa retomber sa tête contre le sol en béton, son corps continuant de frémir à la moindre brise, déversant toutes les larmes dont il était capable, tandis qu’elle se retranchait chez elle, le seul endroit qui lui était privé, intime, où personne ne pouvait jamais se rendre. Là-bas, il n’y avait ni douleur, ni peine, ni joie, ni amour. Un désert sec, sans être aride, il était simplement vide, pas de pierre ni de sable, pas de routes ni de chemin, aucun lit de rivière asséché. Simplement le vide. Ce n’était pas noir, comme on s’y attend le plus souvent, ce n’est pas froid non plus. C’était la notion même de neutralité. Il n’y avait tout simplement rien à voir, rien à ressentir.

La jeune femme se mit à marcher – ou bien flottait-elle ? – vers la seule chose plus précieuse encore que sa propre vie, que le plus précieux des joyaux qui puissent exister dans ce monde et tous les autres. Une sphère parfaite, sans la moindre égratignure, la moindre fêlure. D’un bleu nébuleux, tournoyant sur elle-même, la jeune femme n’aurait pu dire s’il s’agissait d’un solide ou d’un liquide. C’était juste là. Immense, comme brillant de l’intérieur sans pour autant qu’aucune lumière ne soit émise. Comme à son habitude en revenant dans son monde, la jeune femme s’approcha autant que possible de cette sphère, s’arrêtant au bord de ce qui semblait être un lac infini. Mais à chaque fois qu’elle regardait la sphère, elle semblait toujours hors d’atteinte et jamais elle ne pouvait aller plus loin que le rivage.

Puis un éclair vint déchirer le ciel, pourtant sans nuage. Faisant sursauter la jeune femme, un second flash de lumière suivit le premier. Mais ce n’était en rien menaçant, bien au contraire, cela semblait presque familier. Irrémédiablement attirée, autant par curiosité que par la chaleur qui se dégageait de cet appel, la jeune femme délaissa son monde qui, bien qu’imparfait, était au moins protecteur pour regagner le froid glacial de sa chair, la souffrance de son corps qui se vidait petit à petit de son propre fluide vital. Une voix masculine, bien qu’hésitante, se voulait rassurante. C’était une voix qu’elle ne connaissait pas, mais qu’elle comprenait. Ouvrant œil où se lisait l’effort que ce simple mouvement demandait, les yeux violets de la jeune femme se posèrent sur le garçon aux cheveux de feu qui était penché sur elle.


“Where is my daddy ?” Essayant de se retourner pour mieux voir son interlocuteur, la jeune femme laissa échapper un cri de douleur suivit d’un sanglot. « It hurts… Why does it hurt ?»Encore une fois, les larmes se mirent à couler sans qu’elle ne puisse les arrêter, écoutant d’une oreille le garçon qui lui proposait son aide pour l’emmener à une clinique.

Silencieusement, la jeune femme hocha la tête, se raidissant toutefois à l’idée de se faire toucher encore une fois, mais n’ayant pas la force de se relever pour autant, usant tout ce qui lui restait pour serrer son petit livre, malgré le sang qui s’étalait sur la couverture, dégorgeant de ses vêtements souillés.








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